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Albert Speer recalls the Röhm Purge in his memoirs



I was in Berlin during the Röhm Putsch*. Tension hung over the city. Soldiers in battle array were encamped in the Tiergarten. Trucks full of police holding rifles cruised the streets. There was clearly an air of "something cooking" similar to that of July 20, 1944, which I would likewise experience in Berlin.

The next day Goering was presented as the savior of the situation in Berlin. Late on the morning of July 1, Hitler returned after making a series of arrests in Munich, and I received a telephone call from his adjutant: "Have you any new designs? If so, bring them here!" That suggested that Hitler's entourage was trying to distract him by turning his mind to his architectural interests.

Hitler was extremely excited and, as I believe to this day, inwardly convinced that he had come through a great danger. Again and again he described how he had forced his way into the Hotel Hanselmayer in Wienssee -- not forgetting, in the telling, to make a show of his courage: "We were unarmed, imagine, and didn't know whether or not those swine might have armed guards to use against us." The homosexual atmosphere had disgusted him: "In one room we found two naked boys!" Evidently he believed that his personal action had averted a disaster at the last minute: "I alone was able to solve this problem. No one esle!"

His entourage tried to deepen his distaste for the executed SA leaders by assiduously reporting as many details as possible about the intimate life of Röhm and his following. Brückner showed Hitler the menus of the banquets held by Röhm and his clique, which had purportedly been found in the Berlin SA headquarters. The menus listed a fantastic variety of courses, including foreign delicacies such as frogs' legs, birds' tongues, shark fins, seagulls' eggs, along with vintage French wines and the best champagnes. Hitler commented sarcastically: "So, here, we have those revolutionnaries! And our revolution was too tame for them."

After paying a call on the President, he returned over-joyed. Hindenburg had approved his operation, he said, saying something like: "When circumstances require it, one must not shrink from the most extreme action. One must be able to spill blood also."

*The Blood Purge of June 30, 1934. The official version was that Ernst Röhm, leader of the SA, was planning a putsch; hence the name -- Translator's note.

Source: Inside the Third Reich, Albert Speer, London: The Orion Books, 1970, p. 90

Photo: Hitler and Speer at Obersalzberg looking at a plan for the new Opera of Linz.

Les triangles roses

Il n'a jamais été possible de savoir le nombre exact d'homosexuels disparus dans les camps de concentration hitlériens. Nous ne connaissons de manière sûre que les statistiques des procès légaux en Allemagne, mais échappent à tout recensement les exécutions sommaires (à partir du début de la guerre), les rafles directes dans tous les pays européens, et les envois sans jugement, y compris en Allemagne, d'homosexuels directement acheminés sur les camps. De plus, les archives de ces camps ont souvent été détruites lors de l'avancée des troupes Alliées. Mais le principal obstacle est bien sûr le refus, à la Libération, de toutes les autorités Alliées de prendre en considération le problème des "triangles roses". Et la peur qui a poussé les victimes, comment leur donner tort, à cacher le plus souvent la vraie raison de leur déportation, s'il s'agissait d'homosexuels. Après tout, jusque dans les années soixante, un tel aveu, en Allemagne comme en Angleterre, ne leur aurait valu en principe qu'une nouvelle condamnation pénale.

Eugen Kogon, dans son livre L'Etat SS (1), rappelle les marques distinctives des groupes minoritaires en camp : "Triangle rouge pour les dissidents politiques, vert pour les criminels de droit commun, mauve pour les sectes religieuses, marron pour les Tziganes et rose pour les homosexuels". Le triangle était répété deux fois, sur le côté gauche de la veste et sur le côté droit du pantalon, pour mieux désigner les homosexuels aux persécutions des autres détenus.

La seule répression légalisée, c'est-à-dire les condamnations par les tribunaux allemands en vertu du paragraphe 175 " amélioré ", concerne environ 50 000 personnes. En examinant les statistiques, on constate que la moyenne des condamnations, un millier par an jusqu'en 1934, passe alors à cinq mille, puis dix mille par an de 1936 à 1940. Les homosexuels ainsi condamnés, après avoir purgé leur peine "civile" de prison, prenaient ensuite automatiquement le chemin des camps à leur "libération". En cas de condamnation pour récidive, la justice avait d'abord pris soin de les faire castrer.

A partir de 1940-1941, il y a une forte baisse des condamnations légales. Il ne s'agit évidemment pas d'une soudaine clémence, mais d'un changement dans les méthodes, désormais plus expéditives. Dès avant la guerre, un nombre inconnu d'homosexuels allemands avaient été envoyés directement en camp par le canal de la Gestapo, réorganisée en 1936 par Himmler, l'un des plus acharnés persécuteurs d'homosexuels du régime nazi. Himmler, favorable à l'exécution de tous les "dégénérés ", appliqua une sentence de mort immédiate à tous les employés de son propre ministère suspects d'homosexualité. Dans l'armée aussi, l'épuration se fit sans procès ni formes.

Entre 1936 et 1939, plusieurs dizaines de milliers d'homosexuels ont donc été envoyés directement en camps. Le théoricien nazi sur la question fut le Dr Rudolf Klare, qui a écrit L'Homosexualité et le Châtiment, et affirmé : "Seule une sévérité impitoyable peut amener à la pureté." Il faut rappeler que l'extermination des minorités par les nazis a commencé, bien avant la guerre, par les fous, les incapables sociaux, tous ceux que concernait, avant même une décision politique, l'eugénisme de la médecine nazie. Tel est aussi le cas des homosexuels.

Lors de la réorganisation de la Gestapo, Himmler, qui avait pris une part personnelle à l'exécution de Röhm et des deux cents victimes de la Nuit des longs couteaux, confia à la IIe division le soin particulier de la chasse aux homosexuels. C'est à ses ordres personnels qu'on doit le classement des détenus homosexuels en camps de niveau trois, camps de la mort réservés à eux, aux Juifs et aux Tziganes.

En 1937, le journal de la SS estime le nombre d'homosexuels allemands à deux millions d'individus, et exige leur liquidation. La répression extralégale prit alors une grande ampleur - tous les homosexuels connus de la police antérieurement à la création du IIIe Reich furent déportés. Rien qu'à Berlin, le fichier en question contenait 20 000 noms datant d'avant la prise de pouvoir par Hitler. A partir de 1940 s'y adjoignirent les homosexuels des fichiers des pays occupés.

Le travail forcé, les expériences médicales, notamment les essais de brûlures sur des sujets vivants pour tester les bombes au phosphore, décimaient les rangs des "triangles roses". D'après la discipline des camps de niveau trois, ils n'avaient pas le droit de tomber malades : leur admission à l'hôpital des camps était interdite. Tomber malade, c'était donc signer son arrêt de mort.

La haine des gardiens nazis pour les déportés homosexuels est connue. Ils s'acharnaient avec une violence particulière sur les ex-prostitués. Mais d'une façon générale, ils jugeaient que les "triangles roses" présentaient un danger de contamination très grave. Cette haine fut parfois portée jusqu'à l'absurde - dans un camp, de jeunes détenus condamnés pour vol ayant été logés, faute de place, dans les baraquements des "triangles roses", les gardes SS, choqués dans leur moralité à l'idée d'un tel voisinage, firent à ces jeunes déportés des injections mortelles de morphine. Entre homosexuels et autres déportés il fallait maintenir une infranchissable barrière.

Rudolf Höss, commandant du camp de Sachsenhausen, puis de celui d'Auschwitz, écrit dans ses mémoires : "A Sachsenhausen, on voulait séparer les homosexuels des autres. Ils devaient travailler jour et nuit . Rares sont ceux qui en sont sortis. C'était un véritable moulin à os."

Jean Danet, citant Michel Foucault, écrit que le camp de concentration est imaginairement un mixte de l'hôpital et de la basse-cour. Il est censé participer au plan de régénération de la race, de la sélection pour repeupler l'Allemagne en sujets sains. Les expériences médicales pratiquées dans les camps rappellent cette dimension : à Ravensbrück, "stages de guérison" pour homosexuels, le plus souvent mortels. A Buchenwald, un médecin danois essayait, avec le soutien de Himmler, les injections massive d'hormones mâles.

Expériences sadiques ou extermination déguisée, la médicalisation de l'homosexualité trouve là sa dernière expression, d'une terrible ironie. Le lien de l'hygiène sociale soviétique à la médecine tueuse des camps nazis, c'est bien celui de la Science, même caricaturale, science des comportements, science marxiste, science nazie. Car de la théorie de l'homosexualité comme dégénérescence chère à Kraft-Ebing, le maître d'Hirschfeld, jusqu'à l'eugénisme hitlérien, en passant par le "péril social" soviétique, court un même fil teint de sang.

(1) L'Etat SS, le système des camps de concentration allemands, Eugen Kogon, 1946. Europäische Verlagsanstalt, F. am Main 1947, Edition de la Jeune Parque 2004, Collections Points (Histoire) - Seuil.

Source : Race d'Ep !, de Guy Hocquenghem, Editions Libres/Hallier, Paris, 1979.

Photo : Guy Hocquenghem

L'appartenance réelle ou supposée au troisième sexe


Nous avons été d'autant plus surpris de lire voici quelque temps, dans ce même journal [Il Borghese], un article d'Eugenio Dollman intitulé "Le triangle rose" où, après avoir rappelé quelques affaires d'homosexualité en Suisse et critiqué la condamnation à dix mois de prison prononcée contre un certain Rinaldi, italien, qui avait étouffé son "corrupteur", après avoir noté qu'il semble que l'on veuiller noyer "le troisième sexe" dans un mer de sang, il met en relief, à propos de l'affaire de Sir Jan-Douglas Harvey, la tendance à briser la carrière de ceux qui pratiquent des amours non-conformistes. "Alfred Krupp, fils du roi des canons, fut conduit à un suicide prématuré par une campagne sans précédent partie de Capri et menée, en style de chantage, par un journaliste napolitain. La social-démocratie allemande saisit au bond l'affaire et, après avoir monstrueusement déformé les faits, utilisa pour ses fins démagogiques l'envers du décor érotique du capitaliste Krupp à Capri".

Le Troisième Reich à son tour se servit impitoyablement de l'homosexualité, réelle ou supposée, dans sa lutte pour le pouvoir. On cite le cas du général-baron Von Fritsch, qui est l'un des chapitres les plus troubles et les plus honteux des temps du règne nazi. Ce général était le dernier obstacle que l'Armée opposait aux prétentions de Hitler de devenir l'unique commandant en chef. C'était un personnage gênant, et Himmler et Goering ne négligèrent rien pour le rendre suspect à Hitler et pour le faire éliminer.

Comme jadis pour Krupp, on se servit du fait que le général appartenait au "troisième sexe". On s'assura le concours d'un repris de justice, qui soutint avoir eu des rapports intimes avec Von Fritsch (voir également texte contradictoire sur von Fritsch de John Toland sur ce site). Malgré la parole d'honneur du général et un procédure menée aussitôt par Goering, qui conclut en le lavant de toute accusation, malgré une scène dramatique avec Hitler, la démission de Von Fritsch était inévitable. Sa "réhabilitation" ultérieure, grâce à laquelle il fut appelé à commander à la suite son ancien régiment d'artillerie, ne modifia pas beaucoup les choses. Le Troisième Reich s'était servi, avec succès, de la diffamation sur l'appartenance, réelle ou peut-être seulement inventée, au "troisième sexe".

Dès lors, la R.S.H.A. (la Gestapo commandée par Heydrich) employa sans retenue cette arme contre ses ennemis internes et externes. Ces malheureux avaient, dans les camps de concentration, un quartier particulier et portaient, cousu au bras, un triangle rose. Le meilleur expert en la matière, le professeur Kogon, écrit à ce propos dans son livre L'Etat SS : "Contre les homosexuels, les SS procédaient comme contre les juifs, probablement parce que l'homosexualité, au début, était très répandue dans les milieux militaires prussiens et, ensuite, dans les SA et les SS, de sorte qu'il fallait la proscrire et l'exterminer sans pitié." Himmler n'hésita pas à faire "liquider" ainsi son propre neveu Hans Himmler au camp de Dachau.

Et Hitler ? Les bruits selon lesquels le futur Führer dans ses années de famine à Vienne, aurait été en contacts trop étroits avec le problème du "troisième sexe", ne sont pas encore apaisés. Et l'on ne peut pas continuer à nier que Hitler était exactement informé de l'appartenance indéniable à cette "association" de son chef d'état-major des SA, le lieutenant-colonel Röhm, mais qu'il ne se servit de cet argument contre lui que lorsque Röhm, avec ses ambitions personnelles, devint trop dangereux.


