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Discours de Heinrich Himmler sur l'homosexualité (1937)

Chef de la S.S. dès 1929, ministre de l'Intérieur de Hitler à partir de 1943, Heinrich Himmler a utilisé les camps de concentration comme instrument de terreur politique et d'extermination raciale. Dans son discours de Bad Tölz prononcé le 18 février 1937 devant des officiers SS, Himmler explique le danger que représente à ses yeux l'homosexualité pour la nation allemande.

"Lorsque nous avons pris le pouvoir en 1933, nous avons découvert les associations d'homosexuels. Elles comptaient deux millions de membres. Les prudentes estimations des fonctionnaires chargés de ce problème indiquent jusqu'à quatre millions d'homosexuels en Allemagne. J'estime personnellement que les chiffres ne sont pas aussi élevés : je pense que tous ceux qui faisaient partie de ces associations n'étaient pas vraiment des homosexuels. D'autre part, je suis naturellement convaincu que tous les homosexuels n'étaient pas inscrits dans ces associations. J'estime qu'il y en avait un à deux millions. Mais un million, c'est vraiment le minimum, l'estimation la plus basse et la plus indulgente qu'il soit permis de faire en ce domaine.

Représentez-vous cela concrètement. Selon les derniers recensements, nous devons avoir soixante-sept à soixante-huit millions d'habitants en Allemagne, soit trente-quatre millions d'individus de sexe masculin, en prenant un chiffre rond. Nous avons donc environ vingt millions d'hommes en âge de procréer (il s'agit des hommes de plus de seize ans). Il peut y avoir une erreur d'un million, mais cela n'a pas d'importance.

Si j'admets qu'il y a un à deux millions d'homosexuels, cela signifie que 7 à 8% ou 10% des individus de sexe masculin sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. A long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel.

Si vous faites entrer en ligne de compte (ce que je n'ai pas encore fait) les deux millions d'hommes tombés à la guerre et si vous considérez que le nombre des femmes reste stable, vous pouvez imaginer combien ces deux millions d'homosexuels et ces deux millions de morts (donc quatre millions en tout) déséquilibrent les relations sexuelles en Allemagne : cela va provoquer une catastrophe.

Je vais développer devant vous quelques réflexions sur le problème de l'homosexualité. Il y a parmi les homosexuels des gens qui adoptent le point de vue suivant : "Ce que je fais ne regarde personne, c'est ma vie privée." Mais il ne s'agit pas de leur vie privée : le domaine de la sexualité peut être synonyme de vie ou de mort pour un peuple, d'hégémonie mondiale ou de réduction de notre importance à celle de la Suisse. Un peuple qui a beaucoup d'enfants peut prétendre à l'hégémonie mondiale, à la domination du monde. Un peuple de race noble qui a très peu d'enfants détient un billet pour l'au-delà : il n'aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et d'ici deux cents ou cinq cents ans, il sera mort.

En dehors de ces problèmes de nombre (je n'ai envisagé que ce cas-là), un tel peuple peut également disparaître en tant qu'Etat pour d'autres raisons encore. Nous sommes un État d'hommes, et malgré tous les défauts que ce système présente, nous devons absolument nous y accrocher. Car cette institution est la meilleure.

Au cours de l'histoire, il y a eu des Etats de femmes. Vous avez certainement entendu prononcer les mots de "droit matriarcal". Le royaume des Amazones n'était pas une fable, il a eu une réalité. Les Frisons surtout (et les peuples de marins en général) ont eu des institutions matriarcales dont on peut suivre l'existence et la trace jusqu'à nos jours. Ce n'est pas un hasard si les Hollandais aiment à être gouvernés par une reine ou si la naissance d'une fille, d'une reine, est saluée avec plus d'enthousiasme que celle d'un garçon. Ce n'est pas une bizarrerie, mais la marque d'un instinct ancestral des peuples de marins.

Depuis des siècles et des millénaires, les peuples germaniques, et particulièrement le peuple allemand, sont gouvernés par des hommes. Mais cet Etat d'hommes est en passe de se détruire lui-même en raison de sa tolérance de l'homosexualité. Selon moi, le principal défaut en matière d'administration est le suivant: que ce soit dans le domaine public, dans l'armée, dans l'organisation politique ou au sein de tout autre institution, les individus sont nommés en fonction de leurs résultats, sans tenir compte des insuffisances humaines. Même la nomination à l'un de ces postes de fonctionnaires si souvent coupés de l'existence est l'effet d'une sélection fondée sur les résultats obtenus : il faut avoir eu la meilleure note à l'examen. Dans ce cas, la sélection est faite d'après les notes parce que l'on prend d'abord celui qui a eu 1, puis celui qui a eu 1 ½ ou 1 ¼ , puis celui qui a eu 2, etc.

En ce qui concerne les postes administratifs qui sont également occupés par des femmes, aucun homme de bonne foi ne pourra prétendre que l'on y accède uniquement grâce à ses qualifications professionnelles, car, soyez honnêtes (nous sommes entre hommes et nous pouvons donc parler franchement), si vous cherchez une sténodactylo et que vous avez deux candidates, l'une affreusement laide, âgée de cinquante ans, qui fait trois cents syllabes (presque un génie en ce domaine, donc) et une autre, mignonne, de bonne race, âgée de vingt ans, mais qui ne fait que cent cinquante syllabes, vous prendrez certainement votre air le plus sérieux (ou je ne vous connais pas du tout) et trouverez mille raisons très morales pour engager la candidate de vingt ans qui fait moins de syllabes à la minute. L'autre est âgée, direz-vous, et pourrait tomber malade plus facilement. Que sais-je encore ? Bien. On peut en rire. Ce n'est pas méchant et cela n'a pas d'importance, car si elle est jolie, elle ne va pas tarder à se marier et de toute façon un poste de sténodactylo ne détermine pas la politique de l'État.

Mais la destruction de l'État commence lorsque, intervenant un principe érotique (je le dis avec le plus grand sérieux), un principe d'attirance sexuelle entre hommes, la qualification professionnelle, l'efficacité ne jouent plus dans cet État d'hommes le rôle qu'elles devraient jouer. Je vais vous citer un exemple pris dans la vie quotidienne, je dis bien "pris dans la vie quotidienne". J'ajoute qu'à mon avis, dans toutes les régions habitées aujourd'hui sur la terre, aucun service n'a accumulé autant d'expérience dans le domaine de l'homosexualité, de l'avortement, etc., que la Gestapo en Allemagne. Je crois que, dans ce domaine, nous pouvons parler d'expérience.

Le conseiller ministériel X est homosexuel et cherche parmi ses assesseurs un conseiller gouvernemental, mais il ne cherche pas nécessairement le plus efficace. Il ne choisira pas le meilleur juriste, il ne dira pas non plus : "l'assesseur X n'est certes pas le meilleur juriste, mais il est bien noté, il a de la pratique, et (ce qui pèse lourd dans la balance) il semble de bonne race et avoir une conception correcte du monde". Non, il ne prend pas un assesseur qualifié, ni de bonne apparence physique. Il choisit celui qui est lui aussi homosexuel. Ces gens sont capables de se repérer d'un bout à l'autre d'une salle. Lorsqu'il y a cinq cents hommes dans une soirée dansante, ils ont repéré au bout d'une demi-heure ceux qui ont le même penchant qu'eux. Les gens normaux comme nous ne peuvent imaginer comment cela est possible.

M. le conseiller ministériel choisit donc l'assesseur qui est le plus mal noté et dont la conception du monde est la plus mauvaise. Il ne lui pose aucune question sur ses capacités, mais va le présenter au directeur ministériel. Il chante ses louanges et justifie très sérieusement sa proposition. Cet assesseur entre maintenant en fonction, car il ne viendra jamais à l'idée du directeur ministériel de demander des renseignements plus précis ni d'étudier de plus près la proposition du conseiller ministériel. Il pense en effet que ce vieux fonctionnaire propose l'assesseur en fonction de son efficacité et de ses capacités. Il ne vient pas à l'esprit d'un homme normal que cet assesseur puisse être proposé en raison de ses penchants sexuels.

La chose n'en reste pas là, car l'assesseur, qui est désormais conseiller gouvernemental, va procéder de la même manière. Si vous trouvez à un poste quelconque un homme qui a ce penchant et si cet homme a un pouvoir de décision, vous pouvez être sûrs de rencontrer autour de lui trois, quatre, huit, dix individus ou plus encore qui ont le même penchant, car l'un entraîne l'autre, et malheur aux hommes normaux qui vivent avec ces gens. Ils sont condamnés. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent, ils seront anéantis. Je voudrais citer ici l'exemple d'un camarade à qui cela est arrivé. Le général SS von Woyrsch, qui combattait alors en Silésie, était placé entre le général SA Heines et le Gauleiter Brückner, tous deux homosexuels ; Brückner était également Premier président. Woyrsch a été persécuté pour avoir troublé cette merveilleuse entente, et non pas parce qu'on aurait dit : "Il n'est pas comme nous", mais toujours pour des motifs moraux, politiques, idéologiques, pour des motifs nationaux-socialistes.

L'homosexualité fait donc échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement. Elle détruit l'État dans ses fondements. A cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique. Il est faible et se montre lâche dans tous les cas décisifs. Je crois qu'à la guerre il peut faire preuve de courage de temps à autre, mais dans le domaine civil, ce sont les hommes les plus lâches que l'on puisse imaginer.

