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Victimes du nazisme, tout simplement...

"Et quand on se demande à propos des "triangles roses" si l'on peut considérer sous un même angle celui qui risque sa vie et celui qui a été puni pour "déviation", c'est assurément raisonner d'une manière qui outrage la vérité de l'Histoire, car c'est aussi pour leur "déviation" que les Juifs et les Tziganes ont été "punis", et non pour "fait de guerre".

Le supplice de la Déviation par rapport à la pureté de la race, déviation par rapport à la reproduction de la race, la motivation était semblable, et, dans l'analyse, il n'est pas possible d'opérer des distinctions, car ce serait trahir la vérité de l'entreprise voulue et organisée par les nazis afin de faire triompher la "race des seigneurs" par l'élimination de tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, constituaient un obstacle à cet objectif.

Alors, effectivement, "Juif ? Homosexuel? Simple citoyen ? La question ne se pose même pas. Victime du nazisme, tout simplement".

Victime du nazisme, tout simplement...

Et c'est bien à cette conclusion - à cette seule conclusion - que doit parvenir tout honnête homme, s'il ne veut pas mentir à la réalité de l'Histoire, c'est-à-dire en définitive à lui-même.

Aussi, quand on évoque la déportation des homosexuels dans les camps de concentration nazis, convient-il de se rappeler avec Baudelaire que l'on ne peut être à la fois "la plaie et le couteau", "le soufflet et la joue", "la victime et le bourreau" !

Et, si certains avaient aujourd'hui la tentation de faire encore référence aux vieilles théories du siècle dernier, en traitant les homosexuels "d'infirmes", comme le fit en 1982 l'évêque de Strasbourg, Mgr Elchinger, il serait alors à constater que la pensée de Himmler continue de sévir dans les esprits, et qu'il y a ainsi danger d'un retour au fascisme hitlérien.

Il se comprend donc que le recours à de telles références soulève indignation et condamnation, car il s'agit là effectivement d' « un langage qu'on croyait à tout jamais disparu », mais qui pourtant se maintient avec insistance.

Et l'on partage ainsi la légitime colère de ce rescapé de l'enfer nazi (Pierre Seel) qui devait rappeler à Mgr Elchinger combien il était ignominieux de traiter les homosexuels "d'infirmes", alors qu'ils avaient tant eu déjà à souffrir de l'arbitraire de telles sottises.

"J'ai décidé, écrira-t-il ainsi à ce prélat, d'apporter mon appui le plus total aux nombreuses voix de tous ceux et celles qui se sont sentis offensés par votre déclaration du 8 avril 1982.

"Victime du nazisme, je dénonce publiquement avec toute ma force que de tels discours ont favorisé et justifié l'extermination de millions d'infirmes pour des raisons politiques, religieuses, raciales ou de comportement sexuel.

"Je ne suis pas un infirme et je ne suis atteint d'aucune infirmité. Je n'ai pas envie de retourner dans les infirmeries où l'on a soigné mon homosexualité et précisément dans un lieu qui se trouve non loin de la capitale alsacienne.

"C'était en 1941, je n'avais que dix-huit ans ! Arrêté, torturé, frappé, emprisonné, interné en dehors de toute juridiction sans aucune défense, ni procès ni jugement...

"Je suis trop fatigué ce soir pour vous rappeler toutes les tortures morales et physiques et les souffrances indescriptibles et indicibles que j'ai alors endurées.

"Depuis lors toute ma vie a été vécue dans la terrible douleur partagée avec ma famille par suite de cette arrestation arbitraire...

"Votre déclaration du 8 avril 1982 a éveillé en moi une foule de souvenirs atroces et j'ai encore décidé à cinquante-neuf ans de sortir de l'anonymat.

"Dans ma vie et jusqu'à ce jour je n'ai pas connu la haine pour qui que ce soit. Et pourtant souffrant du désarroi profond dans lequel nous plonge cette homophobie toujours présente, je tremble en pensant à tous les homosexuels disparus et à tous ceux qui à travers le monde sont, hélas! encore torturés ou exterminés avec tant d'autres minorités."