Source : Nouvelles d'Italie, Maurizio Bellotti, Arcadie, no. 71 (novembre 1959), p. 644-646.

Photo : Carte postale représentant Ernst Röhm lors d'un rassemblement à Dortmund en 1933 (orig : USHM)

Los homosexuales y el nazismo

Los homosexuales en tiempos del nazismo

Al principio de Los hundidos y los salvados, Primo Levi cuenta la advertencia sádica que los comandantes de las SS transmitían a los habitantes del campo de exterminio de Auschwitz: "De cualquier manera que termine esta guerra, la guerra contra ustedes la hemos ganado; ninguno de ustedes sobrevivirá para dar testimonio de ella, pero incluso si alguno lograra escapar el mundo no le creería. Tal vez haya sospechas, discusiones, investigaciones de los historiadores, pero no podrá haber ninguna certidumbre, porque con ustedes serán destruidas las pruebas. Aunque alguna prueba llegase a permanecer, y aunque alguno de ustedes llegase a sobrevivir, la gente dirá que los hechos que cuentan son demasiado monstruosos para ser creídos: dirá que son exageraciones de la propaganda aliada, y nos creerá a nosotros que lo negaremos todo, y no a ustedes. Nosotros seremos los que escriban la historia de Auschwitz".

Cuando, el 27 de enero de 1945, hace sesenta años, los ejércitos soviéticos entraron en el campo de Auschwitz, ningún oficial del ejército rojo podía dar crédito a sus ojos. Las cámaras de gas, los hornos crematorios y los montones de cadáveres eran sólo el comienzo del archipiélago nazi de la muerte.

Hacia 1928, había en Alemania alrededor de un millón doscientos mil hombres homosexuales. Entre 1933 y 1945, cien mil de ellos fueron arrestados y unos 50 mil oficialmente inscriptos en los archivos como criminales. Una vez sentenciados, muchos acabaron en prisiones ortodoxas. Pero aproximadamente 10 mil fueron enviados a distintos campos de concentración. Cuántos murieron allí es algo no establecido. Las pesquisas han sido muy limitadas hasta hoy. Algunos investigadores, sin embargo, estiman que 6 mil.

La historia de los prisioneros homosexuales durante el régimen nazi fue silenciada durante casi cinco décadas, aun cuando la guerra hubiese ya terminado, porque la homosexualidad continuó siendo ilegal en la ex Alemania Occidental hasta fines de los años sesenta. Muchos de los sobrevivientes, en consecuencia, tenían miedo o estaban avergonzados de contar sus experiencias. Otros intentaron sumarse a las organizaciones de víctimas del holocausto pero se sintieron marginados. "El testimonio de los homosexuales era socialmente inaudible, imposible y peligroso", cree el francés Michel Celse, especialista en el tema, autor del ensayo colectivo Consciences de la Shoah.

Fue a partir de 1986, luego de que Richard Plant publicase su libro The Pink Triangle (El triángulo rosa), cuando empezó a reconsiderarse el caso. Pero los homosexuales no fueron oficialmente reconocidos como víctimas del nazismo hasta hace unos años. En noviembre de 2000, el gobierno alemán pidió disculpas por las deportaciones y torturas sufridas por los gays y las lesbianas en la era del nazismo. Y en abril de 2001, el estado francés (a través de Lionel Jospin) reconoció por vez primera las persecuciones que sufrieron los homosexuales durante la Segunda Guerra Mundial. "Un hecho histórico", lo llamó Jean le Bitoux, presidente del Mémorial de la Déportation Homosexuelle.

En 2001, The Pink Triangle Coalition (un grupo que reúne a ocho organizaciones de Europa, Israel y los Estados Unidos) recibió 500 mil dólares para difundir su causa. Realizaron un CD Rom, empezaron a preparar un sitio en Internet y están apoyando la difusión mundial del documental cinematográfico Paragraph 175, dirigido por Rob Epstein y Jeffrey Friedman. Meses antes, a fines del año 2000, la coalición había recibido una donación de 70 mil dólares que repartió entre los últimos sobrevivientes de aquella generación. En los últimos tiempos, sin embargo, el Partido Verde alemán ha liderado una campaña para que los homosexuales sean oficialmente reconocidos como víctimas del nazismo.

Párrafo 175

Cuando Rob Epstein y Jeffrey Friedman estrenaron su film Paragraph 175 no imaginaron que el documental iba a tener tantos efectos políticos. Ambos ya habían dirigido en dupla otras tres películas de militancia gay (entre ellas The Celluloid Closet, acerca de la homosexualidad en Hollywood, dentro y fuera de la pantalla, y Common Threads: Stories From the Quilt que les valió un Oscar en el rubro documental) y a Klaus Muller, el encargado de temas homosexuales del Holocaust Memorial Museum de los Estados Unidos, no le costó mucho convencerlos de que había que entrevistar, antes de que fuera muy tarde, a los últimos testigos directos del llamado holocausto gay.

El film abre con el propio Muller: "Crecí en Alemania y nunca oí hablar de la persecución a los homosexuales. Me costó un tiempo darme cuenta de que algunos de ellos podían estar vivos. Muchos de ustedes acaso piensen que es un poco tarde para darles la palabra. Yo creo que su historia es valiosa. Y que es bueno escucharla porque durante toda su vida les dijeron que no la contaran".

La película se titula Paragraph 175 debido a un viejo artículo del código penal alemán, sancionado en 1871 y válido hasta 1969: "Un acto sexual antinatural cometido entre personas de sexo masculino o entre seres humanos y animales debe ser castigado con la prisión; también puede significar la pérdida de los derechos civiles". La ley había caído en el olvido hasta que los nazis la rescataron. En los años veinte reinaba un clima de absoluta libertad en ciudades como Hamburgo, Munich o Bremen, y más aún en Berlín, donde había incluso clubes nocturnos de corte gay. En 1919, el doctor Magnus Hirschfeld (1868-1935) había fundado el Instituto para la Ciencia Sexual. Uno de sus propósitos centrales era la abolición del párrafo 175. Para Hirschfeld la homosexualidad no era sinónimo de enfermedad, mucho menos de delito.

El doctor Hirschfeld

El doctor Magnus HirschfeldEl 30 de enero de 1933, Adolf Hitler fue nombrado canciller. En un mes se cerraron todos los bares gays de Berlín, entre ellos el mítico "Eldorado". El 6 de mayo los nazis destrozaron el instituto del doctor Hirschfeld. Todos sus libros fueron tildados de "anti-alemanes" y quemados en una gran fogata. El doctor, judío y homosexual, se hallaba de viaje en el extranjero. Nunca regresó a Alemania.

En 1934, una división especial de la Gestapo (policía secreta del estado) fue fundada para combatir la homosexualidad. Uno de sus primeros actos consistió en establecer listas rosas con la ayuda de los servicios secretos de la policía. En septiembre de 1935 se promulgó una segunda versión, aún más rigurosa, del famoso Párrafo 175. Y un año después Heinrich Himmler creó un cuartel central para combatir la homosexualidad y el aborto: el II S, una sub-división del Departamento II de la Gestapo. Para los oficiales nazis, los homosexuales eran "anti-alemanes" y "socialmente aberrantes" porque privaban al país de hijos.

A pesar de esta cruzada anti-gay, Ernst Röhm, fundador de la SA y amigo íntimo de Hitler, era un reconocido homosexual. [...] Hitler defendió a Röhm diciendo que "la SS no es una institución moral" y que "la vida privada no importa mientras no traicione la base del nacional-socialismo". Fue todo una excepción y duró poco. El 28 de junio de 1934 ordenó la ejecución de Röhm y de otros supuestos traidores. El episodio se recuerda como "la noche de los cuchillos largos". A una semana del hecho, Hitler invocó la homosexualidad de Röhm y prometió "limpiar de homosexuales" el partido.

Las persecuciones alcanzaron su pico entre los años 1937 y 1939. Una campaña de propaganda iniciada en 1936 puso especial énfasis en la supuesta homosexualidad de los sacerdotes con el objetivo de desacreditar y recortar el poder de la Iglesia católica de Alemania, una institución que muchos oficiales nazis temían como el mayor enemigo potencial. En 1938, el lider Hermann Göring acusó de homosexual al comandante Von Fritsch, un oponente a la política militar de Hitler.

La gran mayoría de los homosexuales arrestados por infringir el Párrafo 175 eran alemanes o austriacos. En los campos de concentración, los prisioneros eran obligados a usar uniformes con diferentes marcas identificatorias, según la categoría a la que pertenecieran: judíos, gitanos, presos políticos, etc. Los homosexuales llevaron al principio varias marcas, desde un punto negro hasta un número 175 dibujado en la espalda del saco. Finalmente todos fueron identificados con un triángulo rosa.

Testimonios de sobrevivientes dicen que los hombres con triángulos rosas eran especialmente maltratados por los guardias. También fueron objeto de crueles experimentos médicos. Un doctor llamado Carl Vaernet realizó, en el campo de concentración de Buchenwald, numerosas operaciones cuyo propósito era el de volver heterosexuales a los pacientes. Su experimento incluía la inserción de una cápsula que segregaba hormones masculinas. El procedimiento refleja los deseos de Himmler y otros oficiales por encontrar soluciones médicas para la homosexualidad.

Como escribe Primo Levi: "Los monstruos existen pero son muy pocos como para constituir realmente un peligro; los que son realmente un peligro son los hombres comunes y corrientes".

Source : SentidoG.com (Nicaragua).

Magnus Hirschfeld : un aniversario desconocido

La conmemoración del final de la II Guerra Mundial ha vuelto a traer el recuerdo de los campos de exterminio nazi y de los dramáticos acontecimientos que allí ocurrieron. Una vez más hemos visto que el genocidio del pueblo judío ha sido recordado y condenado, así como algunas otras referencias a colectivos como los gitanos, polacos, rusos, etc. olvidándose, como suele ser tradicional, de los gais pese a que se trata de un grupo que fue reprimido desde la llegada de Hitler al poder y reducido a campos de internamiento desde 1940. Si este hecho es capaz de permanecer totalmente oculto, mas difícil es todavía conocer que este año coincide también con el 60 aniversario de la muerte de Magnus Hirschfeld, judío, homosexual, sexólogo, socialista y fundador del movimiento de liberación gai en Alemania a principios de siglo. Aprovechando que este año ha sido declarado también como el Año contra la intolerancia , puede ser una buena ocasión para dar a conocer algunos datos sobre su obra y actividades socio-políticas.

El doctor Magnus HirschfeldMagnus Hirschfeld nació en 1868 en Kolberg, actualmente polaca, en el seno de una familia de clase media. Al igual que su padre, estudió medicina en diversas universidades Breslau, Estrasburgo, Heidelberg, Berlín. Entabló amistad con personajes importantes de la política y la cultura del momento como Visen, Babel, Cesare Lombroso, etc. Pronto fue conocido por su militancia en defensa de los derechos de los gais al ser junto con Eduard Oberg, Max Spohr y Franz Josef Von Bülow el fundador del Comité Científico-Humanitario (WhK) en 1897, desde donde se llevarían a cabo numerosas actividades hasta su destrucción en 1933 por los nazis, tanto desde el punto de vista socio-político, planificando las sucesivas campañas por la abolición del Art. 175 del Código Penal que castigaba las prácticas homosexuales, como trabajos mas relacionados con el mundo de la investigación médica: encuestas, charlas, cursillos, atención médica a pacientes, etc.

Para poder comprender la importancia de estos hechos hay que recordar que, en este período, la homosexualidad había dejado de ser perseguida por criterios de tipo religioso pero había empezado a ser calificada como un “estigma funcional de degeneración y una tara neuropsicopatológica”, en palabras de Krafft- Ebing.

Escalones intermedios

Por su parte, Hirschfeld sostenía que la homosexualidad no podía considerarse como una enfermedad, sino que formaba parte de lo que denominaba unos “escalones intermedios entre el hombre completo y la mujer completa”, de tal modo que estaría motivada no por un proceso de perversión, como se sostenía en su época, sino por ciertas condiciones endocrinas que se podían explicar científicamente. Por ello, una de sus actividades más importantes fue precisamente el trabajo de investigación por la vía de las encuestas. Estaba convencido de que así podría llegar a comprender el carácter natural de la homosexualidad, con lo que, de este modo, se pondría fin al proceso de su criminalización. En esta línea, Hirschfeld no se planteaba curar la homosexualidad “sino ayudar a los homosexuales a aceptarse y vivir en cuanto tales en una sociedad hostil. Su terapia consistía en situar al paciente en un medio acorde con su manera de ser”.