L'homosexuel ment également de façon maladive. Il ne ment pas (pour prendre un exemple cru) comme un Jésuite. Le Jésuite ment dans un but précis. Il raconte n'importe quoi avec un air rayonnant, tout en sachant qu'il débite des fables. Il a une justification morale : il ment pour la gloire de Dieu, ad majorem dei gloriam. La fin sanctifie les moyens. Il y a là toute une philosophie de la morale, une doctrine morale qui a été élaborée par saint Ignace de Loyola. Donc, le Jésuite ment et il le sait. Il n'oublie pas un seul instant qu'il ment. En revanche, l'homosexuel ment et croit ce qu'il dit. Lorsque vous demandez à un homosexuel s'il a fait ceci ou cela, la réponse est non. Je connais le cas d'homosexuels que nous avons interrogés et qui nous ont répondu: "Sur l'honneur de ma mère, je veux bien tomber raide mort si je mens". Trois minutes plus tard, nous leur présentions les preuves en disant : "Et ceci, alors ?" : ils ne sont évidemment pas morts et sont toujours là, malheureusement.

Au début, je ne comprenais pas. En 1933-1934, nous abordions les choses en parfaits ignorants. Pour l'homme normal, cela constituait et constitue toujours un monde tellement étranger que celui-ci ne peut absolument pas s'imaginer de quoi il retourne. Le général Heydrich et moi, ainsi que quelques autres personnes, avons vraiment dû apprendre des choses dans ce domaine, et uniquement lors de circonstances désagréables. Au début, je me fâchais quand de jeunes gens mentaient. Je comprends aujourd'hui qu'il leur est impossible de faire autrement. C'est pourquoi il ne me vient plus jamais à l'esprit de demander à un homosexuel s'il peut me donner sa parole. Je ne le fais plus, parce que je sais qu'il s'agit d'un mensonge. Au moment même où un homosexuel vous dit quelque chose avec des yeux larmoyants, il est persuadé qu'il dit la vérité. Les expériences que j'ai faites m'ont montré que l'homosexualité conduit pour ainsi dire à une totale extravagance intellectuelle, à une totale irresponsabilité.

L'homosexuel est naturellement un objet idéal de pression, d'abord parce qu'il est lui-même passible de sanctions, deuxièmement parce que c'est un type malléable, et troisièmement parce qu'il est veule et dépourvu de toute volonté.

De plus (je ne cherche qu'à vous présenter quelques exemples en ce domaine) l'homosexuel est possédé par un insatiable besoin de faire des confidences dans tous les domaines et tout particulièrement dans le domaine de la sexualité. La plupart du temps, vous constatez que celui qui se fait pincer vous donne sans aucune contrainte tous les noms qu'il connaît. Il n'y a donc (il faut bien que je me place de ce point de vue) aucune fidélité dans l'amour entre hommes, bien que ces gens prétendent s'aimer. L'homosexuel raconte tout de manière débridée, dans l'espoir sans aucun doute de pouvoir sauver sa peau.

Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l'Allemagne, la fin du monde germanique. La tâche n'est malheureusement pas aussi facile pour nous qu'elle le fut pour nos ancêtres. Pour eux, ces individus représentaient des cas isolés, des anormaux. L'homosexuel, que l'on appelait «Urning », était jeté au fond d'un marais. Ceux qui trouvent ces cadavres dans les marais ne se doutent certainement pas qu'il s'agissait dans quatre-vingt-dix cas sur cent d'homosexuels qui avaient été jetés tout habillés dans les marécages. Il ne s'agissait pas d'une punition. C'était simplement l'extinction d'une vie anormale. Il fallait les écarter, de la même manière que nous arrachons les orties et que nous en faisons des tas pour les brûler. Il ne s'agissait pas d'une vengeance: l'individu concerné devait disparaître.

Il en était ainsi chez nos ancêtres. Mais chez nous ce n'est malheureusement plus possible. Je voudrais maintenant vous parler très franchement de l'homosexualité dans la SS. Je souligne que je sais très exactement de quoi je parle. Ce n'est évidemment pas un sujet pour une conférence d'officiers, mais vous pouvez en faire part à tel de vos subordonnés au cours d'un entretien.

Aujourd'hui encore, il se présente tous les mois un cas d'homosexualité dans la SS. Nous avons de huit à dix cas par an. J'ai donc décidé la chose suivante : dans tous les cas, ces individus seront officiellement dégradés, exclus de la SS et traduits devant un tribunal. Après avoir purgé la peine infligée par le tribunal, ils seront internés sur mon ordre dans un camp de concentration et abattus pendant une « tentative d'évasion ». Dans chaque cas, le corps d'origine de cet individu en sera informé sur mon ordre. J'espère ainsi extirper ces gens de la SS - jusqu'au dernier. Je veux préserver le sang noble que nous recevons dans notre organisation et I'oeuvre d'assainissement racial que nous poursuivons pour l'Allemagne.

Mais le problème n'est pas résolu pour autant dans l'ensemble de l'Allemagne. Nous ne devons pas nous leurrer: traîner les homosexuels devant un tribunal et les faire interner ne résout pas le problème. Quand il sort de prison, l'homosexuel est tout aussi homosexuel qu'auparavant. Le problème reste donc entier. Il est résolu dans la mesure où le vice est stigmatisé, alors qu'auparavant il ne l'était pas. Avant, pendant et après la guerre, nous avions bien des lois sur ce sujet, mais il ne se passait rien. Je vais vous donner un exemple pour mieux me faire comprendre: en 1934, pendant les six premiers mois de notre activité en ce domaine, nous avons porté plus de cas devant les tribunaux que le præsidium de la police de Berlin pendant une période de vingt-cinq ans. Personne ne peut affirmer que cette inflation est due à l'affaire Röhm. Celle-ci nous a bien sûr causé un grand préjudice, mais ce vice était déjà florissant avant et pendant la guerre, et l'est devenu plus encore une fois la paix revenue.

Vous voyez, on peut régler toute sorte de problèmes grâce à des mesures administratives et policières. On peut régler le problème des prostituées, très anodin par rapport au précédent. Des mesures précises permettent de les insérer dans une organisation admissible pour un peuple de culture comme le nôtre. Dans ce domaine, nous faisons preuve d'une grande ouverture d'esprit, car on ne peut, d'un côté, vouloir éviter à la jeunesse de sombrer dans l'homosexualité, et de l'autre côté fermer toutes les issues. Ce serait de la folie. Finalement, empêcher toute possibilité de relations avec les filles dans les grandes villes - même si c'est pour de l'argent - équivaut à pousser un grand nombre de jeunes de l'autre côté.

Parmi toutes ces considérations, il ne faut pas oublier que l'Allemagne est malheureusement devenue un pays urbanisé aux deux tiers. Le village ne connaît aucun problème. Le village possède une réglementation saine et naturelle de tous ces problèmes. Là, malgré le pasteur et la morale chrétienne, malgré un sentiment religieux qui se maintient depuis des siècles, le jeune gars va frapper à la fenêtre de la fille. Le problème se résout ainsi. Il y a bien quelques enfants illégitimes, quelques personnes qui s'agitent dans le village, et le pasteur est content d'avoir un nouveau sujet de sermon. Les gars font exactement comme par le passé et (ne vous y trompez pas) comme dans les temps les plus anciens de notre histoire. Toute la théorie inventée pour les besoins de la cause et selon laquelle la jeune fille germanique, si elle a la malchance de ne se marier qu'à vingt-six ou trente ans, a vécu comme une nonne jusqu'à cette date, est un conte. En revanche, les lois sur le sang étaient strictes : aucun garçon ni aucune fille ne devaient se commettre avec un sang de valeur inférieure. La sévérité était extrême à ce sujet. On était également sévère sur autre chose: la femme infidèle était punie de mort, car un sang étranger risquait de pénétrer dans la famille.

Tout cela était naturel à cette époque. L'ordre était sain et raisonnable. Il allait dans le sens des lois naturelles et non à leur encontre, comme aujourd'hui.

Comme je l'ai dit, dans ce domaine, les problèmes seront un jour résolus, d'une manière ou d'une autre. Plus nous facilitons les mariages précoces (de telle sorte que nos hommes se marient à vingt-cinq ans) et plus le reste diminuera. Et tout rentrera naturellement dans l'ordre.

En revanche, le problème de l'homosexualité ne peut être réglé. Evidemment, je peux (c'est une question que nous avons soupesée dans tous les sens) faire incarcérer et enfermer dans les camps tous les jeunes dévoyés. C'est facilement réalisable. Mais je me pose une question : si je fais enfermer vingt mille jeunes dévoyés des grandes villes, je parviendrai peut-être à en ramener dans le droit chemin trois ou quatre mille suffisamment jeunes (dix-sept à dix-huit ans), et ceci grâce à la discipline, l'ordre, le sport et le travail. Nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas. Mais à partir du moment où il n'y aura plus de jeunes ayant ce penchant, les homosexuels risquent de chercher de nouvelles victimes. C'est donc une solution à double tranchant.

Dans la mesure où ils ne seront pas irrémédiablement corrompus, nous ferons arrêter et interner dans des camps tous ces jeunes de dix-sept ou dix-huit ans. Nous essaierons de les ramener à la raison et, comme je viens de le dire, nous y sommes déjà parvenus dans de nombreux cas.

Mais tout cela ne permet pas de résoudre le problème dans son ensemble. Je ne vois qu'une seule solution : empêcher les vertus d'un Etat d'hommes, les avantages des associations masculines de dégénérer en défauts. A mon avis, on constate une trop grande masculinisation de notre vie. Nous allons jusqu'à militariser des choses inimaginables. Je le dis très franchement : rien n'est aussi parfait que notre manière de faire avancer les hommes en rang et de faire des paquetages, mais je trouve catastrophique de voir les filles et les femmes (les jeunes filles surtout) circuler à travers le pays avec des paquetages parfaits. Cela donne envie de vomir. Je trouve catastrophique de voir les organisations féminines, les associations féminines, les communautés féminines s'occuper de choses qui détruisent le charme, la dignité et la grâce de la femme. Nous autres hommes (je parle de manière générale), cela ne nous concerne pas directement. Nous voulons, dans notre folie, faire de la femme un instrument de pensée logique, nous lui apprenons tout ce qui est possible. Je trouve cela catastrophique. Nous masculinisons les femmes de telle sorte qu'à la longue la différence sexuelle et la polarité disparaissent. Dès lors, le chemin qui mène à l'homosexualité n'est pas loin.