Mais de ceux-là aussi, on ne parlera jamais !

Il est vrai que "l'Histoire a son cimetière des oubliés"...

Mais il serait trop facile de pleurer sur cette constatation et d'en accepter placidement la fatalité, comme si le maintien de cette situation échappait au pouvoir humain. Or il faut bien se persuader que "les oublis ne sont jamais le fait de l'Histoire, qui est aveugle, sans conscience, mais des hommes qui font l'Histoire".

Et, si l'on constate que "l'Histoire a toutes les ruses pour écarter ceux dont elle veut rejeter le souvenir", c'est précisément parce que "les hommes ont leurs raisons pour choisir ou refuser leurs souvenirs", et qu' "ils n'aiment pas que reprennent la parole ceux qu'ils ont décidé d'oublier", laissant ainsi apparaître que "la police des ondes de l'au-delà est leur affaire". Mais au prix de quels mensonges et de quels truquages !

Or, a justement proclamé Simone Veil, qui fut elle-même déportée, "se souvenir, c'est aussi tirer la leçon de l'Histoire, pour que de telles catastrophes ne puissent plus se reproduire". Mais "tirer la leçon de l'Histoire, c'est refuser la falsification".

Source : Le Triangle Rose, Jean Boisson, Editions Robert Laffont, Paris, 1988.

Illustration : Le supplice de la "forêt chantante", lithographie de Richard Grune, déporté au titre du §175, (1945). (Orig : Schwules Museum, Berlin).

Deportação nazista de homossexuais: uma viagem à dor e ao silêncio


Resumo -Este artigo analisa o livro Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (“Eu, Pierre Seel, Deportado Homossexual”, sem tradução para o português), autobiografia do único francês homossexual a falar abertamente sobre sua experiência de deportado durante a Segunda Guerra Mundial e de prisioneiro do campo de concentração nazista. É o testemunho de uma longa viagem à dor e ao silêncio.

Palavras-chave -literatura de testemunho, homossexualidade, nazismo.

Muitas vezes, quando se fala em viagens, são evocados bons momentos e belas imagens. Mas para milhares de homossexuais que foram perseguidos pelo regime nazista e enviados a campos de concentração, as lembranças são bem diferentes, são de momentos dolorosos, sofridos e traumáticos. É o que se pode observar com a autobiografia do francês Pierre Seel, deportado ao campo de Schirmeck-Vorbrück, na região da Alsácia, o único em solo francês. Depois de anos de silêncio, resolveu contar sua história, testemunhar, denunciar. Assim, escreveu Moi, Pierre Seel, Déporté Homosexuel (“Eu, Pierre Seel, Deportado Homossexual”, sem tradução para o português).

Com a Segunda Guerra Mundial, a região da Alsácia foi tomada pelos nazistas, e em 3 de maio de 1941, ainda aos 17 anos, Seel foi capturado. Depois de ficar dez dias na cadeia da cidade, onde sofreu tortura, foi transferido ao campo de concentração de Schirmeck-Vorbrück. A primeira viagem rumo à dor. Lá, foi obrigado a usar um uniforme marcado com uma faixa azul, que significava católico e/ou prisioneiro anti-social, ao invés do triângulo rosa, símbolo que marcava os homossexuais capturados em Auschwitz, mas que não estava sendo usado em Schirmeck. Porém, sabia-se que o eram. Os nazistas, assim, faziam uso da tortura para tentar descobrir outros homossexuais que ainda não haviam sido capturados. “A engrenagem de violência se acelerou. Irritados com nossa resistência, os SS começaram a arrancar as unhas de alguns de nós. Com raiva, eles romperam as réguas sob as quais nós estávamos ajoelhados e se serviram delas para nos violar. Nossos intestinos foram perfurados. O sangue salpicava por todo lado. Eu ainda escuto nossos atrozes gritos de dor. (SEEL, 1994, p. 39, tradução minha).