En su trabajo como encuestador se le puede considerar también como un pionero y un precursor, anticipándose en muchos años al de Masters y Johnson. De este modo encuestó a 3000 estudiantes berlineses en 1903 y a 5721 trabajadores del metal en 1904 sobre su orientación sexual lo que, de inmediato, le supuso una denuncia de un pastor protestante que le acusaba de escritos obscenos e insultos. En el juicio Hirschfeld defendió su trabajo como una contribución para anular la idea errónea que la sociedad tenía sobre la homosexualidad. Durante todos estos años, en su trabajo constante, Hirschfeld no desdeñó ningún medio para dar a conocer sus posiciones, así, el Comité Científico- Humanitario publicaba cada año un Anuario para los tipos sexuales intermedios que, con diversa regularidad se publicó desde 1899 hasta 1923. En él aparecían recogidos informes sobre las actividades del Comité así como estudios referidos al mundo de la homosexualidad desde los campos literario, histórico, científico y político. Publicó folletos como ¿Qué debe saber el pueblo de los derechos sexuales? Editado en 1901 por primera vez e, incluso llegó a utilizar el cine colaborando en la producción de Anders als die Ander (Distintos de otra gente), junto con Richard Oswald, también miembro del Comité. Se trata de la primera película que trata el tema de la liberación gai, que fue proyectada por primera vez ante la prensa en 1919. Aunque se trata de un film militante que acaba con un discurso del Hirschfeld sobre los derechos del tercer sexo , el argumento nos presenta a un protagonista que ve desfilar en sueños a una serie de víctimas de la homofobia, lo que le conduce finalmente al suicidio.

Con respecto a su actuación en el campo político, el comité impulsó desde finales del s XIX una campaña permanente por la derogación del Art 175 del Código Penal del Imperio Alemán. Se trataba de “eliminar la condición criminal de los actos homosexuales, excepto en aquellos en los que se hubiera usado la fuerza, se produjesen molestias públicas o tuviesen lugar entre un adulto y un menor de 16 años”. En su lucha intentó ganarse el apoyo de otros movimientos impulsores de reformas como la lucha de las mujeres a favor del aborto y el Partido Socialdemócrata (SPD). Aunque en esta época la prensa socialdemócrata presenta la homosexualidad como un vicio y una degeneración de la clase dominante, algunos de sus líderes mas cualificados sostenían posiciones más avanzadas como Bernstein que en 1895 escribió un artículo en defensa de Oscar Wilde en el que abordaba la cuestión desde el punto de vista de la evolución de las costumbres, pronunciándose en contra de toda legislación represiva. Por su parte Bebel llegó a hacer una intervención en el Reichtag defendiendo la propuesta presentada por el Comité, en la cual afirmó que “ el número de personas (gais) es tan grande y cala tan profundamente en todos los círculos sociales, que si la policía llevase a cabo su deber, tal y como marca la ley, el estado prusiano se vería en la necesidad de construir dos nuevas penitenciarías para quienes han infringido el art 175, solo en Berlín”.

La lucha contra el artículo 175

Hasta el inicio de la I Guerra Mundial se sucedieron las actuaciones, creando para ello un Frente Unido al que se unieron las lesbianas, cuya situación era distinta al no aplicarse sobre ellas el artículo 175, dando origen a un movimiento reivindicativo muy importante capaz de presentar sus demandas a la Administración Local, los Landers, Tribunales, policía, etc. Sin embargo, los resultados fueron escasos debido a la inflexibilidad del régimen prusiano. El número de personas condenadas a causa del artículo 175 se calcula que fue de unas 15 000, para el período comprendido entre 1882-1918, afectando a gais y prostitución masculina.

Sin embargo, el momento más importante de sus actividades coincide con el período de la República de Weimar, que supuso el inicio de una nueva coyuntura política en la que se manifestaron con fuerza diferentes movimientos sociales. Este es el momento en que Hirschfeld fundó el Instituto para la Reforma Sexual , con sede en Berlín. Se trata de la época dorada del movimiento, el momento en que se rodó la película antes citada, cuando en Viena comienza a desarrollar sus actividades el pionero Karl Kraus en defensa de gais y prostitutas, cuando se publica Muerte en Venecia, de Thomas Mann, diversos intelectuales como André Guide o Stephan George no ocultan su orientación sexual, cuando Berlín se convierte en la capital del mundo gai, con un importante número de locales de ambiente; en esta época la Liga para los Derechos de los Hombres contaba con cerca de 50 000 afiliados y en 1930 la revista Die Inse, dirigida por Friedrich Randszuweit, alcanza una tirada mensual de 150 000 ejemplares. Sin embargo, todas estas actividades no consiguieron que el objetivo fundamental del movimiento, la derogación del artículo 175, se llevara a cabo.

En 1929 se efectuó una votación en el Reichstag para la eliminación del artículo 175 que salió derrotada. La izquierda, formada ahora por socialistas y comunistas, se mostró partidaria dela total despenalización. Por su parte el Zentrum, partido mayoritario, de inspiración católica, se decantó por el mantenimiento, pues consideraba el tema como inmoral y anticristiano.

Toda esta actividad provocó la aparición, también, de numerosos enemigos; así, en 1921 Hirschfeld fue apaleado y abandonado en la calle con el cráneo abierto, dándole por muerto, por miembros del partido nazi; dos años después, en Viena, fue tiroteado, etc.

Durante estos años los nazis no tuvieron una actitud lineal, ni coherente con el tema gai, de ahí que en 1937 Himmler tuviera que reconocer que, al comienzo, eran totalmente ignorantes en este asunto. Cuando se produjo el debate parlamentario de 1929, lo nazis se inhibieron, no llegando ni siquiera a pronunciarse. Desde luego, si no tomaron postura por la supresión fue por no coincidir con Hirschfeld, judío y socialista.

Su actitud fue totalmente ambigua. Por un lado, sus militantes agredieron en alguna ocasión a Hirschfeld y en 1928 amenazaban: “ Nosotros os rechazamos, porque cualquier práctica, cualquier pensamiento de amor homosexual es nuestro enemigo”.

Sin embargo, al mismo tiempo que mantenían estas posiciones, no ocultaban que Ernest Rhöm, dirigente de las SA en 1930 era abiertamente gai. Todavía mas, cuando las costumbres sexuales de Rhöm se convirtieron en asunto periodístico, Hitler salió en su defensa señalando que “ las SA no son una escuela para la educación moral de jovencitas sino para la formación de experimentados combatientes cuya vida privada no puede ser objeto de ninguna encuesta”. Además de esto, a nadie se le oculta la influencia que en el ideal estético nazi dejó la escuela Wandervogel (Los pájaros migratorios), desarrollada a principios de siglo en Alemania, de clara inspiración romántica, que alienta el mito ario de la raza germánica haciendo una exclusión expresa de las mujeres. De esta corriente homoerótica tomaron los nazis los modelos de belleza clásica que popularizaron por toda Alemania en los años treinta.

En cualquier caso, esto no impidió que, nada más llegar al poder, el Instituto de Hirschfeld se convirtiera en uno de sus principales objetivos. La prensa ya le había señalado como un blanco de los estudiantes de secundaria y, el 6 de mayo de 1933, a las 9.30 de la mañana, unos cien jóvenes traídos en camiones, invadieran el edificio. Echaron por la ventana archivos, manuscritos, libros, que fueron recogidos mientras una banda de música tocaba himnos patrióticos para atraer a la gente.

Homofobia global

Días después se quemó aquel botín en la Plaza del Opera, incluido el busto de Hirschfeld que había sido llevado en medio de una procesión de antorchas. Con los 10 000 libros que se quemaron ese día desapareció el primer movimiento de liberación gai.

Hirschfeld, que en 1931 había iniciado una gira mundial, regresó en el momento en que los nazis se disponían a tomar el poder, de ahí que primero se refugiara en Suiza y posteriormente en París.. Desde allí siguió las últimas actividades del Comité, reducidas a una serie de comunicados dispersos elaborados por Kurt Hiller, hasta que fue detenido y enviado al campo de concentración de Oraniemburg.

Además, las contradicciones internas en el partido nazi se solucionaron en 1934 con la eliminación física de los líderes más importantes de las SA, incluido E. Rhöm. El pretexto invocado de “luchar contra la degeneración moral” no es suficiente para tapar un operativo con objetivos políticos evidentes.

Este último hecho es el que marca el giro definitivo de los nazis hacia la homofobia global, como lo muestran los hechos. En 1933 el número de personas encarceladas por atentar contra el artículo 175 ascendían a un total de 135. Entre 1935 y 1939 el número de afectados ascendió a 24 450 personas. Además, desde 1935 los nazis ampliaron los aspectos recogidos en el artículo 175 que, ahora, comprendía besos, caricias e incluso fantasías sexuales. En 1936 se creó la Oficina del Reich para la lucha contra el aborto y la homosexualidad , lo que no tiene nada de extraño si se tiene en cuenta que, a sus ojos, abortistas y gais, en la medida que no contribuían al crecimiento demográfico, se convertían en traidores y una amenaza para el predominio de la raza aria. El proceso de radicalización homofóbica continuaría con la publicación, el 15 de noviembre de 1941, del “ Decreto del Führer para el mantenimiento de la pureza en las SS y la policía ”, donde se establecía la aplicación de la pena de muerte para todos los encausados de mantener relaciones sexuales intermasculinas. Para esa época los campos de concentración estaban ya llenos de gais marcados con el Triángulo rosa como distintivo.

Mientras esto ocurría en el interior de Alemania, Hirschfeld se trasladó a Niza, donde conoció la resolución del gobierno hitleriano que le calificaba como indigno del pueblo alemán, al tiempo que le retiraban la nacionalidad. Fue un 14 de mayo de 1935 cuando decidió suicidarse, justo el día que cumplía 67 años. Con él desaparecía el motor del movimiento reivindicativo gai. Meses después se disolvía la Liga Mundial para la Reforma Sexual , órgano internacional inspirado en el trabajo del Instituto berlinés.



Source : Artículo publicado en: Revista Viento Sur Nº 22- Agosto 1995, Pags. 117-121. Autor: Tino Brugos. Miembro Junta Directiva de XEGA (Xente Gai Astur) www.nodo50.org/xega.

Photo : Magnus Hirschfeld

Homosexuals, victims of the Nazis

As part of the Nazis' attempt to purify German society and propagate an "Aryan master race", they condemned homosexuals as "socially aberrant." Soon after taking office on January 30, 1933, Hitler banned all homosexual and lesbian organizations. Brownshirted storm troopers raided the institutions and gathering places of homosexuals. Greatly weakened and driven underground, this subculture had flourished in the relative freedom of the 1920s, in the pubs and cafes of Berlin, Hamburg, Munich, Bremen, and other cities.

On May 6, 1933, Nazis ransacked the "Institute for Sexual Science" in Berlin; four days later as part of large public burnings of books viewed as "un-German", thousands of books plundered from the Institute's library were thrown into a huge bonfire.

The institute was founded in 1919 by Dr. Magnus Hirschfeld (1868-1935). It sponsored research and discussion on marital problems, sexually transmitted diseases, and laws relating to sexuals offenses, abortion and homosexuality.

The author of many works, Hirschfeld, himself a homosexual, led efforts for three decades to reform laws criminalizing homosexuality. (In 1933 Hirschfeld happened to be in France, where he remained until his death.)

In 1934, a special Gestapo (Secret State Police) division on homosexuals was set up. One of its first acts was to order the police "pink lists" from all over Germany. The police had been compiling these lists of suspected homosexual men since 1900.

On September 1, 1935, a harsher, amended version of Paragraph 175 of the Criminal Code, originally framed in 1871, went into effect, punishing a broad range of "lewd and lascivious" behavior between men.

In 1936 Nazi leader Heinrich Himmler created a Reich Central Office for the Combatting of Homosexuality and Abortion: Special Office (II S), a subdepartment of Executive Department II of the Gestapo. The linking of homosexuality and abortion reflected the Nazi regime's population policies to promote a higher birthrate of its "Aryan" population.

On this subject, Himmler spoke in Bad Tölz on February 18, 1937, before a group of high-ranking SS officers on the danger both homosexuality and abortion posed to the German birthrate.

Under the revised Paragraph 175 and the creation of Special Office II S, the number of prosecutions increased sharply, peaking in the years 1937-1939. Half of all convictions for homosexuality under the Nazi regime occured during these years. The police stepped up raids on homosexual meeting places, seized address books of arrested men to find additional suspects, and created networks of informers to compile lists of names and make arrests.

An estimated 1.2 million men were homosexuals in Germany in 1928. Between 1933-45, an estimated 100,000 men were arrested as homosexuals and of these, some 50,000 officially defined homosexuals were sentenced. Most of these men spent time in regular prisons, and an estimated 5,000 to 15,000 of the total sentenced were incarcerated in concentration camps.