Selon moi, l'activité de l'Association des étudiants (pour prendre un exemple à l'intérieur du Mouvement) est une véritable catastrophe. Ces dernières années, elle consistait à faire de magnifiques paquetages et à faire l'exercice. Je n'ai pas besoin de l'Association des étudiants pour cela.

J'ai discuté récemment avec le nouveau Führer de cette Association, et je lui ai dit: "Mon cher Scheel, si jamais vous vous faites pincer en train de faire l'exercice avec vos camarades, je deviendrai votre ennemi mortel. Dans les foyers d'étudiants, on fournit un travail intellectuel, on exerce une activité intellectuelle, et on met de l'ordre dans la société".

J'ai vu une fois un journal étudiant (je crois que c'était celui de l'Association de Silésie). Sur la page de titre de ce journal consacré au travail intellectuel des jeunes universitaires, on voyait huit hommes sur deux rangs, tandis que leur Führer intellectuel vérifiait l'alignement. C'est en soi le travail du sous-officier, de l'adjudant, du chef de compagnie ou du chef de bataillon, qui ont justement la manie de toujours vérifier l'alignement, mais ce n'est en aucun cas le rôle d'une institution intellectuelle. Quand on dit de nous à l'étranger que nous avons la discipline militaire pour toute compétence, ce n'est pas tout à fait aussi faux qu'on peut le penser.

On soulève maintenant le problème suivant : "La SS prétend être un Ordre. Le parti prétend aussi être un Ordre." Ces deux affirmations ne s'excluent pas l'une l'autre. Nous sommes, je le dis très clairement, un ordre national-socialiste (et voici la définition raciale) d'hommes du Nord, et une communauté jurée de clans. Nous sommes avant tout un ordre militaire, non pas L'ordre, mais UN ordre national-socialiste et militaire, lié par la discipline et par le sang nordique. Une communauté de clans, si vous voulez. Autrefois, on aurait parlé d'une confrérie de nobles. Mais c'est à dessein que je n'emploie pas cette expression. Simplement, je veux dire par là que notre tâche est orientée dans le sens d'une discipline humaine, alors que la tâche de l'ordre politique s'oriente vers la direction politique.

A partir du moment où le Parti est un ordre politique, il doit se préoccuper de façon croissante du contenu intellectuel, et s'écarter de plus en plus des aspects militaires, tels que le paquetage, les rassemblements, etc. Et cela s'applique au plus petit détail. J'ai beaucoup discuté de ces problèmes avec le camarade Ley qui a une grande intelligence de ce genre de choses. Je lui ai ainsi demandé au sujet du rassemblement (vraiment très réussi) des chefs politiques à Nuremberg: "Pourquoi donnez-vous des ordres ? Personnellement, je ne le ferais pas."Il y avait là cent mille chefs politiques. Il faudrait déjà des soldats bien entraînés pour que le commandement "Repos ! Levez les drapeaux ! Baissez les drapeaux !" soit exécuté impeccablement par cent mille hommes à la fois ! "Pourquoi ne pas se contenter de demander de lever et d'abaisser les drapeaux ? Cela revient exactement au même, mais sous une forme qui n'est pas excessivement virile, soldatesque et militaire. Pourquoi faut-il donner des ordres pour ce genre de choses ?" Voilà quelques réflexions sur l'ensemble de ces problèmes.

J'en reviens à mon sujet. Je disais que nous masculinisions trop fortement notre existence. Nous masculinisons également trop notre jeunesse. Je vais vous donner quelques exemples que vous pourrez multiplier à volonté, grâce à votre expérience personnelle ou à ce que vous aurez vu autour de vous.

Certains jeunes disent à leur mère : "Dis, quand on défile dans les Jeunesses hitlériennes, fais attention à ne pas passer près de nous. Je te ferais bien un signe mais les autres se moqueraient de moi. Ils me traiteraient de fi-fils à sa maman et de nouille". Selon moi, ce genre de réflexions est une véritable catastrophe pour un peuple. Il est catastrophique pour un pays que les jeunes garçons aient honte de leur mère ou de leur soeur, ou qu'ils soient amenés à avoir honte des femmes, en l'occurrence celles qui leur sont le plus proches, leur mère ou leur soeur - qui est une femme en puissance. Il est catastrophique qu'un jeune soit raillé au-delà de la normale parce qu'il est amoureux d'une fille, que pour cette raison on ne le prenne pas au sérieux, qu'on le considère comme un faible, qu'on lui dise que les durs ne s'occupent pas des filles. "Il n'y a que des amitiés de garçons. Ce sont les hommes qui décident sur terre", lui dit-on. L'étape suivante, c'est l'homosexualité. Ce sont les idées de M. Blüher : "D'une manière générale, la plus grande forme d'amour n'est pas celle qui existe entre un homme et une femme. A cause des enfants, c'est quelque chose d'animal. La plus grande forme d'amour est l'amour sublimé qui lie deux hommes. Dans l'histoire du monde, les plus grandes choses en sont sorties." Tout ceci n'est que le mensonge éhonté de ces individus qui revendiquent pour eux Alexandre le Grand et Bismarck. Il n'y a pas de grand homme que les homosexuels ne revendiquent : César, Sulla, etc. Je crois que, Don Juan mis à part, ils les revendiquent tous. Cela est présenté de manière attrayante aux jeunes qui font partie d'un mouvement déjà extraordinairement masculinisé et qui vivent dans des camps d'hommes où ils n'ont pas la possibilité de rencontrer de jeunes filles. Selon moi , il ne faut pas s'étonner que nous ayons pris le chemin de l'homosexualité.

Je crois qu'un changement radical ne peut naître que de ceci : nous devons (c'est une chose particulièrement urgente pour la SS) faire des SS et des jeunes, dans la mesure où nous avons de l'influence sur eux, des hommes chevaleresques, de jeunes chevaliers. C'est la seule solution à notre portée pour nous démarquer nettement et ne pas tomber dans l'état de choses qui règne chez les Anglo-Saxons et les Américains. J'ai dit un jour à une Anglaise qui trouvait épouvantable que les hommes saluent les femmes en premier: "Je suppose que chez vous les poules se pavanent autour du coq ? Ce serait donc différent de ce qui se passe ailleurs ?" Une conséquence des trop nombreux privilèges accordés à la femme en Amérique, c'est qu'aucun homme n'ose plus regarder une jeune fille. S'il le fait, il paraît devant un tribunal matrimonial qui le condamne à payer des dommages et intérêts. En Amérique, l'homosexualité est devenue une mesure de protection absolue pour les hommes, en raison de l'esclavage dans lequel ils sont maintenus par les femmes. Là-bas, la femme peut se comporter comme un boa: elle étouffe l'homme, tout simplement. Jamais personne ne la remet dans le droit chemin. C'est bien le meilleur exemple de tyrannie féminine !

Chez nous, il n'y a aucun danger que l'attitude chevaleresque de l'homme soit exagérée et exploitée par l'autre partie. En Allemagne, l'habitude et l'éducation ne poussent pas les femmes à cela. Nous devons absolument faire de nos jeunes des hommes chevaleresques, des hommes qui se font les champions des femmes.

Récemment, j'ai dit à l'un des chefs des Jeunesses hitlériennes : "Vous êtes bien peu chrétiens en général, mais votre attitude envers les femmes relève du plus pur christianisme. Elle est aussi chrétienne que possible". Il y a cent cinquante ans, une thèse a été soutenue dans une université catholique sous le titre : « La femme a-t-elle une âme? » Rien qu'à cela, on aperçoit la tendance du christianisme qui vise à détruire la femme et qui cherche à mettre en évidence son infériorité. Je suis absolument convaincu que tout le clergé et le christianisme ne cherchent qu'à établir une association érotique masculine et à maintenir ce bolchevisme qui existe depuis deux mille ans. Je connais très bien l'histoire du Christianisme à Rome, et cela me permet de justifier mon opinion. Je suis convaincu que les empereurs romains qui ont exterminé les premiers chrétiens ont agi exactement comme nous avec les communistes. A cette époque, les chrétiens constituaient la pire lie des grandes villes, les pires Juifs, les pires bolchevistes que l'on pouvait imaginer.

Le bolchevisme de cette époque a eu le courage de grandir sur le cadavre de Rome. Le clergé de cette Eglise chrétienne (qui, plus tard, a soumis l'Église aryenne après des combats infinis) essaie, dès le IVe ou le Ve siècle, d'obtenir le célibat des prêtres. Il se fonde pour ce faire sur saint Paul et les tout premiers apôtres, qui présentaient la femme comme le symbole du péché et n'autorisaient (ou ne recommandaient) le mariage que comme moyen légal d'échapper à la fornication (c'est ce qui est écrit dans la Bible), et ne présentaient les enfants que comme un mal nécessaire. Ce clergé a poursuivi le même chemin au cours des siècles, jusqu'à ce que le célibat des prêtres devienne une réalité en 1139.

Je suis d'autre part convaincu que la confession auriculaire permet aux quelques prêtres qui ne veulent pas se soumettre à cette homosexualité de se procurer les femmes et les filles dont ils ont besoin, et en particulier les curés de campagne. Selon moi, la majorité d'entre eux sont hétérosexuels (plus de cinquante pour cent), alors que j'estime qu'il y a dans les couvents 90 ou 95%, voire 100%, d'homosexuels.