Podemos observar que uma importante questão presente em sua autobiografia é a da violência sofrida, das torturas. Esta é, aliás, uma das características desse tipo de escrita, pertencente à Literatura de Testemunho, que engloba as diversas narrativas de situações-limite. “Essa ética e estética da literatura de testemunho possui o corpo – a dor – como um dos seus alicerces.” (SELIGMANN-SILVA, 2005, p. 111).

Pierre Seel narra, assim, como foi o tempo que passou no campo de concentração e tudo o que foi obrigado a suportar. “Eu vivi seis meses desse jeito, nesse espaço onde o horror e a selvageria eram a lei. Mas eu demoro a evocar a provação que foi a pior para mim, embora ela tenha se passado nas primeiras semanas do meu encarceramento nesse campo. Ela contribuiu mais que tudo a fazer de mim essa sombra obediente e silenciosa entre os outros.” (SEEL, 1994, p. 58, tradução minha).

Seligmann-Silva afirma que, “na literatura de testemunho de um modo geral é frequente a concepção do campo como constituindo a “única realidade” e a afirmação da impossibilidade de saída dele, da impossibilidade de libertação dele.” (Seligmann-Silva, 2005, p. 110). Também vemos isso presente nas memórias de Pierre Seel: “O ritmo infernal do campo, feito de jornadas repetitivas pontuadas de humilhações incessantes, instalou-se por muito tempo em meu corpo, em minha cabeça. Nada se passava além do ciclo cotidiano de atrocidades tranquilamente programadas pelos SS.” (SEEL, 1994, p. 61, tradução minha).

Depois desses meses passados e sofridos no campo de concentração, foi libertado. Ele narra, em sua autobiografia, como estava seu estado mental, ao sair e andar pelas ruas de Schirmeck, rumo à estação de trem: “Uma hora mais cedo, não longe da forca, eu fazia ainda gestos de autômato descerebrado em meio a gritos, cães, pequenas metralhadoras e torres de vigilância.” (SEEL, 1994, p. 64, tradução minha). E observamos em seu texto que são repassadas à escrita todas as indagações que ele se fazia ao sair de lá, narrando também como aconteceu seu retorno para casa e como se sentiu ao se deparar com sua família. “uando cheguei em casa, eu toquei a campainha como um estranho.” (SEEL, 1994, p. 65, tradução minha). Estrangeiro, aquele que é diferente, que vem de um outro lugar, que não pertence a um grupo, a uma cidade, a uma família. Aquele que não compartilha os mesmos signos, não é familiar, conhecido. Estranho. Era assim que se sentia.

“Nós estávamos em 6 de novembro de 1941. Um duplo segredo acabava de se selar de uma só vez: o do horror nazista e o da vergonha de minha homossexualidade. De vez em quando, um olhar caía sobre mim, cheio de interrogações sobre meu aspecto famélico. Em que eu havia me transformado em seis meses? Eu era, portanto, homossexual? Que me haviam feito passar os nazistas? Por que haviam me libertado? Essas questões naturais, ninguém as colocava. Mas se alguém tivesse feito, eu não teria respondido: eu estava preso ao meu duplo segredo. E a esses olhares silenciosos, eu levei quarenta anos para responder.” (SEEL, 1994, p. 66, tradução minha).

Vemos, portanto, que foi uma viagem bem longa essa do silêncio. Antes de Pierre Seel ter sido libertado do campo de concentração, teve que assinar uma declaração em que aceitava tornar-se um cidadão alemão, como podiam fazer os alsacianos sob a ocupação. Essa era uma tática nazista, pois, com isso, foi obrigado a fazer parte do exército alemão e a lutar na guerra, durante três anos. Sua segunda viagem ao sofrimento.