How many of these 5,000 to 15,000 "175ers" perished in the concentration camps will probably never be known. Historical research to date has been very limited. One leading scholar, Ruediger Lautmann, believes that the death rate for "175ers" in the camps may have been as high as sixty percent.

All prisoners of the camps wore marks of various colors and shapes, which allowed guards and camp functionaries to identify them by category. The uniforms of those sentenced as homosexuals bore various identifying marks, including a large black dot and a large "175" drawn on the back of the jacket. Later a pink triangular patch (rosa Winkel) appeared.

Conditions in the camps were generally harsh for all inmates, many of whom died from hunger, disease, exhaustion, exposure to the cold, and brutal treatment. Many survivors have testified that men with pink triangles were often treated particularly severely by the guards and inmates alike because of widespread biases against homosexuals.

As was true with other prisoner categories, some homosexuals were also victims of crual medical experiments, including castration. At Buchenwald concentration camp, SS physician Dr. Carl Vaernet performed operations designed to convert men to heterosexuals: the surgical insertion of a capsule which released the male hormone testosterone. Such procedure reflected the desire by Himmler and others to find a medical solution to homosexuality.

The vast majority of homosexual victims were males; lesbians were not subjected to systematic persecution. While lesbian bars were closed, few women are believed to have been arrested. Paragraph 175 did not mention female homosexuality. Lesbianism was seen by many Nazi officials as alien to the Aryan woman. In some cases, the police arrested lesbians as "asocials" or "prostitutes."

One woman, Henny Schermann, was arrested in 1940 in Frankfurt ans was labelled "licentious lesbian" on her mug shot; but she was also a "stateless Jew", sufficent cause for deportation. Among the Jewish inmates at Ravensbrück concentration camp selected for extermination, she was gassed in the Bernburg psychiatric hospital, a "euthanasia" killing center in Germany in 1942.

Homosexuality outside Germany (and incorporated Austria and other annexed territories) was not a subject generally addressed in the Nazi ideology or policy; the concern focused on the impact of homosexuality on the strength and birthrate of the Aryan population.

During the war years, the Nazis did not generally instigate drives against homosexuality in German-occupied countries. Consequently, the vast majority of homosexuals arrested under Paragraph 175 were Germans or Austrians. Unlike Jews, men arrested as homosexuals were not systematically deported to Nazi-established ghettos in eastern Europe. Nor were they transported in mass groups of homosexual prisoners to Nazi extermination camps in Poland.

It should be noted that Nazi authorities sometimes used the charge of homosexuality to discredit and undermine their political opponents. Charges of homosexuality among the SA (Storm Trooper) leadership figured prominently among justifications for the bloody purge of SA chief Ernst Röhm in June 1934. Nazi leader Hermann Göring used trumped-up accusations of homosexual improprieties to unseat army supreme commander Von Fritsch, an opponent of Hitler's military policy, in early 1938.

Finally, a 1935 propaganda campaign and two show trials in 1936 and 1937 alleging rampant homosexuality in the priesthood, attempetd to undercut the power of the Roman Catholic Church in Germany, an institution which many Nazi officials considered their most powerful potential enemy.

After the war, homosexual concentration camps prisoners were not acknowledged as victims of Nazi persecution, and reparations were refused. Under the Allied Military Government of Germany, some homosexuals were forced to serve out their terms of imprisonment, regardless of the time spent in concentration camps. The 1935 version of Paragraph 175 remained in effect in the Federal Republic (West Germany) until 1969, so that well after liberation, homosexuals continued to fear arrest and incarceration.

Research on Nazi persecution of homosexuals was impeded by the criminalization and social stigmatization of homosexuals in Europe and the United States in the decades following the Holocaust. Most survivors were afraid or ashamed to tell their stories. Recently, especially in Germany, new research findings on these "forgotten victims" have been published, and some survivors have broken their silence to give testimony.


Source: Homosexuals, victims of the Nazis (1933-1945), plaquette du United States Holocaust Memorial Museum, Washington D.C.- United States Holocaust Memorial.

The Nazi persecution of Gays

For many decades, next to nothing was published on the Nazi persecution of gay men for the simple reason that both German governments in cooperation with the occupying forces continued to persecute gay men after the war until the late sixties. In the West, they used the laws of the Nazi's, in the East those from before the nazi-period, in both cases the infamous paragraph 175. Only since the seventies, books and articles began being published on the theme, for example Harry Wilde's Das Schicksal der Verfemten (1969), Heinz Heger's The Men with the Pink Triangle (1972) which was made into a successful play, Richard Plant's The Pink Triangle. The Nazi War Against Homosexuals (1986) and Ruediger Lautmann's important article in Seminar: Gesellschaft und Homosexualität (1977) that offered a first survey of the history of this persecution including concrete numbers of victims.(1) Since, the number of books and articles has grown rapidly while in the last two years six new books were published in German on specific aspects of the Nazi treatment of homosexuals. The Berlin Schwules (gay) Museum and the Sachsenhausen museum in Orianenburg (20 miles to the north of Berlin) co-organized the first major exhibit on the topic in their rooms in the summer of 2000.

In 1977, Lautmann and his co-authors established that between 5,000 and 15,000 men had been sent to concentration camps because of homosexual offenses, while about half of them died or were murdered there. Before, this persecution had often been denied while, at the pro-gay side, the Protestant Church of Austria had claimed 220,000 murdered homosexuals.(2) Rainer Hoffschildt is preparing a list of the names of all men persecuted for homosexual offenses by the Nazis. In the book of essays edited by the Heinrich Böll Foundation, he expects to come to a number of 5-7,000 men but does not speak out about the number that died in these camps of death. He warns also not to use the number of cases of homosexual offenses persecuted by the Nazis in the period 1933-1945 (about 50,000) as equalling the number of victimized men because many were repeat offenders. At the other hand, gay men as well as lesbian women were persecuted under other legal provisions for example against asocials, insane people or vagrants.

The main importance of the new books is however not establishing numbers but reporting the life histories and social conditions of gay men, sometimes also of lesbian women, in Nazi times. In all books, except the one published by the Heinrich Böll Foundation, the faces of gay men can be seen and their moving stories can be read. Most of the Nazi victims were utterly unprepared for their fate, and those who survived the war, had to confront afterwards the refusal to offer gay men « Wiedergutmachung « . Some men even remained imprisoned, or were sentenced again to severe penalties by judges and public prosecutors who made their careers in the Nazi period. For gay men, the « liberation « of 1945 meant no end to discrimination and prosecution. The capitalist West of Germany was even worse than the communist East. It kept the Nazi extension of paragraph 175 of 1935 as it was not deemed to be a result of Nazi ideology. The extension of 1935 broadened the crime from a limited number of homosexual acts that resembled coitus to all forms of desire, including mutual masturbation or intimacies. But the East had also its flaws: some gay men who dared to request after the war a special status as Nazi victims, were prosecuted because of fraud.

The collection of essays on Berlin edited by Pretzel and Rossbach includes a chronology of the Nazi prosecution of gay men. Within a month after the take-over at the end of January 1933, the Nazi minister of interior issued an order to close all gay bars. He also forbade obscene literature. In May, Magnus Hirschfeld's Institute for Sexual Sciences was sacked by the SA. The first gay and transgender men were sent in the autumn to the newly built concentration camps.(3) The legal provisions to arrest « sex criminals « were broadened. Without any attempt to produce legal proof, many SA leaders were murdered in the summer of 1934, among them their chief of staff, Hitler's buddy Ernst Roehm. As official reason was given that the regime wanted to clean society of such dens of sexual debauchery. The same year, the Gestapo got a section for homosexual crimes, and in 1936 a « National Institute to Combat Homosexuality and Abortion « was founded (the combination makes clear that a main nazi issue was promoting reproduction).

In 1935, paragraph 175 was broadened. Two years later, SS leader Heinrich Himmler gave his infamous lecture on the homosexual danger implying that it could menace through infection the homosocial institutions of the Nazi regime. After the beginning of the war in 1939, it was decided that no prisoner would be released from concentration camps. Persons who were considered to endanger the social body could be exterminated. The death penalty for homosexual offenses was introduced in 1941 for the SS and the police, in 1943 for the army. At that time, many gay men had already succumbed to the terror in the camps.

The book on Berlin is important for its stories of horror, idiocy but sometimes also tenderness. It is astonishing to realize that a vivid gay culture and an active movement had disappeared within a month after the Nazis took power. More than a third of homosexual offenses in Berlin came to the attention of the police through non-involved private persons, mostly neighbors. Another third was discovered by the police itself while also family members or the workplace denounced supposed sex-criminals. There were in fact no spaces where a gay man could feel safe, not even at home. Gay men of all social classes and political persuasions were prosecuted. The Nazi men who were judged for homosexual offenses faced the harshest destiny. The book offers essays on legal material from numbers to policies, on interrogations, on meeting places, on Sachsenhausen. The best part that makes up half of the book is a wide range of personal stories on the Nazi persecutions that are recuperated mainly from official archives. The police pictures of arrested men look dreadful, at the other hand the book has many lovely private pictures. There is a nice story of a gay fetishist who dressed his secretary in « Samt und Seide « (velvet and silk), kissed and touched him and got thus excited. The poor man was sentenced to prison even though there was no proof of a sexual act.

The book edited by Mueller and Sternweiler on Sachsenhausen that complements the exhibit is the most gruesome in its details and illustrations. It opens with « a list of the dead « , the 300 known names of men who were persecuted for homosexual offenses and died in Sachsenhausen. It continues with articles on the architecture of and the procedures in the camp. Gay men were separated from other prisoners because of the risks of homosexual infection. The worst jobs were reserved for them. In the « Klinkerwerke « or brickworks, they had to dig up and transport mud. In the summer of 1942 89 gay men were brutally killed on this location. Building a firing range for the SS was another place of death as the SS men used the prisoners as targets while they were forced to continue the construction work. In the « shoe-company « heavily packed gay men were coerced to walk for hours on new models to try them out in adverse circumstances. More benign locations were the kitchen and hospital that sometimes could offer some extra food. For young men, there was the possibility of becoming the secret beloved of a prison warden. In this way Heinz Heger survived the worst time in Sachsenhausen. Some men consented to be castrated in the vain hope of getting out of the camp.

Before 1939, gay men were considered the lowest rank in the hierarchy of prisoners with Jews and Gypsies. After the war started, the camps were flooded with political prisoners and prisoners of war from outside Germany, and gay men became only a tiny part of the camp population (nearly no non-German gay men were slept there). After 1942, the camps changed largely from places of extermination to labour camps. The prisoners were dearly needed to contribute to the war effort. Now, with many foreigners in the camps, gay men could even rise to positions of power that had always been withheld from them. The book ends with several essays on the continuation of discrimination of gay men after the war. Men who had hoped to be free after the liberation, had sometimes to stay in prison, and no gay Nazi victim ever received appropriate indemnification for his ordeal.

Hoffschildt's book begins with an explanation of the legal system that was used against gay men. It continues with an overview of some camps where they were held, namely the Emsland camps and Bergen-Belsen, Moringen and Neuengamme, and several « outside-camps « which were established next to a factory or another place where prisoners were forced to labor. The next chapter discusses prisons which began always more to resemble the camps in their organization and function. A last chapter is devoted to death penalties. Except for the first chapter, most material concerns personal histories. The material on Moringen is about three lesbian prisoners.

The book by Rahe and others is a special gay issue of a regular publication on the history of camp Neuengamme but the contents extend beyond this camp. Some of the main authors mentioned above have articles in this collection like Lautmann and Hoffschildt who discusses Bergen Belsen and the prison of Celle. Two articles tell the lesbian story, one by Claudia Schoppmann who is the main author on the Nazi persecution of lesbians.(4) Stefan Micheler has both an article on gays in Neuengamme, and another on the scandal that recently 80% of the court archives from the period 1935-1949 was destroyed by the National Archive in Hamburg, including much material on the persecution of homosexual offenses.

The book on the Cologne region went also with an exhibit.(5) It opens with an overview of the Nazi persecution of gays, and a second one on lesbians. Most articles discuss specific topics like the closing down of bars, raids on cruising places and preventive policies in Cologne, a theatre scandal in Essen, castration. An interesting article concerns Hanns Heinz Ewers, a gay author who contributed to the gay press before 1933 and wrote Fundvogel (1927), an early novel on a transsexual operation. He was the official biographer of the Nazi hero Horst Wessel (1932). After Hitler came to power, most of his books were forbidden but strangely enough not the gay ones. He died in oblivion during the war. The collection of essays ends with four personal stories.