Si nous reprenions aujourd'hui les procès contre les prêtres homosexuels et si nous traitions les prêtres comme tous les citoyens allemands, je pourrais garantir deux cents procès et plus pour les trois ou quatre prochaines années. Si nous ne pouvons instruire ces procès, ce n'est pas parce que nous manquons de cas, mais tout simplement parce que nous ne disposons pas du nombre de fonctionnaires et de juges nécessaires pour cette tâche. Mais dans quatre ans nous apporterons - je l'espère - une preuve très convaincante: nous prouverons que l'Église, tant au niveau de ses dirigeants que de ses prêtres, constitue dans sa majeure partie une association érotique d'hommes qui terrorise l'humanité depuis maintenant mille huit cents ans, qui exige qu'elle lui fournisse une énorme quantité de victimes, et qui dans le passé s'est montrée sadique et perverse. Je n'ai qu'à citer les procès des sorcières et des hérétiques.

La dépréciation de la femme est une attitude typiquement chrétienne, et à notre époque - et bien que nous soyons nationaux-socialistes -, nous avons repris cet héritage mental. Même certains païens inébranlables l'ont fait. Je connais beaucoup de camarades du Parti qui se croient obligés de manifester une grande fermeté dans leur manière de concevoir le monde, et de se montrer particulièrement virils en se comportant avec grossièreté et brutalité à l'égard des femmes.

Nous avons d'autre part une certaine tendance à exclure autant que possible les femmes des fêtes et des cérémonies. Les mêmes viennent ensuite se plaindre que les femmes restent parfois fidèles à I'Eglise, ou bien qu'elles ne sont pas gagnées à cent pour cent à la cause nationale-socialiste. Ils n'ont pourtant pas à se plaindre -- ils traitent les femmes comme des êtres de second ordre et les tiennent à l'écart de toute notre vie intérieure. Il ne faut donc pas s'étonner qu'elles ne nous soient pas encore tout à fait gagnées. Nous devons bien voir que le mouvement, la conception du monde national-socialiste ne peuvent subsister que s'ils sont portés par les femmes, car les hommes saisissent les choses avec leur entendement, alors que les femmes les saisissent avec leur coeur. Ce sont les femmes allemandes qui ont fourni le plus de victimes aux procès de sorcellerie et d'hérésie et non les hommes. La prêtraille sait très bien pourquoi elle a brûlé de cinq à six mille femmes. C'est justement parce qu'elles s'accrochaient sentimentalement à l'ancienne science et à l'ancienne doctrine, parce que leurs sentiments et leur instinct ne leur permettaient pas de s'en détourner, alors que les hommes, de manière logique et conforme à leur intelligence, avaient changé leur fusil d'épaule.

J'en reviens à notre problème. J'estime qu'il y a une trop forte masculinisation dans l'ensemble du Mouvement, et cette masculinisation contient le germe de l'homosexualité.

Je vous demande de discuter de ces idées quand cela vous est possible -- mais en tout cas pas devant l'ensemble du corps des officiers. Discutez-en avec tel ou tel. Je vous prie de veiller à ce que vos hommes - je vous ai montré la voie - dansent avec des jeunes filles à la fête du solstice d'été. J'estime parfaitement juste d'autoriser nos jeunes candidats à organiser de temps à autre une soirée dansante en hiver. Nous n'y inviterons aucune jeune fille de sang impur, mais les meilleures. Nous donnerons à nos SS l'occasion de danser avec elles, de se montrer gais et joyeux. J'estime que c'est utile pour leur éviter de s'engager sur le mauvais chemin qui mène à l'homosexualité. Ce serait la raison négative. Mais il y a également une raison positive: ne nous étonnons pas que tel ou tel fasse un mauvais mariage et épouse une fille sans valeur raciale, si nous ne lui donnons pas l'occasion d'en connaître d'autres.

J'estime nécessaire de veiller à ce que les jeunes de quinze à seize ans rencontrent des filles à un cours de danse, à des soirées ou à des occasions diverses. C'est à quinze ou seize ans (c'est un fait prouvé par l'expérience) que le jeune garçon se trouve en équilibre instable. S'il a un béguin de cours de danse ou un amour de jeunesse, il est sauvé, il s'éloigne du danger. En Allemagne, nous n'avons pas besoin de nous préoccuper de savoir si nous mettons les jeunes trop tôt en contact avec les filles et si nous les poussons à avoir des relations sexuelles -- c'est un problème très sérieux, dont on parlait autrefois en riant et en disant des obscénités, mais Dieu merci c'est fini. Non, sous notre climat, étant donné notre race et notre peuple, un jeune de seize ans considère l'amour sous l'angle le plus pur, le plus beau, le plus idéaliste, et à partir du moment où il s'est épris d'une fille (je dois le redire clairement) il n'est plus question pour lui d'onanisme collectif avec des camarades, ni d'amitié à caractère sexuel avec des hommes ou des jeunes garçons.

A partir de ce moment, le danger est écarté. Nous devons maintenant réunir les conditions nécessaires, nous devons éliminer cette attitude qui règne aujourd'hui dans toute la jeunesse, et peut-être aussi dans la SS, et qui consiste à se moquer d'un homme qui accompagne une jeune fille ou qui se conduit correctement avec sa mère, ou encore qui se conduit en gentleman avec sa soeur. Là est le germe de l'homosexualité.

Je considère qu'il était de mon devoir de parler de ces problèmes avec vous, messieurs les généraux. C'est une chose extrêmement sérieuse, que les tracts et les théories modernes ne permettront pas de résoudre. Nous ne la résoudrons pas en disant tout simplement: "Mon Dieu, pourquoi notre peuple est-il aussi mauvais? Cette dépravation des moeurs est épouvantable... " Rien de tout cela ne résoudra la question. Si nous estimons qu'elle est résolue, je me demande pourquoi nous continuons à nous donner tant de mal. Si nous estimons qu'elle ne l'est pas, il nous faut admettre que dans ce domaine notre peuple a été mal dirigé...

Messieurs, les égarements sexuels provoquent les choses les plus extravagantes que l'on puisse imaginer. Dire que nous nous conduisons comme des animaux serait insulter les animaux. Car les animaux ne pratiquent pas ce genre de choses. Une vie sexuelle normale constitue donc un problème vital pour tous les peuples".

Source : Discours sur l'homosexualité, prononcé par Heinrich Himmler à Bad Tölz, le 18 février 1937. Texte extrait des annexes de Le Triangle Rose, Jean Boisson, Editions Robert Laffont, Paris, 1988.

Illustrations : (photos) Heinrich Himmler, Reichsführer-SS, principal artisan de la persécution des homosexuels sous le régime nazi.

De la fascination à la persécution

"L'art nazi s'avère être une des clefs d'analyse et de compréhension du régime national-socialiste" (Léon Poliakov). En tout cas, il permet d'appréhender la fascination exercée par l'homosexualité sur les nazis et son retournement en une impitoyable persécution.

Au lendemain de la défaite allemande de 1918, le rêve d'un retour à l'état de nature déferla sur le pays dévasté, qui réveilla de nombreuses tentatives de résurrection des cultes germaniques préchrétiens. Une glorification mythique de la "virilité", une relégation des femmes à l'église, la cuisine et la nurserie (Kirche, Küche, Kinder, les 3 "K") balisèrent sournoisement les voies à une ambiguïté certaine quant à l'homosexualité. Le Parti Social Démocrate allemand (SPD), premier parti politique allemand sous Weimar, soutient la lutte homosexuelle mais de façon feutrée. Le Parti Communiste allemand, lui, s'affirma comme le meilleur défenseur de la cause homosexuelle : "la classe dirigeante utilise le code pénal pour satisfaire ses instincts sadiques : il est de son intérêt de réguler la vie sexuelle des classes populaires et aussi de tenir en tutelle le prolétariat" (F. Tamagne). Mais l'un et l'autre déclencheront des campagnes homophobes pour stigmatiser "l'homosexualité bourgeoise, perversion fasciste".

L'homophobie hystérique, dont le champion fut Heinrich Himmler, ne fut pas la position initiale du Parti national-socialiste, même si son impitoyable logique interne devait le mener à une hostilité radicale face à l'homosexualité. Le premier ouvrage de Hans Blücher, proche des SA, "affirma la composante homoérotique des mouvements de jeunesse allemande, base d'une théorie globale de l'Etat Viril" (Françoise Tamagne). S'appuyant sur les travaux et théories d'Adolf Brand, son exact contemporain, fondateur de la Gemeinschaft der Eigenen (Communauté des Particuliers), il veut fonder une société élitiste, aristocratique, un état culturel réunissant de jeunes hommes de valeur, unis par les liens invisibles de leur amour" (F.T. opus cité). "La société masculine est le moyen idéologique de se protéger de la nuit sociale. L'homoérotisme est la voie d'accès aux sphères suprêmes de l'Etat : il est à l'origine du pouvoir". L'idéologie qui sous-tend les mouvements qui s'en inspirent, nationalistes et réactionnaires, est ainsi décrite par Nicolaus Sambart ("Chroniques d'une jeunesse berlinoise, 1933-1943, cité par F. Tamagne) : "un culte de la virilité, de la camaraderie, de la fidélité (…) dont le but était l'érotisme masculin ou, pour m'exprimer sans voile, les relations homosexuelles qu'entretenaient les membres de l'équipe de base, au centre de laquelle se trouvait le guide charismatique, le héros des hommes."