“Portanto, a guerra, aos dezoito anos e meio, e com o uniforme alemão. Eu não me lembro da minha partida de Mulhouse; e os três anos que se seguiram, em que eu atravessei a Europa toda, muitos detalhes, lugares, datas, escapam-me completamente. Eu faço um esforço para me lembrar e para delimitar os acontecimentos, mas eles se esquivam: esquecidos? reprimidos? É como se, nas garras dos nazistas, eu tivesse concentrado toda minha vontade na ideia única de sobreviver, e não na de me lembrar. Somente fragmentos de memória se mantêm, aleatórios, desconcertados em sua desordem”. (SEEL, 1994, p. 69, tradução minha).

Observamos, assim, em seu relato, uma memória fragmentada. Outra característica da literatura de testemunho. Isso é decorrência da situação extrema pela qual passou o sobrevivente. O filósofo Paul Ricoeur afirma, em seu livro A História, a Memória, o Esquecimento, que a testemunha não esteve ela mesma distante dos acontecimentos, ela não ‘assistiu’ a eles; ela foi sua vítima. E, dialogando com Saul Friedlander, escritor do livro Probing the Limits of Representation, o filósofo aborda a questão do limite.

“O vocábulo pode designar dois tipos de limites: de um lado, um tipo de esgotamento das formas de representação disponíveis em nossa cultura para dar legibilidade e visibilidade ao acontecimento chamado ‘solução final’; de outro lado, uma solicitação, uma exigência de ser dito, representado, elevando-se do próprio cerne do acontecimento, procedendo, portanto, dessa origem do discurso que certa tradição retórica considera como o extralinguístico, banido da terra semiótica”. (RICOEUR, 2008, p. 267).

Além disso, a violência sofrida, ou seja, “os danos físicos infligidos das rupturas de contrato, as contestações a respeito de atribuição de bens, de posições de poder e de autoridade, e todos os outros delitos e crimes constituem outras tantas feridas de memória que demandam um trabalho de memória inseparável de um trabalho de luto visando a uma reapropriação por todas as partes do delito e do crime, apesar de sua estranheza essencial. Da cena traumática à cena simbólica, poderíamos dizer” (RICOEUR, 2008, p. 334).

Seel sofreu muitos atos violentos, e violência de toda espécie, desde corporal à simbólica. Ademais, presenciou a morte de muitas pessoas, inclusive de pessoas que amava. E também foi obrigado a matar para não morrer. Todas essas fortes impressões podem gerar traumas, que podem ser fortes demais e ser apagados ou então podem estar presentes para sempre. Permanecem mesmo quando estão inacessíveis, indisponíveis. Em seu lugar, aparecem fenômenos de substituição, sintomas que mascaram o retorno do recalcado de modos diversos, como, por exemplo, os sonhos. Além disso, percebemos também em Pierre Seel a “síndrome do sobrevivente”, termo usado por W. G. Niederland para representar uma “situação crônica de angústia e depressão, marcada por distúrbios de sono, pesadelos recorrentes, apatia, problemas somáticos, anestesia afetiva, ‘automatização do ego’, incapacidade de verbalizar a experiência traumática, culpa por ter sobrevivido e um trabalho de trauma que não é concluído” (SELIGMANN-SILVA, 2005, p. 68).

Pierre Seel nos narra:
“Um fantasma eu me tornei e um fantasma eu permanecia: não devia ainda ter tomado consciência de que eu continuava vivo. À noite, me visitavam pesadelos e durante o dia eu praticava o silêncio. Eu queria esquecer todos os detalhes e todos os terrores dos quatro anos que eu acabava de viver. Estava totalmente exausto por meus múltiplos enfrentamentos com a morte e constatava dolorosamente a impotência que eu havia sentido ante a morte dos outros. Uma tristeza imensa havia se apossado de mim. E eu não tinha desejo algum.” (SEEL, 1994, p. 113, tradução minha).