The publication of the Heinrich Böll Foundation offers some general essays on the topic, for example by George Mosse, Schoppmann, the omnipresent Hoffschildt while another important author on the topic, Gunter Grau, gives an overview of the relevant literature.(6) It includes discussions on and proposals for a monument to commemorate the gay victims of the Nazi regime. Even two places are already suggested, in Tiergarten near the location of Hirschfeld's destroyed Institute, or on Nollendorferplatz where the gay scene was before 1933 and again is nowadays.

The books raise many important questions. A recurring theme is the strange mixture of anti-homosexuality and homo-eroticism in Nazism. For a long time, many Nazi victims and leftist Nazi opponents represented their persecutors and enemies as gay men, and denied the anti-gay ideologies and practices of the Nazis. Some authors claim that the gay experience of Nazism has therefore a unique specificity in the sense that gay men were mixed up between the Nazis and their opponents. But not only gay men were active on both sides, all prosecuted groups had their traitors who cooperated with the Nazis, often helping them in the annihilation of their own group.

Another question concerns the place gay men should occupy in the list of victims. It has become politically correct nowadays to delineate the victims of the Nazis as being Jews, Gypsies, leftists, resistance fighters, Eastern-Europeans, Jehovah-witnesses, the insane, homosexuals. But when I see, for example, after visiting the exposition on the gay victims of the Nazis, that mention is made of 17,000 prisoners of war from the Soviet-Union murdered in one single year in Sachsenhausen, the destiny of perhaps 5,000 murdered gay men seems to be minor. The authors deal in very different ways with this fact. Ilse Kokula has the unhappy formulation that « the suffering is not less when the number of dead people is smaller « (Heinrich Böll Foundation, 137). Grau found a better way to express the discussion of numbers « it is absurd to measure in numbers the suffering done to humans « (id, 100).

There is no doubt any longer that gay men were persecuted harshly by the Nazis, and especially the gay Nazis that Nazi victims have singled out for opprobrium. There is no doubt that among all the victims gay men have a real and special, but also minor place. One difference between gay and most other groups is that gay men were prosecuted in nearly all Western states at that point in time, perhaps less cruelly and systematically than by the Nazis, but nonetheless they had to face prison, castration, therapies, ostracism, and other forms of social and personal discrimination everywhere. As Florence Tamagne in her Histoire de l'homosexualité en Europe (Paris 2000) (7) and I myself argued in an article in Sexual Cultures in Europe (Vol 2, Manchester 1999), the thirties saw a steady decline in acceptance of homosexuality and an increasing persecution of gay men all over Europe that did not end in 1945, but only from the sixties on in Western Europe, and from the eighties on in Eastern-Europe.

Another major point is about Wiedergutmachung. Germany, but also The Netherlands, have promised a retribution to gay victims of the Nazis in the nineties. But as most men hid themselves very deep in their closets, while the few who opened up, are dead by now, minor indemnifications have come to less than a handful of gay victims. The question for the Berliners is the next step, a national homomonument to commemorate the victims. Amsterdam and Frankfurt have already one, Berlin will probably discuss it for a lengthy period with its ominous separatist traditions. In the Netherlands, some have suggested to pay substantial amounts of money for gay projects, not only because of persecutions and discriminations during the Second World War, but also for the periods before and after. The range of legal, financial, medical and other damage being done to gay men and lesbian women until recent seems to justify indeed major, probably collective, indemnifications by most Western governments.

The books offer a broad overview but show also that some topics are still under-researched. Most needed is research on persecutions in the Southern parts of Germany, in Austria and in Bohemia. Gay men in most occupied countries suffered little from the Nazis because they did not endanger the German race (except when they seduced German soldiers).(8) Very little is known on the attitudes of the general population regarding the gay persecutions. They probably supported them seen the number of denunciations in « tolerant « Berlin. Major gay scandals involving the army (false accusations against the highest officer in charge, general von Fritsch, in 1938) or catholic institutions deserve specific attention. Grau suggests to do research on the persecutors of gay men and on the treatment of homosexuals in homosocial Nazi institutions like SA, SS and Hitlerjugend.(9)

Several older books and articles have already brought forward material on gay exiles, gay resistance fighters, the stereotype of the gay nazi, fascist theories of homosexuality and their consequences.(10) Recently, leading German gay historian Manfred Herzer has accepted « à contre coeur « the thesis that many gay men were seduced by the homoerotic masculinity of the Nazis, and supported Hitler's party.(11) This entanglement of gay men with their oppressors certainly earns a full-blown study. This love for the enemy, so brilliantly depicted in the work of Jean Genet who was seduced like many of his French gay compatriots by German homoeroticism, was difficult to gauge for the gay libbers of the seventies. It should also be worthwhile to have a new general study on homosexuality in the Nazi period for which all these books and articles contribute parts and parcels.

Another important discussion concerns the modernity of the nazi-persecution. Many people consider it to have been a regressive phase in the progress promised by the Enlightenment, others have analyzed Nazism, like the equally murderous Stalinism, as a modern movement. Its use of media, technology and mass psychology certainly made it to a form of politics that very much belongs to the present and in fact happened again in other parts of the world. For gay emancipation, the question is if discourses and practices regarding homosexuality nowadays are so different from those of the Nazis that they offer a safeguard against future disasters. I do not see such fundamental changes.

All the recent books and exhibits on the Nazi persecution of gay men have made the topic inevitable. The statistics of the persecution are becoming more precise, while the personal stories in the discussed books have given the victims faces and voices. They confront us very directly with one of the ugliest periods of gay history. They will certainly contribute to a feeling of « never again « . But seen the activities of the extreme right, religious fundamentalists and other groups and the lack of support for gay emancipation by governments and international institutions, such hope does not offer certainty. Gay emancipation and sexual liberation need a much firmer base in society than they have nowadays even in the most liberal countries to counter such murderous politics.

THE BOOKS

Heinrich Böll Stiftung (ed), Der homosexuellen NS-Opfer gedenken (homosexual nazi-victims), Berlin: Heinrich-Boell-Stiftung, 1999, 175 pp.

Centrum Schwule Geschichte (ed), « Das sind Volksfeinde! « Die Verfolgung von Homosexuellen an Rhein und Ruhr 1933-1945 (« Those are the people's enemies! « The persecution of homosexuals on Rhine and Ruhr 1933-1945), Cologne: EL-DE-Haus, 1998, 259 pp, ill.

Rainer Hoffschildt, Die Verfolgung der Homosexuellen in der NS-Zeit. Zahlen und Schicksale aus Norddeutschland (The persecution of homosexuals in the nazi period. Numbers and fates from Northern-Germany), Berlin: Rosa Winkel, 1999, 195 pp, ill.

Joachim Mueller & Andreas Sternweiler (eds), Homosexuelle Maenner im KZ Sachsenhausen (Homosexual men in concentration camp Sachsenhausen), Berlin: Rosa Winkel, 2000, 396 pp, ill.

Andreas Pretzel & Gabriele Rossbach (eds), Wegen der zu erwartenden hohen Strafe... Homosexuellenverfolgung in Berlin 1933-1945 (Because of the expected high penalties ... Persecution of homosexuals in Berlin 1933-1945), Berlin: Rosa Winkel, 2000, 348 pp, ill.

Thomas Rahe a.o. (eds), Verfolgung Homosexueller im Nationalsozialismus (Persecution of homosexuals under national socialism), Bremen: Temmen, 1999, 205 pp, ill. (=Beitraege zur Geschichte der nationalsozialistischen Verfolgung in Norddeutschland 5)

Notes:

1. Translated in condensed form for the Journal of Homosexuality 6:1/2 (1981).

2. Mentioned in James D. Steakley, The Homosexual Emancipation Movement in Germany, New York 1975, p. 106.

3. Gay leader Kurt Hiller was imprisoned already in March of the same year, see Steakley, o.c., p. 103.

4. See her Zeit der Maskierung (1993), translated as Days of Masquerade. Life Stories of Lesbians during the Third Reich, New York 1996.

5. The Center had earlier an exhibit and a book on « The life of the Cologne-homosexuals in the Third Reich: Cornelia Limpricht, Juergen Mueller, Nina Oxenius (eds), « Verfuehrte « Maenner. Das Leben der Koelner Homosexuellen im Dritten Reich, Cologne 1991.

6. Gunter Grau (ed), Homosexualitaet in der NS-Zeit. Dokumente einer Diskriminierung und Verfolgung, Frankfurt, 1993.

7. Tamagne, Histoire de l'homosexualité en Europe, Paris 2000, a 700-page-long study comparing London, Berlin and Paris for the period 1900-1945 and including a lengthy discussion of Nazi politics with regard to homosexuality; Gert Hekma, « Same-sex relations among men in Europe, 1700-1990 « , in: Franz Eder, Lesley & Gert Hekma (eds), Sexual Cultures in Europe, Vol. 2: Themes in Sexuality, Manchester 1999, pp. 79-103.

8. See for the Netherlands: Pieter Koenders, Tussen Christelijk R'veil en seksuele revolutie. Bestrijding van zedeloosheid met de nadruk op repressie van homoseksualiteit, Amsterdam 1996.

9. Franz Seidler, Prostitution, Homosexualität, Selbstverstuemmelung. Probleme der deutschen Sanitaetsfuehrung 1939-1945, Neckargemuend 1977 has a chapter on homosexuality in the German army, with short paragraphs on the SS and Hitlerjugend.

10. Several articles on gay resistance fighters and exiles and on nazi theories of homosexuality were published by Manfred Herzer in Capri. On the « gay Nazi « , see Joern Meve, « Homosexuelle Nazis « . Ein Stereotyp in Politik und Literatur des Exils, Hamburg 1990; Alexander Zinn, Die soziale Konstruktion des homosexuellen Nationalsozialisten. Zu Genese und Etablierung eines Stereotyps, Frankfurt 1997.

11. He says in an article on gay resistance against the Nazis that he thinks nowadays that an above average number of gay men were sympathetic to the Nazis until the murder of Röhm in 1934 (Capri 28, July 2000, p. 34). See also his article in this journal, Vol. 29:2/3 (1995). See for the homoeroticism of Nazi culture, Harry Oosterhuis, « Medicine, Male Bonding and Homosexuality in Nazi Germany, in: Journal of Contemporary History32:2 (April 1997), pp. 187-205.



Texte : Gert Hekma, University of Amsterdam.

La castration forcée de Friedrich-Paul von Groszheim

Friedrich-Paul von GroszheimLes années vingt, qu'on appelle aussi l'Age d'Or des Années Vingt, furent pour moi une période merveilleuse. En disant cela, je ne me méprends pas sur les problèmes de ces années : le chômage, la paupérisation rampante et la radicalisation politique. [...] A Lübeck, on se rencontrait à l'Eldorado. En fin de semaine, grâce aux trains modernes à impériale, je me rendais souvent à Hambourg. L'après-midi, je faisais les boutiques du centre ville, puis j'allais au Pavillon de l'Alster. La galerie qui ornait ce dernier était notre lieu de rendez-vous, que nous appelions "la colline chaude"..

[...] Contrairement à beaucoup de ses contemporains, Friedrich-Paul von Groszheim se rend pleinement compte, au début des années trente, du danger imminent que représente la montée du national-socialisme en Allemagne : "En 1933, j'avais 26 ans, et le premier cabinet d'Hitler m'apparaissait déjà comme quelque chose de grave. Je craignais que nous n'ayons à endurer ce personnage durant une période plutôt longue."En 1934, il prend conscience de l'immédiateté du danger qui le menace personnellement : "Après qu'Ernst Röhm, le chef de file des SA, ouvertement homo, fut assassiné sur ordre d'Hitler, pour nous, les pédés de Lübeck, une chose devenait claire, c'est que cela n'était qu'un début ! A alors germé quelque chose de l'ordre de la solidarité. Des simples tapineurs jusqu'aux pédés aisés, on se disait : "Quoi qu'il advienne à présent, il faudra bien nous serrer les coudes..."

"[En 1936], peu après les Jeux Olympiques de Berlin, une descente eut lieu dans notre maison, tout à fait par surprise. [...] On découvrit chez moi une pile de photos de garçons et on les remit à la police des moeurs."

"Mais, avant même qu'il s'ensuivit quoi que ce soit de cet événement, le 23 janvier 1937 on assista à l'une des rafles d'homosexuels les plus importantes de toute l'époque nazie. Ce jour-là, 230 pédés furent appréhendés à Lübeck. Quant à moi, on m'arrêta à l'aube, dans mon lit. Aucun d'entre nous n'avait été surpris en flagrant délit. Ce sont essentiellement les SS qui ont mené toute l'action, avec l'aide d'un mouchard que nous connaissions tous. Il était lui-même pédé et se promenait souvent le long de la Trave où il dénichait ses contacts. Je n'avais jamais rien fait avec lui, mais je le connaissais de vue."