La mythologie et l'art nazis s'inscriront très exactement dans cette optique. Le mythe de l'arianité servira à l'exaltation de "l'homme nouveau" dont les attributs sont la virilité et la camaraderie, la force et la vaillance. La "nouvelle race des seigneurs" s'illustre par sa robustesse et sa santé physique, signes d'humanité et d'équilibre. Arno Breker et Joseph Thorak dérivent de la beauté, de la perfection corporelle à l'exaltation de la force brutale par la démesure musculaire et la dureté des traits du visage imprimés dans la pierre. L'homoérotisme est plus que suggéré par l'art nazi qui prône le culte du corps masculin, nu, huilé et musclé, offert en des poses athlétiques suggestives, qui ne peuvent que faire naître le désir du spectateur pour un corps si parfait - non sans qu'à l'admiration et l'envie ne se mêlent des sentiments plus troubles que fortifient les incessants appels à la "camaraderie virile".

La production cinématographique du IIIe Reich est très marquée par l'homoérotisme. L'amitié masculine, la beauté virile, l'héroïsme en sont des constantes. L'ardeur de la jeunesse, son enthousiasme, son indépendance sont les forces régénératrices de la nation allemande, mais tout cela est miné par un malentendu ravageur. Quelqu'aît pu apparaître une "homosexualité à la mode", et même si une certaine "communauté homosexuelle" brasse les classes sociales et défie les catégories où l'on se plaît à classer les homosexuels, ceux-ci, jusque dans l'affirmation de leurs différences qu'ils veulent voir reconnues, répugnent à cette réduction de l'originalité de chacun disparue, fondue en une masse uniforme, but ultime du système nazi. Il y a autant de constructions identitaires homosexuelles que d'individus. Ce sont les aléas d'un cheminement plus ou moins long, tour à tour douloureux et épanouissant, qui permettent à tout un chacun de reconnaître sa singularité et de l'accepter. Si, dans toute existence, l'interpénétration des sphères publique et privée est le résultat d'un dosage jamais acquis une fois pour toutes, cela se vérifie encore davantage dans la vie des homosexuels. A la question de l'homosexualité, chacun ne peut donner qu'une réponse individuelle, mais la question n'est pas posée à tous de la même façon, au même âge, au même degré de connaissance de soi-même, des liens en soi-même de l'affectivité et de la sexualité. Les homosexuels n'ont pas bâti leur identité sur des expériences uniques, mais le plus souvent avec les uns, homosexuels ou non, et contre les autres. Socialement, mais aussi politiquement, ils furent souvent instrumentalisés au service, fût-ce dans l'exécration, d'une cause qui n'était pas la leur.

Les discoboles, de Karl Abiker, réalisés pour les Jeux olympiques de Berlin, en 1936.Sous la République de Weimar déjà, l'Allemagne vaincue prônait le redressement de la nation par le sacrifice individuel, mais l'entre-deux-guerres fut aussi la féconde période des "années folles". Les jeunes voulaient se démarquer de la "génération sacrifiée", celle de leurs parents. Le corps sain et sportif que l'on offre en modèle est pour les uns un appel à la joie de vivre en liberté, pour les autres l'objet du sacrifice demandé par la Patrie, le Parti, la Race.

Le surinvestissement de la virilité, par laquelle on est censé gagner la guerre, exaltation de la violence, de la brutalité refusées par les uns, est pour les autres appel au plaisir. Les théories des porteurs de torches, guerriers blessés et autres colosses nus à la musculature hypertrophiée sont pour les uns symboles de héros vainqueurs, d'exemples à reproduire par le sacrifice de soi et pour d'autres des victimes abîmées dans un désastre national, dont l'immolation ne fut qu'une criminelle aberration. Le contresens et le malentendu ne pourront résister aux coups de butoir du national-socialisme.

Dès l'avènement au pouvoir de Hitler, la persécution homophobe commence, et il faut remarquer qu'aussitôt elle s'accompagne d'un sadisme que l'on ne peut comprendre que comme l'aveu inversé de la fascination exercée sur les tenants du pouvoir par l'homosexualité, une façon de se dédouaner, de se déculpabiliser par le crime de toute honte d'un désir inassouvi. La lutte du nazisme contre l'homosexualité sera sans merci.

Le désir homosexuel est abhorré par l'idéologie nazie. L'homme aryen ne peut que désirer la domination de sa race sur tout autre, l'écrasement du plus faible par le plus fort. La femme de par sa nature biologique ne peut avoir d'autre rôle social que celui de la maternité pour la survie de la patrie et le bien de l'Etat. "En dehors de la maison familiale, la jeunesse allemande doit être éduquée physiquement, spirituellement et socialement dans l'esprit du national socialisme au service du peuple et de la communauté nationale" (loi du 22.12.36). L'homosexualité manifeste la dégénérescence de l'Occident. "L'homosexualité est un danger pour l'Etat : elle porte atteinte au caractère et à l'existence civique des hommes" (Dr Lorenz). Dès 1935, tout acte inspiré par le désir sexuel d'un homme à l'égard d'un autre homme est déclaré criminel par nature, et le juge est invité par la loi à apprécier le juste châtiment sur la base d'un "sentiment général sain" et des "sources non écrites du droit", autrement dit, laissé à sa discrétion.1936. Himmler devient chef de la police nazie. Avec lui, la terreur anti-homosexuelle s'organise : éradication et rééducation. Les homosexuels sont ravalés au plus bas degré d'une prétendue échelle d'humanisation. Le nazisme veut enregistrer, recenser, réprimer tout acte homosexuel. Rien ne doit échapper au contrôle de l'Etat.

La sexualité normale ne peut être que reproductrice : avortement et homosexualité sont donc des crimes, mais certains coupables sélectionnés pourraient peut-être, par les soins de L'Institut allemand de recherches psychologiques et psychothérapiques, être réorientés vers la normalité. Le traitement des homosexuels ne fut jamais homogène : certains furent lourdement condamnés, d'autres épargnés. La détention préventive de 12 à 24 mois durera aussi longtemps que nécessaire, "au gré des chefs de camp de réforme ou de camp de travail. De 1937 à 1940, 90 000 homosexuels furent fichés. Certains prisonniers pouvaient être relâchés s'ils témoignaient d'une certaine attirance pour les femmes. Beaucoup moururent sous la torture, de malnutrition, des suites de pseudo expériences médicales pour lesquelles les homosexuels étaient particulièrement recherchés. Il sera à jamais impossible de dire combien d'homosexuels succombèrent à la répression nazie. L'accusation d'homosexualité servit facilement le régime nazi dans l'élimination de ses opposants. Il s'en servit notamment contre l'Eglise catholique qui ne cessait de protester contre l'école unique en Allemagne. Au lendemain de l'encyclique de Pie XI "mit brennender Sorge" du 14 mars 1937 qui condamnait les fondements idéologiques du nazisme, le 30 mai 1937, devant 25 000 personnes réunies à Berlin, Joseph Goebbels, exploitant les plus bas instincts d'une foule chauffée à blanc contre "les corrupteurs de la jeunesse", poussait ses sbires à faire hurler par la multitude : "Pendons-les ! Massacrons-les !". De 1937 à 1945, plus de 4 000 membres du clergé allemand moururent de faim, de maladie ou sous la torture dans les camps de concentration. Dans bien des cas d'élimination décidée par le pouvoir suprême hitlérien, l'accusation d'homosexualité, fut-elle totalement infondée, fit son œuvre.

Les fantasmes sexuels, homosexuels, qui firent pour une part le succès du nazisme (retour à la nature, force et discipline de garçons hiérarchisés par leurs exploits sportifs) sont ceux-mêmes qui, dévoyés par l'impérialisme, la confiscation de toute liberté, l'exaltation fanatique d'une mythique pureté raciale dans l'imaginaire collectif, serviront, la guerre approchant, à mobiliser les énergies contre ces éternels marginaux, ces insoumis que sont les homosexuels.

Rien n'est jamais définitivement conquis. L'identité d'une personne ne peut se fonder entièrement sur son orientation psychoaffective et sexuelle. Elle se construit tout au long des âges de la vie. Chaque individu doit, sinon en justifier la cohérence, du moins s'efforcer d'y donner sens, signification et orientation, pour lui-même mais aussi dans et pour la société dont il est partie prenante. Aucune idéologie totalitaire, de droite ou de gauche, ne pourra jamais s'accorder à cette dangereuse liberté humaine, à ce risque que présente un désir homosexuel hors norme.

Sources :
Histoire de l'Homosexualité en Europe, Florence Tamagne, Ed. du Seuil, Paris, mai 2000.
L'Art nazi, Adelin Guyot et Patrick Restellini, Ed. Complexe, Bruxelles, 1996.

Texte : Blaise Noël, psychologue-psychothérapeute, 2000.

Illustrations : (en haut, à gauche) Nazi dévisageant un camarade tombé au combat. Origine : Deutschland erwacht - (Hamburg: Cigaretten- Bilderdienst Hamburg-Bahrenfeld). Voir site "Nazi propaganda: 1933-1945". (En bas à droite) Les discoboles, de Karl Abiker, sculpture réalisée pour les Jeux olympiques de Berlin, en 1936.

The Petition Against Paragraph 175


The petition campaign was launched in 1897. Its aim was to collect as many signatures as possible of prominent political and artistic figures, scientists, and doctors, on a petition calling for the removal of homosexual acts from criminal status, except in cases involving the use of force, or arousing "public annoyance," or when performed between an adult and a minor under the age of 16.

Supporters and proponents of the petition stressed several points in their effort to expose the injustice of the antigay law: that since the Napoleonic Code was adopted in 1810, homosexual acts were legal in most countries in Europe, and that this had led to no ill side-effects for society; that the law punished sexual acts between two men but left unpunished the same acts when performed between a man and a woman or between two women; that it left millions of citizens prey to blackmailers and extortionists; that rather than deliver gays from their harmless and enjoyable penchant for same-sex relations, the law drove them to despair and frequently suicide.