Quatro anos de muito sofrimento, percorrendo vários lugares da Europa, tendo sido transformado pelos nazistas em um fantasma a serviço da morte. O armistício foi selado em 8 de maio de 1945, terminando assim a guerra. Porém sua repatriação tardou a acontecer. A demorada e burocrática volta à França ocorreu somente no dia 7 de agosto de 1945, chegando a Paris, onde ficou ainda por mais um ano, ajudando no registro dos repatriados. Enfim, depois de quatro anos, retornou a sua cidade, Mulhouse. Mas constatou: “Eu já comecei a censurar minhas lembranças e percebi que, apesar das minhas expectativas, apesar de tudo que eu havia imaginado, da emoção do retorno tão esperado, a verdadeira Libertação era para os outros.” (SEEL, 1994, p. 110, tradução minha). Começou, portanto, uma outra viagem, a do silêncio.

Um grande fator que contribuiu para isso foi que, com o fim da guerra, o governo Charles de Gaulle modificou o código penal francês, retirando principalmente leis anti-semitas. Porém, os artigos contra homossexualidade continuaram, tornando-se ainda mais rígidos em 1962. Somente em 1981 deixou de ser ilegal na França. Portanto, as vítimas homossexuais sentiam-se inseguras para contar suas verdadeiras histórias, por medo do estigma e de possíveis ações legais, e, assim, omitiam-nas, ou mesmo mentiam. O testemunho dos homossexuais era, portanto, socialmente inaudível, impossível e perigoso. Assim, relata Seel: “Tendo conhecimento da existência dessa lei, eu compreendi também que ao falar, eu corria o risco de ser ameaçado do lado dos tribunais, e acusado de fazer apologia de uma sexualidade 'contra-natureza'.” (SEEL, 1994, p. 115). Os homossexuais somente foram reconhecidos como vítimas do nazismo há alguns anos. O governo alemão pediu desculpas, em novembro de 2000, pelas deportações e torturas sofridas. E o estado francês reconheceu somente em abril de 2001 as perseguições sofridas por eles durante a Segunda Guerra Mundial.

Assim, depois de anos de auto-censura, silêncio e solidão, Pierre Seel resolve tentar levar uma vida “normal”. E, para isso, acreditava que o casamento era a solução. Desse modo, Seel casou-se, em 1950, tendo, mais tarde, três filhos. No entanto, tudo isso havia sido apenas uma ilusão. Anos depois, percebendo que não havia dado certo sua tentativa e sentindo-se muito angustiado, resolveu quebrar o silêncio. E aqui vemos outra marca muito importante da literatura de testemunho. A narrativa “é tecida como uma forma de se ‘libertar’ do passado como também se desdobra como um doloroso exercício de construção da identidade. Ela é uma narração necessária tanto em termos individuais como também – pensando universalmente – deve funcionar como um testemunho para a posteridade. Ela é um ato subjetivo e objetivo, psicológico e ético” (SELIGMANN-SILVA, 2005, p. 114).

Testemunhar foi algo que lhe fez bem. “Eu reconheço que tudo isso me tranquilizou. Eu me senti subitamente rodeado de um novo respeito pela minha identidade. E eu mesmo me olhei com mais dignidade. Sem dúvida porque eu tinha desse momento em diante um dever: fazer reconhecer a deportação dos homossexuais.” (SEEL, 1994, p. 159, tradução minha).

Bella Josef nos diz que “o testemunho nasceu, muitas vezes, da necessidade de apresentar o lado escondido da história, a dos dominados em oposição à dos dominadores.” (JOSEF, 1999, p. 298). Ela afirma também que, partindo-se do pessoal, tenta-se superá-lo para impor uma problemática coletiva, que foi justamente o que fez Seel. Ao falar de si e prestar seu testemunho, busca resgatar a memória coletiva desse grupo que, assim como ele, foi perseguido pelo fato de ser homossexual. O “eu” representa, assim, também os outros; temos um passado particular que pode ser visto também como coletivo.