"Ce qui se produisit ensuite, vous ne pouvez l'imaginer aujourd'hui. Nous fûmes tout d'abord emmenés à la prison de Lübeck. Les véritables interrogatoires ne commencèrent qu'en février. C'est alors que nous fûmes transférés au "Magasin de laine", c'est à dire à la centrale de la Gestapo, située près de la cathédrale de Lübeck. Là, j'étais dans une cellule glaciale, pleine d'excréments et d'urine. J'avais toujours sur moi les vêtements légers que je portais lorsqu'on m'avait arrêté. A plusieurs reprises ont vint me chercher, et j'eus droit à de terribles passages à tabac. On nous sommait de nous dénoncer mutuellement... Je n'ai pas crié, car, pour rien au monde, je ne voulais laisser voir à ces gens mon talon d'Achille... Une fois, ils m'ont tordu le cou, il y a eu un tel craquement au niveau de ma vertèbre cervicale que j'ai pensé : cette fois, c'en est fait de moi... Les coups et la trique, ça allait jusqu'à ce que le sang gicle..."

"Après cela, on nous rejetait dans l'immonde cellule, toutes nos plaies ouvertes exposées à la saleté. Je ne pouvais même pas m'allonger car tout mon corps me faisait souffrir. Une fois, j'ai demandé l'assistance du brigadier : "Pourriez-vous m'aider à panser mes plaies ?" Me toisant de toute sa hauteur, il s'est contenté de répondre : "Je ne vois rien !" Cette mentalité était typique, c'était celle du parfait nazi..."

"En novembre 1937, je fus condamné à neuf mois de prison pour infraction à l'article 175 qui réprimait l'homosexualité masculine. Comme j'avais déjà écopé de dix mois de détention préventive, je fus, après pourparlers, effectivement relaxé. Mais il va de soi que mon existence était ruinée, car je ne pouvais plus m'occuper de mes affaires de négoce. Je dois ajouter que la majorité de la population était clairement du côté des nazis. Les gens trouvaient cela parfaitement judicieux de procéder enfin à un "nettoyage" parmi les pédés. Pour nous, il n'y avait aucune compassion, rien."

"Dès 1938, je fus à nouveau arrêté, cette fois en pleine rue. J'étais tout à fait seul, complètement livré à moi-même. Ces humiliations et tourments constituent la période la plus terrible de ma vie. Le 25 novembre 1938, je fus soudainement libéré, mais on s'empressa d'ajouter : "Soit vous vous faites castrer, soit on vient vous chercher à nouveau !" L'opération fut réalisée le 15 décembre 1938.


Source : La Déportation des Homosexuels, onze témoignages, Allemagne 1933-1945, Lutz van Dijk, éditions H&0, 2000.

Photo : Friedrich-Paul von Groszheim

Discours de Heinrich Himmler sur l'homosexualité (1937)

Chef de la S.S. dès 1929, ministre de l'Intérieur de Hitler à partir de 1943, Heinrich Himmler a utilisé les camps de concentration comme instrument de terreur politique et d'extermination raciale. Dans son discours de Bad Tölz prononcé le 18 février 1937 devant des officiers SS, Himmler explique le danger que représente à ses yeux l'homosexualité pour la nation allemande.

"Lorsque nous avons pris le pouvoir en 1933, nous avons découvert les associations d'homosexuels. Elles comptaient deux millions de membres. Les prudentes estimations des fonctionnaires chargés de ce problème indiquent jusqu'à quatre millions d'homosexuels en Allemagne. J'estime personnellement que les chiffres ne sont pas aussi élevés : je pense que tous ceux qui faisaient partie de ces associations n'étaient pas vraiment des homosexuels. D'autre part, je suis naturellement convaincu que tous les homosexuels n'étaient pas inscrits dans ces associations. J'estime qu'il y en avait un à deux millions. Mais un million, c'est vraiment le minimum, l'estimation la plus basse et la plus indulgente qu'il soit permis de faire en ce domaine.

Représentez-vous cela concrètement. Selon les derniers recensements, nous devons avoir soixante-sept à soixante-huit millions d'habitants en Allemagne, soit trente-quatre millions d'individus de sexe masculin, en prenant un chiffre rond. Nous avons donc environ vingt millions d'hommes en âge de procréer (il s'agit des hommes de plus de seize ans). Il peut y avoir une erreur d'un million, mais cela n'a pas d'importance.

Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel.

Si vous faites entrer en ligne de compte (ce que je n'ai pas encore fait) les deux millions d'hommes tombés à la guerre et si vous considérez que le nombre des femmes reste stable, vous pouvez imaginer combien ces deux millions d'homosexuels et ces deux millions de morts (donc quatre millions en tout) déséquilibrent les relations sexuelles en Allemagne : cela va provoquer une catastrophe.

Je vais développer devant vous quelques réflexions sur le problème de l'homosexualité. Il y a parmi les homosexuels des gens qui adoptent le point de vue suivant : "Ce que je fais ne regarde personne, c'est ma vie privée." Mais il ne s'agit pas de leur vie privée : le domaine de la sexualité peut être synonyme de vie ou de mort pour un peuple, d'hégémonie mondiale ou de réduction de notre importance à celle de la Suisse. Un peuple qui a beaucoup d'enfants peut prétendre à l'hégémonie mondiale, à la domination du monde. Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants détient un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et d'ici deux cents ou cinq cents ans, il sera mort.

En dehors de ces problèmes de nombre (je n'ai envisagé que ce cas-là), un tel peuple peut également disparaître en tant qu'Etat pour d'autres raisons encore. Nous sommes un État d'hommes, et malgré tous les défauts que ce système présente, nous devons absolument nous y accrocher. Car cette institution est la meilleure.

Au cours de l'histoire, il y a eu des Etats de femmes. Vous avez certainement entendu prononcer les mots de "droit matriarcal". Le royaume des Amazones n'était pas une fable, il a eu une réalité. Les Frisons surtout (et les peuples de marins en général) ont eu des institutions matriarcales dont on peut suivre l'existence et la trace jusqu'à nos jours. Ce n'est pas un hasard si les Hollandais aiment à être gouvernés par une reine ou si la naissance d'une fille, d'une reine, est saluée avec plus d'enthousiasme que celle d'un garçon. Ce n'est pas une bizarrerie, mais la marque d'un instinct ancestral des peuples de marins.

Depuis des siècles et des millénaires, les peuples germaniques, et particulièrement le peuple allemand, sont gouvernés par des hommes. Mais cet Etat d'hommes est en passe de se détruire lui-même en raison de sa tolérance de l'homosexualité. Selon moi, le principal défaut en matière d'administration est le suivant: que ce soit dans le domaine public, dans l'armée, dans l'organisation politique ou au sein de tout autre institution, les individus sont nommés en fonction de leurs résultats, sans tenir compte des insuffisances humaines. Même la nomination à l'un de ces postes de fonctionnaires si souvent coupés de l'existence est l'effet d'une sélection fondée sur les résultats obtenus : il faut avoir eu la meilleure note à l'examen. Dans ce cas, la sélection est faite d'après les notes parce que l'on prend d'abord celui qui a eu 1, puis celui qui a eu 1 ½ ou 1 ¼ , puis celui qui a eu 2, etc.

En ce qui concerne les postes administratifs qui sont également occupés par des femmes, aucun homme de bonne foi ne pourra prétendre que l'on y accède uniquement grâce à ses qualifications professionnelles, car, soyez honnêtes (nous sommes entre hommes et nous pouvons donc parler franchement), si vous cherchez une sténodactylo et que vous avez deux candidates, l'une affreusement laide, âgée de cinquante ans, qui fait trois cents syllabes (presque un génie en ce domaine, donc) et une autre, mignonne, de bonne race, âgée de vingt ans, mais qui ne fait que cent cinquante syllabes, vous prendrez certainement votre air le plus sérieux (ou je ne vous connais pas du tout) et trouverez mille raisons très morales pour engager la candidate de vingt ans qui fait moins de syllabes à la minute. L'autre est âgée, direz-vous, et pourrait tomber malade plus facilement. Que sais-je encore ? Bien. On peut en rire. Ce n'est pas méchant et cela n'a pas d'importance, car si elle est jolie, elle ne va pas tarder à se marier et de toute façon un poste de sténodactylo ne détermine pas la politique de l'État.

Mais la destruction de l'État commence lorsque, intervenant un principe érotique (je le dis avec le plus grand sérieux), un principe d'attirance sexuelle entre hommes, la qualification professionnelle, l'efficacité ne jouent plus dans cet État d'hommes le rôle qu'elles devraient jouer. Je vais vous citer un exemple pris dans la vie quotidienne, je dis bien "pris dans la vie quotidienne". J'ajoute qu'à mon avis, dans toutes les régions habitées aujourd'hui sur la terre, aucun service n'a accumulé autant d'expérience dans le domaine de l'homosexualité, de l'avortement, etc., que la Gestapo en Allemagne. Je crois que, dans ce domaine, nous pouvons parler d'expérience.

Le conseiller ministériel X est homosexuel et cherche parmi ses assesseurs un conseiller gouvernemental, mais il ne cherche pas nécessairement le plus efficace. Il ne choisira pas le meilleur juriste, il ne dira pas non plus : "l'assesseur X n'est certes pas le meilleur juriste, mais il est bien noté, il a de la pratique, et (ce qui pèse lourd dans la balance) il semble de bonne race et avoir une conception correcte du monde". Non, il ne prend pas un assesseur qualifié, ni de bonne apparence physique. Il choisit celui qui est lui aussi homosexuel. Ces gens sont capables de se repérer d'un bout à l'autre d'une salle. Lorsqu'il y a cinq cents hommes dans une soirée dansante, ils ont repéré au bout d'une demi-heure ceux qui ont le même penchant qu'eux. Les gens normaux comme nous ne peuvent imaginer comment cela est possible.

M. le conseiller ministériel choisit donc l'assesseur qui est le plus mal noté et dont la conception du monde est la plus mauvaise. Il ne lui pose aucune question sur ses capacités, mais va le présenter au directeur ministériel. Il chante ses louanges et justifie très sérieusement sa proposition. Cet assesseur entre maintenant en fonction, car il ne viendra jamais à l'idée du directeur ministériel de demander des renseignements plus précis ni d'étudier de plus près la proposition du conseiller ministériel. Il pense en effet que ce vieux fonctionnaire propose l'assesseur en fonction de son efficacité et de ses capacités. Il ne vient pas à l'esprit d'un homme normal que cet assesseur puisse être proposé en raison de ses penchants sexuels.

La chose n'en reste pas là, car l'assesseur, qui est désormais conseiller gouvernemental, va procéder de la même manière. Si vous trouvez à un poste quelconque un homme qui a ce penchant et si cet homme a un pouvoir de décision, vous pouvez être sûrs de rencontrer autour de lui trois, quatre, huit, dix individus ou plus encore qui ont le même penchant, car l'un entraîne l'autre, et malheur aux hommes normaux qui vivent avec ces gens. Ils sont condamnés. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent, ils seront anéantis. Je voudrais citer ici l'exemple d'un camarade à qui cela est arrivé. Le général SS von Woyrsch, qui combattait alors en Silésie, était placé entre le général SA Heines et le Gauleiter Brückner, tous deux homosexuels ; Brückner était également Premier président. Woyrsch a été persécuté pour avoir troublé cette merveilleuse entente, et non pas parce qu'on aurait dit : "Il n'est pas comme nous", mais toujours pour des motifs moraux, politiques, idéologiques, pour des motifs nationaux-socialistes.

L'homosexualité fait donc échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement. Elle détruit l'État dans ses fondements. A cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs. Je crois qu'à la guerre il peut faire preuve de courage de temps à autre, mais dans le domaine civil, ce sont les hommes les plus lâches que l'on puisse imaginer.

L'homosexuel ment également de façon maladive. Il ne ment pas (pour prendre un exemple cru) comme un Jésuite. Le Jésuite ment dans un but précis. Il raconte n'importe quoi avec un air rayonnant, tout en sachant qu'il débite des fables. Il a une justification morale : il ment pour la gloire de Dieu, ad majorem dei gloriam. La fin sanctifie les moyens. Il y a là toute une philosophie de la morale, une doctrine morale qui a été élaborée par saint Ignace de Loyola. Donc, le Jésuite ment et il le sait. Il n'oublie pas un seul instant qu'il ment. En revanche, l'homosexuel ment et croit ce qu'il dit. Lorsque vous demandez à un homosexuel s'il a fait ceci ou cela, la réponse est non. Je connais le cas d'homosexuels que nous avons interrogés et qui nous ont répondu: "Sur l'honneur de ma mère, je veux bien tomber raide mort si je mens". Trois minutes plus tard, nous leur présentions les preuves en disant : "Et ceci, alors ?" : ils ne sont évidemment pas morts et sont toujours là, malheureusement.