The [Scientific Humanitarian] Committee gave top priority to its petition campaign. For years, the first article in its yearly and quarterly reports was frequently a detailed report on the current status of the struggle, with reprints from the press, correspondence, etc., indicating what response the Committee had received, and keeping its supporters up to date on the progress being made.

In its October 1910 issue, for instance, the Committee noted: "At present, the most timely and important question for the movement for homosexual liberation seems to us to be the public opinion, and in particular the opinion of specialists, on Paragraph 250 (previously Paragraph 175) of the new draft penal code. Therefore, now as before, we shall orient our readers to all publications that take a stand either for or against the paragraph. The scope of material being published on this matter, however, is so great that we can only reproduce a few of the most typical examples."

While at times the petition campaign slackened -- as it did, for instance, when the Committee struggled to defend itself during the antigay witch hunt of 1907 and also under the ravages of the first world war -- it was never abandoned. Indeed, its most vigorous effort appears to have come after the war, when the Committee formed a united front in 1920 with two other gay groups - the German Friendship Association and the Community of the Special -- to press forward the fight against the law.

From the very start the Committee wom prominent supporters to the gay cause. On January 13, 1898, its first major supporter took the floor of the Reichstag to argue for the petition. He was the great Social-Democratic leader, August Bebel.

In addition to signing the petition, Bebel took copies of it into the Reichstag and urged his colleagues to add their names as well. Ridiculing the bourgeois government's approach to the matter, Bebel pointed out: "The number of these persons [gays] is so great and reaches so deeply into all social circles, from the lowest to the highest, that if the police dutifully did what they were supposed to, the Prussian state would immediately be obliged to build two new penitentiaries just to handle the number of violations against Paragraph 175 committed within the confines of Berlin alone."

At this point, the record of the proceedings indicates a commotion, with apparently a cry of protest from a certain von Levetzow. Bebel continued, "That is not an exaggeration, Herr von Levetzow; it concerns thousands of persons from all walks of life... But gentlemen, let me say one thing... If with regard to this law the Berlin police did their duty all the way, then there would be a scandal such as the world has never known, a scandal compared to which the Dreyfus scandal, the Lützow-Ledert and the Tausch-Normann-Schumann scandals are pure child's play."

Bebel's conception of the extensiveness of homosexual behavior was advanced for the period, half a century before the Kinsey investigations, and with anthropology only in its infancy. The Reichstag member who was so shocked by Bebel's remarks was probably typical of most people then, in viewing homosexuality as a rare, mysterious, and unnatural phenomenon.

This, like a subsequent speech by Bebel on the petition campaign in 1907, was punctuated throughout by supporting shouts of "Hear! Hear!" from the Social-Democratic benches.

The Committee carried on a phenomenal amount of propaganda activity around its petition. In 1899, for instance, it sent a letter to Roman Catholic priests throughout the country requesting them to take a stand on the question of gay oppression and gay rights. In 1900, it sent copies of its Yearbook with the responses it had received, a pamphlet on the law, and a letter to all the members of the Reichstag and of the Federal Council. It also sent a letter to 2,017 daily newspapers; another to more than 8,000 top administrative officials, provincial councillors, mayors, and justice, police, and railroad officials; and yet another to public prosecutors and presidents of criminal courts throughout the entire Reich. The latter dealt in particular with a recent spate of convictions in the province of Hannover for homosexual acts, or, in legalese, "unnatural lewdness." In 1901, it sent 8,000 copies of the petition to judges. Ads were regularly placed in the press on behalf of its efforts.

The Committee also decided, in 1903, to publish "a generally understandable and convincing piece of propaganda that will make it possible to reach the broadest layers of the public with a refutation of the false conceptions that still often hold sway about the nature of Uranianism." Within four years this pamphlet, entitled What the People Should Know About the Third Sex, went into nineteenth edition.

Support for the petition was not limited to a few isolated stars. More than 6,000 prominent figures signed it, of whom half were doctors. Some of the others were: Finance Minister Rudolf Hilferding, Hermann Hesse, Franz Werfel, George Grosz, Krafft-Ebing, Karl Kautsky, Eduard Bernstein, Lou Andreas-Salomé, Max Brod, Martin Buber, Albert Einstein, Käthe Kollwitz, Heinrich Mann, Thomas Mann, Carl Maria Weber, Stefan Zweig, Grete Meisel-Hess, Gerhardt Hauptmann, Karl Pauli, Rainer Maria Rilke, and Arthur Schnitzler.

In addition to German signers, the petition received the (unsolicited) backing of a number of outstanding international personalities, among them Zola, Tolstoy, the Danish critic Georg Brandes, and Norway's most prominent nineteenth-century poet, Bjoernstjerne Bjoernson, who sent Hirschfeld the following note in December 1901: "For more than twenty years I have viewed this matter the same way you do, and if I were a German, I would sign."

Zola had been working on a novel called Le Roman d'un inverti (The Novel of an Invert), but he abandoned it because he was afraid to publish it. In a letter to Dr. Laupts on the subject of homosexuality, published in the preface of the latter's book Perversion et perversités sexuelles (Perversion and Sexual Perversities), Zola observed that "anything that relates to sex relates to social life itself. An invert is a disorganizer of the family, of the nation, of humanity."

On October 18, 1907, more than 2,000 people attended a debate on Paragraph 175. The Committee later described the debate as "a high point of the movement, so to speak, which was soon to go into a sudden decline." The "decline" was brought on by the hysteria surrounding a series of trials involving homosexuality and prominent gays. The scandals lasted for several months and had a generally conservatizing effect on public opinion.

In late 1910 a new draft penal code was introduced that proposed to extend criminal status to include sexual acts between women. This move brought a new dimension to the struggle -- the involvement of women's liberation groups.

By early 1911, meetings of women's organizations were being held throughout Germany to discuss ways to fight the proposed extension and to link the struggle of women with that of gays. A broad range of groups took up this matter, including Social-Democratic and bourgeois women's organizations.

One such meeting, reported at length in the Social-Democratic Vorwärts, was held in Berlin on February 10, 1911, by the local branch of the League for the Protection of Mothers. The turnout was so large that a second meeting had to be called two weeks later. The speaker for the Scientific Humanitarian Committee was Hirschfeld, who discussed the nature of homosexuality and the petition campaign.

Both meetings adopted a resolution condemning the law. This was the first public position taken by any important women's organization on this question. It called any attempt to extend criminal status to lesbianism "a serious mistake": "An inequality would not thereby be eliminated, but rather an injustice doubled. The doors would be thrown wide open to informers and blackmailers, and unmarried working women who share living quarters with other women would be burdened in the most shamefully damaging way, without in the process any interest being protected. At a very minimum, the gathering regards it as absolutely necessary that medical experts -- especially sex researchers and psychiatrists -- as well as women, be consulted on this question."

Following the several-year-long dislocation caused by the first world war, the petition campaign, which had receded into the background, was aggressively resumed in order to fight yet another draft penal code (introduced in 1919), which, although it dropped any proposed extension of criminal status to lesbians, still provided up to five years in jail for males who were convicted. Still, the more liberal climate prevailing in the period just following the war and the 1918 revolution gave gays considerable optimism that their struggle against the law was about to succeed.

In August 1920, the Committee held its first post-war general membership meeting. The meeting voted to form the united front of gay groups to fight the law, and it set up a special joint "action committee" to organize the fight. The committee was headed by Kurt Hiller.

In October 1921, a new minister of justice was appointed who was himself a signer of the petition.

Hopes were further buoyed when, after considerable pressure, the authorities agreed to provide a public hall inside the Reichstag building itself where the Committee could address interested members of the body. Fifty showed up fo a speech by Hirschfeld on March 15, 1922.

The meeting, reported the Committee, was "a significant event in the history of our movement. We want to hope that it may serve to bring us a good distance closer to our goal in the struggle for liberation that we are engaged in."

On March 18, 1922, the signed petition was finally presented to the Reichstag -- twenty-five years after it was launched. In December, the Reichstag voted to turn it over to the government for consideration. And there it appears to have remained, for, by 1923, the post-war economic and social chaos had reached such a point that the existence of the Committee began to be seriously threatened and the long efforts of the new gay movement that seemed so close to succeed were eclipsed.

Source: The Early Homosexual Rights Movement (1864-1935), John Lauritsen and David Thorstad, Times Change Press, New York, 1974.

Picture: In 1922 the leftist journalist Kurt Hiller published a collection of essays protesting Paragraph 175. The title translates as The Ignominy of the Century.

Genèse d'une persécution


Lorsque Hitler se fait donner le gouvernement de l'Allemagne, le 30 janvier 1933, tout a été depuis longtemps pensé et préparé pour que la doctrine nazie ait une application immédiate dans les divers domaines qui font la vie quotidienne des hommes et des femmes.

Ainsi les nationaux-socialistes allemands avaient-ils fait connaître leur règle de conduite à l'égard de l'homosexualité dès le 14 mai 1928, c'est à dire cinq ans avant qu'ils ne s'emparent du pouvoir et ne régissent les comportements collectifs et individuels.

Il n'était sans doute pas besoin qu'ils précisent alors quelle était leur pensée sur ce sujet, car les actions violentes auxquelles ils s'étaient déjà livrés, en agressant physiquement personnes et biens qui étaient censés représenter cette "déviance", ne laissaient place à aucune hésitation.

Mais, cette fois, la proclamation allait être faite au grand jour, devant l'opinion publique, dans la solennité de l'avertissement. "Nous vous rejetons, avaient-ils lancé à la face des homosexuels, car quiconque pratique et même pense à l'amour homosexuel est notre ennemi."

L'affirmation était catégorique et annonçait donc une lutte impitoyable.

On pourrait évidemment penser que cette position très marquée correspondait à une certaine éthique morale, inspirée par les principes de la civilisation judéo-chrétienne qui, en ce domaine, continuait d'influer sur les sociétés, maintenant le traditionnel classement des comportements "normaux" et des comportements "anormaux".

Il serait donc commode de prétendre qu'en la circonstance la pensée des nationaux-socialistes allemands s'accordait parfaitement avec cette classique appréciation des différentes spontanéités affectives ou sexuelles, comme le crurent alors tous les petits-bourgeois qui applaudirent à leurs propos salvateurs, et dont beaucoup appartenaient à une Association ouest-allemande pour la vertu dont le porte-parole était le pasteur Adolf Sellman. (...)

Les nationaux socialistes allemands se moquaient (...) éperdument de la "vertu" et de la "morale", telles que les concevait ce "lamentable troupeau de petits-bourgeois qui "se drapent dans le manteau sacré d'une pruderie aussi ridicule que menteuse" et qui "parlent de toute la question comme s'il s'agissait d'un grand péché (1)"! (...)

Le national-socialisme n'attachait aucune valeur aux "interdits" plantés par la civilisation judéo-chrétienne, et qui emprisonnaient la pratique de l'amour physique dans le seul cadre du mariage, sans que l'on puisse y prendre quelque plaisir, car c'était "pécher" que de rechercher d'agréables sensations.

"Des discours stupides" que tout cela ! s'était exclamé Hitler, en fustigeant les "vieilles commères réactionnaires", les "sournois" et les "bigots" dont il n'avait que faire !

Chacun pouvait donc prendre sa satisfaction comme il le souhaitait.

Et la vie sexuelle agitée que menèrent des dirigeants aussi importants que le furent Hermann Goering, Reinhard Heydrich ou le Dr. Ley, prouve bien que "vertu" et "morale" n'appartenaient pas effectivement à la doctrine du national-socialisme, comme le démontrèrent encore les orgies qui suivaient les fêtes somptueuses qu'offraient le Dr Goebbels, Joachim Ribbentrop ou Christian Weber.

"Notre mouvement n'a rien à voir avec les vertus bourgeoises", avait en effet certifié Hitler, posant là un principe fondamental, puisqu'il libérait de la sorte les spontanéités affectives et sexuelles qui avaient été jusqu'alors réglementées par des conceptions moralistes auxquelles le national-socialisme n'accordait aucune valeur prédominante.

L'incarnation arrogante de la force virile

Avant même d'accéder au pouvoir, [Hitler] avait ainsi proclamé que "l'état racial n'avait pas pour rôle d'élever une colonie d'esthètes pacifistes et de dégénérés", mais "avait pour idéal l'incarnation arrogante de la force virile (1)".

Cette "arrogance" ne pouvait évidemment s'obtenir que par la réhabilitation du corps masculin pour lequel Hitler allait promouvoir un véritable culte, alors que jusque-là "on se bornait à l'accuser de tous les péchés" et que de ce fait "la beauté corporelle était complètement reléguée au second plan (1)".

Or, assurera Hitler, "il est de l'intérêt de la nation que se trouvent les plus beaux corps pour faire don à la race d'une nouvelle beauté", d'où la nécessité impérieuse de donner à chacun "l'orgueil d'un beau corps (1)".

Et, pour y parvenir, il convenait de "donner aux enfants, dès leurs premières années, des soins tels que leur croissance ultérieure se fasse dans les meilleures conditions", ce qui était condamner l'ancien système d'éducation qui se caractérisait par "l'accentuation exagérée d'un enseignement purement intellectuel" et par "l'abandon de l'éducation physique (1)". (...)

Hitler estimera donc que "l'Etat raciste n'a pas seulement à veiller au développement des forces corporelles pendant les années d'école", mais qu'il "doit aussi s'en occuper pendant la période postscolaire, tant que les jeunes gens n'ont pas achevé leur croissance, de manière que celle-ci se fasse dans d'heureuses conditions", et, dans cette perspective, "l'éducation physique pourra être une préparation au service militaire (1)"... (...)

Mais parallèlement à cette volonté de façonner des corps qui soient vraiment "l'incarnation arrogante de la force virile", le national-socialisme s'attachera à imposer comme vérité naturelle et fondamentale la supériorité de l'homme qui, du fait de sa valeur dominante, devait être le seul maître de la société, aussi bien dans les domaines publics que dans les domaines privés. "Le mouvement national-socialiste est, par nature, un mouvement masculin", avait ainsi posé comme principe absolu Goebbels (...).

Cette incapacité [de la femme] excluait tout naturellement la femme de la vie active et, à plus forte raison, des postes de responsabilité qui lui seront progressivement retirés par les nazis, dont la misogynie doctrinale ira jusqu'à lui interdire le libre exercice de la médecine ! (...)

L'écrasement social de la femme fut donc élevé au rang de doctrine par le national-socialisme qui la priera de servir et d'obéir, en demeurant tranquille au sein de son foyer, puisque le domaine qui lui avait été assigné par la nature se situait "entre le lit et la poêle à frire (2)" !

Mais, pour le faire accepter, la propagande nazie s'attachera à persuader que cette relégation n'avait rien de dégradant, mais qu'elle avait au contraire un caractère valorisant.

"Si nous éliminons les femmes de la vie publique, ce n'est pas que nous désirons nous priver d'elles, expliquera Goebbels, c'est parce que nous voulons leur rendre leur dignité", d'épouse et de mère, un peu trop négligée jusqu'alors.

"Nous sommes un Etat d'hommes, et malgré tous les défauts que ce système présente, nous devons absolument nous y accrocher, car cette institution est la meilleure qui puisse exister", avait alors proclamé Himmler, comme pour clore un débat qui n'avait pas lieu d'être.

Ainsi triomphait un monde voulu pour des hommes et organisé pour des hommes, destinés à vivre ensemble leur supériorité, mais aussi leurs sentiments et leurs pulsions, dans la même volonté de domination.

La guerre à l'homosexualité

Alors, pourquoi la guerre fut-elle déclarée à l'homosexualité, puisque parallèlement on avait créé des conditions propices à son éclosion et à son épanouissement ? (...)

Comme on sait que la réponse ne se trouve pas dans une volonté "morale" inspirée par les concepts judéo-chrétiens, il faut donc la chercher ailleurs...

Et on la découvre évidemment dans l'ambition que s'était donnée le national-socialisme, en préparant son accession au pouvoir.

"Nous représentons l'aspiration de notre nation à la puissance (1)", avait ainsi prévenu Hitler, pour que nul ne se trompât sur les objectifs qu'il comptait atteindre. Or comment acquérir cette puissance, sinon par la qualité et par la quantité des hommes chargés de l'établir et de la maintenir, étant évident que ne suffiraient pas le poids des armes, la force de l'économie ou l'influence de la diplomatie ?

La recherche de cette qualité avait été ainsi considérée comme une priorité déterminante dont il avait posé le principe dans son Mein Kampf, pour certifier qu'un "état qui veille jalousement à la conservation des meilleurs éléments de sa race doit devenir un jour maître de la terre (1)", ce qui était bien le but recherché par le national-socialisme. (...) Hitler en déduisait alors que 'tout croisement de races était en contradiction avec la volonté de la nature qui tend à élever le niveau des êtres". Or, devait-il préciser, "ce but ne peut être atteint par l'union d'individus de valeur différente, mais seulement par la victoire complète et définitive de ceux qui représentent la plus haute valeur (1)". (...)

La nécessité de "rechercher et de maintenir la pureté de la race" fut donc présentée par Hitler comme la "mission donnée sur terre au peuple allemand", et par conséquent à l'Etat. (...)

Pour Hitler, il était historiquement démontré que "tout ce que nous avons aujourd'hui devant nous de civilisation humaine, des produits de l'art, de la science et de la technique, était presque exclusivement le fruit de l'activité créatrice des Aryens" auxquels avait été donnée "l'étincelle divine du génie", et qui, de la sorte, représentaient "le type primitif de ce que nous entendons sous le nom d'homme (1)".

Il s'en concluait donc que, "si on les faisait disparaître", alors "une profonde obscurité descendrait sur la terre, en quelques siècles la civilisation humaine s'évanouirait et le monde deviendrait un désert (1)". (...) Après semblable imprécation, il devenait alors facile pour Hitler de proclamer avec solennité que "la lutte contre l'étranger, contre le Juif, contre le Slave, contre les races inférieures, était une lutte sainte (1)" qui devait donc entraîner une mobilisation générale. (...) Délirant sur des thèmes antisémites qui n'étaient pas très neufs, il accusera donc les Juifs d'être le "symbole de tout ce qui est mal" et de constituer ainsi des "parasites dans le corps des autres nations (1)". (...)

La notion de "maladie sociale" étant des plus floues, puisque relevant d'appréciations subjectives, il devenait alors possible de se débarrasser de tout individu qui était censé nuire à la perfection raciale que l'on recherchait. Malades mentaux, handicapés physiques, malades incurables atteints de "maladies sociales", mais aussi les personnes âgées qui n'étaient plus utiles à grand-chose et qui coûtaient cher. Hitler n'eut donc aucun scrupule à envisager l'élimination des uns et des autres, et un décret du 1er septembre 1939 permettra "d'élargir les compétences des médecins de telle sorte qu'après un très minutieux bilan critique, ils puissent pratiquer l'euthanasie" sur le plus grand nombre possible. (...) Dès le 14 juillet 1933, une loi de "prévention" avait ordonné la stérilisation de tous ces êtres déficients, de manière à éviter qu'ils ne reproduisent de nouvelles anormalités.