Au début, je ne comprenais pas. En 1933-1934, nous abordions les choses en parfaits ignorants. Pour l'homme normal, cela constituait et constitue toujours un monde tellement étranger que celui-ci ne peut absolument pas s'imaginer de quoi il retourne. Le général Heydrich et moi, ainsi que quelques autres personnes, avons vraiment dû apprendre des choses dans ce domaine, et uniquement lors de circonstances désagréables. Au début, je me fâchais quand de jeunes gens mentaient. Je comprends aujourd'hui qu'il leur est impossible de faire autrement. C'est pourquoi il ne me vient plus jamais à l'esprit de demander à un homosexuel s'il peut me donner sa parole. Je ne le fais plus, parce que je sais qu'il s'agit d'un mensonge. Au moment même où un homosexuel vous dit quelque chose avec des yeux larmoyants, il est persuadé qu'il dit la vérité. Les expériences que j'ai faites m'ont montré que l'homosexualité conduit pour ainsi dire à une totale extravagance intellectuelle, à une totale irresponsabilité.

L'homosexuel est naturellement un objet idéal de pression, d'abord parce qu'il est lui-même passible de sanctions, deuxièmement parce que c'est un type malléable, et troisièmement parce qu'il est veule et dépourvu de toute volonté.

De plus (je ne cherche qu'à vous présenter quelques exemples en ce domaine) l'homosexuel est possédé par un insatiable besoin de faire des confidences dans tous les domaines et tout particulièrement dans le domaine de la sexualité. La plupart du temps, vous constatez que celui qui se fait pincer vous donne sans aucune contrainte tous les noms qu'il connaît. Il n'y a donc (il faut bien que je me place de ce point de vue) aucune fidélité dans l'amour entre hommes, bien que ces gens prétendent s'aimer. L'homosexuel raconte tout de manière débridée, dans l'espoir sans aucun doute de pouvoir sauver sa peau.

Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique. La tâche n'est malheureusement pas aussi facile pour nous qu'elle le fut pour nos ancêtres. Pour eux, ces individus représentaient des cas isolés, des anormaux. L'homosexuel, que l'on appelait «Urning », était jeté au fond d'un marais. Ceux qui trouvent ces cadavres dans les marais ne se doutent certainement pas qu'il s'agissait dans quatre-vingt-dix cas sur cent d'homosexuels qui avaient été jetés tout habillés dans les marécages. Il ne s'agissait pas d'une punition. C'était simplement l'extinction d'une vie anormale. Il fallait les écarter, de la même manière que nous arrachons les orties et que nous en faisons des tas pour les brûler. Il ne s'agissait pas d'une vengeance: l'individu concerné devait disparaître.

Il en était ainsi chez nos ancêtres. Mais chez nous ce n'est malheureusement plus possible. Je voudrais maintenant vous parler très franchement de l'homosexualité dans la SS. Je souligne que je sais très exactement de quoi je parle. Ce n'est évidemment pas un sujet pour une conférence d'officiers, mais vous pouvez en faire part à tel de vos subordonnés au cours d'un entretien.

Aujourd'hui encore, il se présente tous les mois un cas d'homosexualité dans la SS. Nous avons de huit à dix cas par an. J'ai donc décidé la chose suivante : dans tous les cas, ces individus seront officiellement dégradés, exclus de la SS et traduits devant un tribunal. Après avoir purgé la peine infligée par le tribunal, ils seront internés sur mon ordre dans un camp de concentration et abattus pendant une « tentative d'évasion ». Dans chaque cas, le corps d'origine de cet individu en sera informé sur mon ordre. J'espère ainsi extirper ces gens de la SS - jusqu'au dernier. Je veux préserver le sang noble que nous recevons dans notre organisation et I'oeuvre d'assainissement racial que nous poursuivons pour l'Allemagne.

Mais le problème n'est pas résolu pour autant dans l'ensemble de l'Allemagne. Nous ne devons pas nous leurrer: traîner les homosexuels devant un tribunal et les faire interner ne résout pas le problème. Quand il sort de prison, l'homosexuel est tout aussi homosexuel qu'auparavant. Le problème reste donc entier. Il est résolu dans la mesure où le vice est stigmatisé, alors qu'auparavant il ne l'était pas. Avant, pendant et après la guerre, nous avions bien des lois sur ce sujet, mais il ne se passait rien. Je vais vous donner un exemple pour mieux me faire comprendre: en 1934, pendant les six premiers mois de notre activité en ce domaine, nous avons porté plus de cas devant les tribunaux que le præsidium de la police de Berlin pendant une période de vingt-cinq ans. Personne ne peut affirmer que cette inflation est due à l'affaire Röhm. Celle-ci nous a bien sûr causé un grand préjudice, mais ce vice était déjà florissant avant et pendant la guerre, et l'est devenu plus encore une fois la paix revenue.

Vous voyez, on peut régler toute sorte de problèmes grâce à des mesures administratives et policières. On peut régler le problème des prostituées, très anodin par rapport au précédent. Des mesures précises permettent de les insérer dans une organisation admissible pour un peuple de culture comme le nôtre. Dans ce domaine, nous faisons preuve d'une grande ouverture d'esprit, car on ne peut, d'un côté, vouloir éviter à la jeunesse de sombrer dans l'homosexualité, et de l'autre côté fermer toutes les issues. Ce serait de la folie. Finalement, empêcher toute possibilité de relations avec les filles dans les grandes villes - même si c'est pour de l'argent - équivaut à pousser un grand nombre de jeunes de l'autre côté.

Parmi toutes ces considérations, il ne faut pas oublier que l'Allemagne est malheureusement devenue un pays urbanisé aux deux tiers. Le village ne connaît aucun problème. Le village possède une réglementation saine et naturelle de tous ces problèmes. Là, malgré le pasteur et la morale chrétienne, malgré un sentiment religieux qui se maintient depuis des siècles, le jeune gars va frapper à la fenêtre de la fille. Le problème se résout ainsi. Il y a bien quelques enfants illégitimes, quelques personnes qui s'agitent dans le village, et le pasteur est content d'avoir un nouveau sujet de sermon. Les gars font exactement comme par le passé et (ne vous y trompez pas) comme dans les temps les plus anciens de notre histoire. Toute la théorie inventée pour les besoins de la cause et selon laquelle la jeune fille germanique, si elle a la malchance de ne se marier qu'à vingt-six ou trente ans, a vécu comme une nonne jusqu'à cette date, est un conte. En revanche, les lois sur le sang étaient strictes : aucun garçon ni aucune fille ne devaient se commettre avec un sang de valeur inférieure. La sévérité était extrême à ce sujet. On était également sévère sur autre chose: la femme infidèle était punie de mort, car un sang étranger risquait de pénétrer dans la famille.

Tout cela était naturel à cette époque. L'ordre était sain et raisonnable. Il allait dans le sens des lois naturelles et non à leur encontre, comme aujourd'hui.

Comme je l'ai dit, dans ce domaine, les problèmes seront un jour résolus, d'une manière ou d'une autre. Plus nous facilitons les mariages précoces (de telle sorte que nos hommes se marient à vingt-cinq ans) et plus le reste diminuera. Et tout rentrera naturellement dans l'ordre.

En revanche, le problème de l'homosexualité ne peut être réglé. Evidemment, je peux (c'est une question que nous avons soupesée dans tous les sens) faire incarcérer et enfermer dans les camps tous les jeunes dévoyés. C'est facilement réalisable. Mais je me pose une question : si je fais enfermer vingt mille jeunes dévoyés des grandes villes, je parviendrai peut-être à en ramener dans le droit chemin trois ou quatre mille suffisamment jeunes (dix-sept à dix-huit ans), et ceci grâce à la discipline, l'ordre, le sport et le travail. Nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas. Mais à partir du moment où il n'y aura plus de jeunes ayant ce penchant, les homosexuels risquent de chercher de nouvelles victimes. C'est donc une solution à double tranchant.

Dans la mesure où ils ne seront pas irrémédiablement corrompus, nous ferons arrêter et interner dans des camps tous ces jeunes de dix-sept ou dix-huit ans. Nous essaierons de les ramener à la raison et, comme je viens de le dire, nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas.

Mais tout cela ne permet pas de résoudre le problème dans son ensemble. Je ne vois qu'une seule solution : empêcher les vertus d'un Etat d'hommes, les avantages des associations masculines de dégénérer en défauts. A mon avis, on constate une trop grande masculinisation de notre vie. Nous allons jusqu'à militariser des choses inimaginables. Je le dis très franchement : rien n'est aussi parfait que notre manière de faire avancer les hommes en rang et de faire des paquetages, mais je trouve catastrophique de voir les filles et les femmes (les jeunes filles surtout) circuler à travers le pays avec des paquetages parfaits. Cela donne envie de vomir. Je trouve catastrophique de voir les organisations féminines, les associations féminines, les communautés féminines s'occuper de choses qui détruisent le charme, la dignité et la grâce de la femme. Nous autres hommes (je parle de manière générale), cela ne nous concerne pas directement. Nous voulons, dans notre folie, faire de la femme un instrument de pensée logique, nous lui apprenons tout ce qui est possible. Je trouve cela catastrophique. Nous masculinisons les femmes de telle sorte qu'à la longue la différence sexuelle et la polarité disparaissent. Dès lors, le chemin qui mène à l'homosexualité n'est pas loin.

Selon moi, l'activité de l'Association des étudiants (pour prendre un exemple à l'intérieur du Mouvement) est une véritable catastrophe. Ces dernières années, elle consistait à faire de magnifiques paquetages et à faire l'exercice. Je n'ai pas besoin de l'Association des étudiants pour cela.

J'ai discuté récemment avec le nouveau Führer de cette Association, et je lui ai dit: "Mon cher Scheel, si jamais vous vous faites pincer en train de faire l'exercice avec vos camarades, je deviendrai votre ennemi mortel. Dans les foyers d'étudiants, on fournit un travail intellectuel, on exerce une activité intellectuelle, et on met de l'ordre dans la société".

J'ai vu une fois un journal étudiant (je crois que c'était celui de l'Association de Silésie). Sur la page de titre de ce journal consacré au travail intellectuel des jeunes universitaires, on voyait huit hommes sur deux rangs, tandis que leur Führer intellectuel vérifiait l'alignement. C'est en soi le travail du sous-officier, de l'adjudant, du chef de compagnie ou du chef de bataillon, qui ont justement la manie de toujours vérifier l'alignement, mais ce n'est en aucun cas le rôle d'une institution intellectuelle. Quand on dit de nous à l'étranger que nous avons la discipline militaire pour toute compétence, ce n'est pas tout à fait aussi faux qu'on peut le penser.

On soulève maintenant le problème suivant : "La SS prétend être un Ordre. Le parti prétend aussi être un Ordre." Ces deux affirmations ne s'excluent pas l'une l'autre. Nous sommes, je le dis très clairement, un ordre national-socialiste (et voici la définition raciale) d'hommes du Nord, et une communauté jurée de clans. Nous sommes avant tout un ordre militaire, non pas L'ordre, mais UN ordre national-socialiste et militaire, lié par la discipline et par le sang nordique. Une communauté de clans, si vous voulez. Autrefois, on aurait parlé d'une confrérie de nobles. Mais c'est à dessein que je n'emploie pas cette expression. Simplement, je veux dire par là que notre tâche est orientée dans le sens d'une discipline humaine, alors que la tâche de l'ordre politique s'oriente vers la direction politique.

A partir du moment où le Parti est un ordre politique, il doit se préoccuper de façon croissante du contenu intellectuel, et s'écarter de plus en plus des aspects militaires, tels que le paquetage, les rassemblements, etc. Et cela s'applique au plus petit détail. J'ai beaucoup discuté de ces problèmes avec le camarade Ley qui a une grande intelligence de ce genre de choses. Je lui ai ainsi demandé au sujet du rassemblement (vraiment très réussi) des chefs politiques à Nuremberg: "Pourquoi donnez-vous des ordres ? Personnellement, je ne le ferais pas."Il y avait là cent mille chefs politiques. Il faudrait déjà des soldats bien entraînés pour que le commandement "Repos ! Levez les drapeaux ! Baissez les drapeaux !" soit exécuté impeccablement par cent mille hommes à la fois ! "Pourquoi ne pas se contenter de demander de lever et d'abaisser les drapeaux ? Cela revient exactement au même, mais sous une forme qui n'est pas excessivement virile, soldatesque et militaire. Pourquoi faut-il donner des ordres pour ce genre de choses ?" Voilà quelques réflexions sur l'ensemble de ces problèmes.