Il fallait aussi la quantité, et le second objectif à atteindre était aussi celui du "plus grand nombre possible" que le national-socialisme s'attachera à présenter comme prioritaire, affirmant que seul un peuple en expansion géographique constante pouvait parvenir à la domination universelle. Or, quand Hitler prit le pouvoir, l'Allemagne était en pleine crise de dénatalité, subissant les conséquences des effroyables ravages exercés par la Première Guerre mondiale, mais aussi les effets d'une situation économique peu incitative, alors que proliféraient les méthodes médicales de contraception et d'avortement. (...) 33% des familles allemandes étaient en effet sans enfants en 1933, tandis que seulement 9% en avaient quatre ou plus, ce qui constituait "une indifférence paresseuse et même criminelle (1)" qu'il fallait à tout prix combattre et vaincre. Autrement, dira Martin Bormann, qui était l'éminence grise du Führer, "dans vingt ans, le Reich manquera des divisions dont nous aurons un besoin vital si notre peuple ne tient pas à disparaître".

Le relèvement et la progression de la natalité devinrent donc l'obsession permanente des dirigeants du Troisième Reich qui devaient user de tous les moyens possibles pour favoriser un tel accroissement, de manière que l'Allemagne puisse disposer de 120 millions de purs Aryens à la fin d'une période qu'ils limitaient à 50 ans. L'objectif était ambitieux, mais il ne paraissait pas utopique, à condition que chaque couple prenne conscience que "quatre enfants constituaient le minimum nécessaire", comme le signifiera impérativement Himmler dans une circulaire du 13 septembre 1936.

La fermeture des centres de planification familiale, l'arrêt des interruptions volontaires de grossesse, le retrait des moyens contraceptifs furent évidemment les premières mesures prises par les nazis. Mais la portée de ces interdictions ne pouvait être que limitée (...).

[Dans ce même but, les nazis favoriseront ensuite le mariage dont l'unique mission est la procréation, le mariage des mineurs, le statut de mère célibataire, le statut de mère de famille nombreuse, le divorce et les remariages lorsque l'un des conjoints est devenu stérile, l'étude du Code du mariage afin de rendre légale la bigamie, les mariages biologiques chez les adolescents (des unions libres éphémères productrices d'enfants), la création de foyers pour mères célibataires (Lebensborn), le rapt d'enfants de type aryen dans les pays annexés, le kidnapping de mères de type aryen en Norvège, etc.]

Le plan racial établi par les nazis ayant donc posé comme règle impérative l'obligation du "plus grand nombre possible", il se comprend alors pourquoi fut condamnée l'homosexualité qui, de par sa nature, contrariait l'objectif recherché, c'est à dire l'accroissement de la race aryenne par l'expansion démographique.

Si l'on s'en rapporte à des indications approximatives, qui se situent par conséquent au-dessous de la réalité, il faut considérer que le nombre des homosexuels allemands avoisinait les deux millions et représentait ainsi 10% de la population en âge de procréer.

Un chiffre important...

Il y avait donc là une perte considérable d'énergie créatrice dont ne pouvait se satisfaire aisément un Pouvoir qui oeuvrait par ailleurs pour obtenir une augmentation fulgurante de la natalité.

Deux millions d'homosexuels, "ce sont autant de femmes pour lesquelles il n'y a pas d'hommes", alors qu'elles "sont aptes à procréer", s'était indigné Himmler, en constatant que "cela représentait une hypothèque énorme" pour l'avenir de l'Allemagne.

Si l'on s'en tenait au minimum de quatre enfants qui était souhaité pour chaque couple, c'était en fait un déficit de huit millions d'enfants qu'aurait dû subir le Troisième Reich du fait de ce manque à procréer qui était évidemment intolérable, car "un peuple ne pouvait pas supporter que l'avenir de son équilibre génétique fût menacé de la sorte".

Les penseurs nazis estimèrent donc très rapidement "qu'il convenait d'attacher une attention particulière à l'homosexualité" puisque, de par sa nature, "elle incarnait la négation de la communauté", c'est à dire, suivant l'explication du ministre Hans Frank, "le contraire de ce qui devait être pour perpétuer l'espèce".

Or, avait proclamé Himmler, "la survie ou la ruine de notre peuple dépend de l'augmentation ou de la disparition du sang nordique", ce qui était affirmer que "la vie sexuelle devait être une chose sacrée, vouée à des fins supérieures".

Le problème de l'homosexualité devint de la sorte une affaire d'Etat, puisque "ce dernier devait intervenir comme dépositaire d'un avenir millénaire en face duquel le désir et l'égoïsme de l'individu ne représentaient rien et devaient s'incliner (1)", qu'il lui en plaise ou non.

"Refuser à la nation des enfants robustes" fut alors considéré comme "un acte répréhensible" (1), Hitler précisant bien à propos de l'homosexualité que la "gravité de ce vice" se situait dans le fait qu'il "empêchait de procréer ceux dont la descendance était vitale pour le peuple".
L'affirmation est suffisamment claire pour qu'il soit démontré que la lutte contre l'homosexualité a revêtu dans la politique nazie un caractère racial qu'il est impossible de contester, puisque longtemps expliqué par les dirigeants hitlériens eux-mêmes.

Les Juifs ont été exterminés parce qu'ils nuisaient à la pureté de la race, et les homosexuels parce qu'ils nuisaient à la reproduction de la race. Dans les deux cas, était en cause la race.

La morale traditionnelle ne peut ainsi être invoquée pour expliquer le combat que les nazis allaient mener contre l'homosexualité.

HItler a d'ailleurs confirmé lui-même cette vérité de l'événement, puisqu'il déclarera que, dans cette lutte, "le point de vue moral était pour lui mineur", ce qui clôt donc toute discussion.

[Le problème de l'homosexualité] se situait en effet dans la mauvaise utilisation que les homosexuels faisaient du sperme dont ils étaient détenteurs, et qu'ils ne libéraient pas à des fins reproductives. Tel était leur crime !

L'obsession nataliste des dirigeants du Troisième Reich ne pouvait donc admettre que "ceux qui pratiquent l'homosexualité privent l'Allemagne des enfants qu'ils lui devaient".

Alors, "il faut abattre cette peste par la mort !" s'était écrié Himmler, qui dévoilait ainsi la finalité de la politique nazie à l'égard de l'homosexualité.

(1) Mein Kampf, A. Hitler.
(2) La Morale des Seigneurs, Hans Peter Bleuel.

Source : Le Triangle Rose, Jean Boisson, Editions Robert Laffont, Paris, 1988.

Illustrations : (en haut) Adolf Hitler avant les années du pouvoir. Photo : Hitler wie ihn Keiner kennt, Heinrich Hoffmann, 1932 ; (au milieu, à gauche) Mesures anthropométriques destinées à vérifier l'arianité des individus ; (au milieu, à droite) Affiche des années trente pour le mensuel "Neues Volk", l'organe de presse du bureau des Affaires raciales du parti nazi. Texte de l'affiche : "Cet homme atteint d'une maladie héréditaire coûtera à la communauté 60 000 marks tout au long de sa vie. Citoyens, il s'agit aussi de votre argent." ; (en bas, à gauche) Le Reichsführer-S.S. Heinrich Himmler, principal artisan de la chasse aux homosexuels
"Le relèvement et la progression de la natalité devinrent l'obsession permanente des dirigeants du IIIe Reich, qui devaient user de tous les moyens possibles pour favoriser un tel accroissement, de manière que l'Allemagne puisse disposer de 120 millions de purs Aryens à la fin d'une période qu'ils limitaient à 50 ans. Le plan racial établi par les nazis ayant donc posé comme règle impérative l'obligation du "plus grand nombre possible", il se comprend alors pourquoi fut condamnée l'homosexualité qui, de par sa nature, contrariait l'objectif recherché."

Texte : Le Triangle Rose, Jean Boisson (lire).

Photo : Mariage collectif de membres de la S.A. (orig : Faschismus, Renzo Vespigiani. Elefanten Press, Berlin)
"Dans l'optique du Führer, le rôle de la femme se réduit d'abord à la maternité, puis à servir l'homme, à s'occuper de son foyer et de ses enfants pour le bien de l'Etat. Méprisant l'émancipation de la femme considérée comme une "invention juive", les autorités nazies, durant les trois premières années du régime, encouragent fortement le retour de la femme au foyer."

Texte : L'Art Nazi, A. Guyot et P. Restellini, Editions Complexe, Paris, 1996.

Photo : L'idéal féminin : "La fiancée du paysan", toile de Sepp Hilz. (orig : L'Art Nazi, A. Guyot et P. Restellini, Editions Complexe 1996)
"Cette incapacité [de la femme] excluait tout naturellement la femme de la vie active et, à plus forte raison, des postes de responsabilité qui lui seront progressivement retirés par les nazis. (...) L'écrasement social de la femme fut donc élevé au rang de doctrine par le national-socialisme qui la priera de servir et d'obéir, en demeurant tranquille au sein de son foyer, puisque le domaine qui lui avait été assigné par la nature se situait "entre le lit et la poêle à frire" ! (...) La propagande nazie s'attachera à persuader que cette relégation n'avait rien de dégradant, mais qu'elle avait au contraire un caractère valorisant. (...) "Nous sommes un Etat d'hommes, et malgré tous les défauts que ce système présente, nous devons absolument nous y accrocher, car cette institution est la meilleure qui puisse exister", avait alors proclamé Himmler.

Texte : Le Triangle Rose, Jean Boisson (lire).

Photo : Couverture de Frauen Warte, le magazine du parti nazi destiné aux femmes. Numéro du 1er mai 1939, consacré à la fête des mères. (orig : site "Nazi propaganda: 1933-1945")