J'en reviens à mon sujet. Je disais que nous masculinisions trop fortement notre existence. Nous masculinisons également trop notre jeunesse. Je vais vous donner quelques exemples que vous pourrez multiplier à volonté, grâce à votre expérience personnelle ou à ce que vous aurez vu autour de vous.

Certains jeunes disent à leur mère : "Dis, quand on défile dans les Jeunesses hitlériennes, fais attention à ne pas passer près de nous. Je te ferais bien un signe mais les autres se moqueraient de moi. Ils me traiteraient de fi-fils à sa maman et de nouille". Selon moi, ce genre de réflexions est une véritable catastrophe pour un peuple. Il est catastrophique pour un pays que les jeunes garçons aient honte de leur mère ou de leur soeur, ou qu'ils soient amenés à avoir honte des femmes, en l'occurrence celles qui leur sont le plus proches, leur mère ou leur soeur - qui est une femme en puissance. Il est catastrophique qu'un jeune soit raillé au-delà de la normale parce qu'il est amoureux d'une fille, que pour cette raison on ne le prenne pas au sérieux, qu'on le considère comme un faible, qu'on lui dise que les durs ne s'occupent pas des filles. "Il n'y a que des amitiés de garçons. Ce sont les hommes qui décident sur terre", lui dit-on. L'étape suivante, c'est l'homosexualité. Ce sont les idées de M. Blüher : "D'une manière générale, la plus grande forme d'amour n'est pas celle qui existe entre un homme et une femme. A cause des enfants, c'est quelque chose d'animal. La plus grande forme d'amour est l'amour sublimé qui lie deux hommes. Dans l'histoire du monde, les plus grandes choses en sont sorties." Tout ceci n'est que le mensonge éhonté de ces individus qui revendiquent pour eux Alexandre le Grand et Bismarck. Il n'y a pas de grand homme que les homosexuels ne revendiquent : César, Sulla, etc. Je crois que, Don Juan mis à part, ils les revendiquent tous. Cela est présenté de manière attrayante aux jeunes qui font partie d'un mouvement déjà extraordinairement masculinisé et qui vivent dans des camps d'hommes où ils n'ont pas la possibilité de rencontrer de jeunes filles. Selon moi , il ne faut pas s'étonner que nous ayons pris le chemin de l'homosexualité.

Je crois qu'un changement radical ne peut naître que de ceci : nous devons (c'est une chose particulièrement urgente pour la SS) faire des SS et des jeunes, dans la mesure où nous avons de l'influence sur eux, des hommes chevaleresques, de jeunes chevaliers. C'est la seule solution à notre portée pour nous démarquer nettement et ne pas tomber dans l'état de choses qui règne chez les Anglo-Saxons et les Américains. J'ai dit un jour à une Anglaise qui trouvait épouvantable que les hommes saluent les femmes en premier: "Je suppose que chez vous les poules se pavanent autour du coq ? Ce serait donc différent de ce qui se passe ailleurs ?" Une conséquence des trop nombreux privilèges accordés à la femme en Amérique, c'est qu'aucun homme n'ose plus regarder une jeune fille. S'il le fait, il paraît devant un tribunal matrimonial qui le condamne à payer des dommages et intérêts. En Amérique, l'homosexualité est devenue une mesure de protection absolue pour les hommes, en raison de l'esclavage dans lequel ils sont maintenus par les femmes. Là-bas, la femme peut se comporter comme un boa: elle étouffe l'homme, tout simplement. Jamais personne ne la remet dans le droit chemin. C'est bien le meilleur exemple de tyrannie féminine !

Chez nous, il n'y a aucun danger que l'attitude chevaleresque de l'homme soit exagérée et exploitée par l'autre partie. En Allemagne, l'habitude et l'éducation ne poussent pas les femmes à cela. Nous devons absolument faire de nos jeunes des hommes chevaleresques, des hommes qui se font les champions des femmes.

Récemment, j'ai dit à l'un des chefs des Jeunesses hitlériennes : "Vous êtes bien peu chrétiens en général, mais votre attitude envers les femmes relève du plus pur christianisme. Elle est aussi chrétienne que possible". Il y a cent cinquante ans, une thèse a été soutenue dans une université catholique sous le titre : « La femme a-t-elle une âme? » Rien qu'à cela, on aperçoit la tendance du christianisme qui vise à détruire la femme et qui cherche à mettre en évidence son infériorité. Je suis absolument convaincu que tout le clergé et le christianisme ne cherchent qu'à établir une association érotique masculine et à maintenir ce bolchevisme qui existe depuis deux mille ans. Je connais très bien l'histoire du Christianisme à Rome, et cela me permet de justifier mon opinion. Je suis convaincu que les empereurs romains qui ont exterminé les premiers chrétiens ont agi exactement comme nous avec les communistes. A cette époque, les chrétiens constituaient la pire lie des grandes villes, les pires Juifs, les pires bolchevistes que l'on pouvait imaginer.

Le bolchevisme de cette époque a eu le courage de grandir sur le cadavre de Rome. Le clergé de cette Eglise chrétienne (qui, plus tard, a soumis l'Église aryenne après des combats infinis) essaie, dès le IVe ou le Ve siècle, d'obtenir le célibat des prêtres. Il se fonde pour ce faire sur saint Paul et les tout premiers apôtres, qui présentaient la femme comme le symbole du péché et n'autorisaient (ou ne recommandaient) le mariage que comme moyen légal d'échapper à la fornication (c'est ce qui est écrit dans la Bible), et ne présentaient les enfants que comme un mal nécessaire. Ce clergé a poursuivi le même chemin au cours des siècles, jusqu'à ce que le célibat des prêtres devienne une réalité en 1139.

Je suis d'autre part convaincu que la confession auriculaire permet aux quelques prêtres qui ne veulent pas se soumettre à cette homosexualité de se procurer les femmes et les filles dont ils ont besoin, et en particulier les curés de campagne. Selon moi, la majorité d'entre eux sont hétérosexuels (plus de cinquante pour cent), alors que j'estime qu'il y a dans les couvents 90 ou 95%, voire 100%, d'homosexuels.

Si nous reprenions aujourd'hui les procès contre les prêtres homosexuels et si nous traitions les prêtres comme tous les citoyens allemands, je pourrais garantir deux cents procès et plus pour les trois ou quatre prochaines années. Si nous ne pouvons instruire ces procès, ce n'est pas parce que nous manquons de cas, mais tout simplement parce que nous ne disposons pas du nombre de fonctionnaires et de juges nécessaires pour cette tâche. Mais dans quatre ans nous apporterons - je l'espère - une preuve très convaincante: nous prouverons que l'Église, tant au niveau de ses dirigeants que de ses prêtres, constitue dans sa majeure partie une association érotique d'hommes qui terrorise l'humanité depuis maintenant mille huit cents ans, qui exige qu'elle lui fournisse une énorme quantité de victimes, et qui dans le passé s'est montrée sadique et perverse. Je n'ai qu'à citer les procès des sorcières et des hérétiques.

La dépréciation de la femme est une attitude typiquement chrétienne, et à notre époque - et bien que nous soyons nationaux-socialistes -, nous avons repris cet héritage mental. Même certains païens inébranlables l'ont fait. Je connais beaucoup de camarades du Parti qui se croient obligés de manifester une grande fermeté dans leur manière de concevoir le monde, et de se montrer particulièrement virils en se comportant avec grossièreté et brutalité à l'égard des femmes.

Nous avons d'autre part une certaine tendance à exclure autant que possible les femmes des fêtes et des cérémonies. Les mêmes viennent ensuite se plaindre que les femmes restent parfois fidèles à I'Eglise, ou bien qu'elles ne sont pas gagnées à cent pour cent à la cause nationale-socialiste. Ils n'ont pourtant pas à se plaindre -- ils traitent les femmes comme des êtres de second ordre et les tiennent à l'écart de toute notre vie intérieure. Il ne faut donc pas s'étonner qu'elles ne nous soient pas encore tout à fait gagnées. Nous devons bien voir que le mouvement, la conception du monde national-socialiste ne peuvent subsister que s'ils sont portés par les femmes, car les hommes saisissent les choses avec leur entendement, alors que les femmes les saisissent avec leur coeur. Ce sont les femmes allemandes qui ont fourni le plus de victimes aux procès de sorcellerie et d'hérésie et non les hommes. La prêtraille sait très bien pourquoi elle a brûlé de cinq à six mille femmes. C'est justement parce qu'elles s'accrochaient sentimentalement à l'ancienne science et à l'ancienne doctrine, parce que leurs sentiments et leur instinct ne leur permettaient pas de s'en détourner, alors que les hommes, de manière logique et conforme à leur intelligence, avaient changé leur fusil d'épaule.

J'en reviens à notre problème. J'estime qu'il y a une trop forte masculinisation dans l'ensemble du Mouvement, et cette masculinisation contient le germe de l'homosexualité.

Je vous demande de discuter de ces idées quand cela vous est possible -- mais en tout cas pas devant l'ensemble du corps des officiers. Discutez-en avec tel ou tel. Je vous prie de veiller à ce que vos hommes - je vous ai montré la voie - dansent avec des jeunes filles à la fête du solstice d'été. J'estime parfaitement juste d'autoriser nos jeunes candidats à organiser de temps à autre une soirée dansante en hiver. Nous n'y inviterons aucune jeune fille de sang impur, mais les meilleures. Nous donnerons à nos SS l'occasion de danser avec elles, de se montrer gais et joyeux. J'estime que c'est utile pour leur éviter de s'engager sur le mauvais chemin qui mène à l'homosexualité. Ce serait la raison négative. Mais il y a également une raison positive: ne nous étonnons pas que tel ou tel fasse un mauvais mariage et épouse une fille sans valeur raciale, si nous ne lui donnons pas l'occasion d'en connaître d'autres.

J'estime nécessaire de veiller à ce que les jeunes de quinze à seize ans rencontrent des filles à un cours de danse, à des soirées ou à des occasions diverses. C'est à quinze ou seize ans (c'est un fait prouvé par l'expérience) que le jeune garçon se trouve en équilibre instable. S'il a un béguin de cours de danse ou un amour de jeunesse, il est sauvé, il s'éloigne du danger. En Allemagne, nous n'avons pas besoin de nous préoccuper de savoir si nous mettons les jeunes trop tôt en contact avec les filles et si nous les poussons à avoir des relations sexuelles -- c'est un problème très sérieux, dont on parlait autrefois en riant et en disant des obscénités, mais Dieu merci c'est fini. Non, sous notre climat, étant donné notre race et notre peuple, un jeune de seize ans considère l'amour sous l'angle le plus pur, le plus beau, le plus idéaliste, et à partir du moment où il s'est épris d'une fille (je dois le redire clairement) il n'est plus question pour lui d'onanisme collectif avec des camarades, ni d'amitié à caractère sexuel avec des hommes ou des jeunes garçons.

A partir de ce moment, le danger est écarté. Nous devons maintenant réunir les conditions nécessaires, nous devons éliminer cette attitude qui règne aujourd'hui dans toute la jeunesse, et peut-être aussi dans la SS, et qui consiste à se moquer d'un homme qui accompagne une jeune fille ou qui se conduit correctement avec sa mère, ou encore qui se conduit en gentleman avec sa soeur. Là est le germe de l'homosexualité.

Je considère qu'il était de mon devoir de parler de ces problèmes avec vous, messieurs les généraux. C'est une chose extrêmement sérieuse, que les tracts et les théories modernes ne permettront pas de résoudre. Nous ne la résoudrons pas en disant tout simplement: "Mon Dieu, pourquoi notre peuple est-il aussi mauvais? Cette dépravation des moeurs est épouvantable... " Rien de tout cela ne résoudra la question. Si nous estimons qu'elle est résolue, je me demande pourquoi nous continuons à nous donner tant de mal. Si nous estimons qu'elle ne l'est pas, il nous faut admettre que dans ce domaine notre peuple a été mal dirigé...

Messieurs, les égarements sexuels provoquent les choses les plus extravagantes que l'on puisse imaginer. Dire que nous nous conduisons comme des animaux serait insulter les animaux. Car les animaux ne pratiquent pas ce genre de choses. Une vie sexuelle normale constitue donc un problème vital pour tous les peuples".

Source : Discours sur l'homosexualité, prononcé par Heinrich Himmler à Bad Tölz, le 18 février 1937. Texte extrait des annexes de Le Triangle Rose, Jean Boisson, Editions Robert Laffont, Paris, 1988.

Illustrations : (photos) Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, principal artisan de la persécution des homosexuels sous le régime nazi.