Portanto, Pierre Seel dá voz a esse coletivo do qual fez parte, buscando que a justiça seja feita. Segundo Paul Ricoeur, é esta que transforma a memória em projeto, extraindo das lembranças traumatizantes seu valor exemplar, e é esse mesmo projeto de justiça que dá ao dever de memória a forma do futuro e do imperativo.
“É preciso primeiro lembrar que, entre todas as virtudes, a da justiça é a que, por excelência e por constituição, é voltada para outrem. (...) O dever de memória é o dever de fazer justiça, pela lembrança, a um outro que não o si. (...) O dever de memória não se limita a guardar o rastro material, escrito ou outro, dos fatos acabados, mas entretém o sentimento de dever a outros, que não são mais, mas já foram.” (RICOEUR, 2008, p. 101).

Essa é uma outra característica extremamente relevante da literatura de testemunho, pois ela existe apenas no contexto da contra-história, da denúncia e da busca pela justiça. “A verdade e a utilidade são, portanto, fundamentais.” (Seligmann-Silva, 2005, p. 88). Busca-se um registro da história, da opressão, e há uma simbiose entre memória e história.

Assim, vemos que a autobiografia, como afirma Phillipe Lejeune, “é feita para transmitir um universo de valores, uma sensibilidade ao mundo, experiências desconhecidas, e isto no quadro de uma relação pessoal percebida como autêntica e não ficcional.” (LEJEUNE, 2003, p. 53-54). E, portanto, inscreve-se tanto no campo do conhecimento histórico, pelo desejo de saber e de compreender; no campo da ação, pela promessa de facultar esse conhecimento aos outros; como também na área da criação artística, afinal trata-se de um texto literário.

De acordo com Georges Gusdorf, as Memórias propõem uma crônica pessoal do devir histórico, colocando a ênfase sobre a ordem das coisas, ao invés da subjetividade própria do narrador. “Sem dúvida, ele reage ao acontecimento com uma certa complacência de si mesmo, que ele não precisa dissumular, mas o interesse principal se coloca nos acontecimentos políticos, militares, diplomáticos aos quais o redator esteve envolvido.” (GUSDORF, 1991, p. 252, tradução minha).

Gusdorf diz também que a autobiografia permite ao historiador ver a realidade com os mesmos olhos dos que a viveram. No entanto, há uma relação objetiva dos acontecimentos de que o autor participou, pois busca ser uma testemunha destinada a trazer uma contribuição à história de seu tempo, mesmo estando inscrito no interior de suas lembranças. Seel afirma: “Testemunhar, dizer tudo, exigir reabilitação do meu passado, desse passado que é também o de muitos outros, esquecidos, ocultos nas horas negras da Europa. Testemunhar para proteger o futuro, testemunhar para acabar com a amnésia dos meus contemporâneos.” (SEEL, 1994, p. 156-157, tradução minha).

A autobiografia de Pierre Seel é, deste modo, um importante texto, tanto em termos literários, quanto em termos de documento histórico. Ricoeur afirma que “não temos nada melhor que o testemunho, em última análise, para assegurar-nos de que algo aconteceu, a que alguém atesta ter assistido pessoalmente” (RICOEUR, 2008, p. 156). Seel escreve justamente para dar seu testemunho. Para fazer visíveis as crueldades sofridas pelos homossexuais, recuperando, assim, a memória de um passado de repressão, e buscando o reconhecimento desse grupo, considerado como o mais inferior, pelos nazistas, e por muitas pessoas ainda hoje. E é justamente contra a repetição dessas situações de barbárie que Seel escreveu a história de sua vida, a história das difíceis viagens rumo à dor e ao silêncio.

Abstract: This article discusses the book Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Liberation Was for Others: Memoirs of a Gay Survivor of the Nazi Holocaust, in its English version), autobiography of the only French homosexual to openly speak about his experience of deported during the Second World War and prisoner of a Nazi concentration camp. It is the testimony of a long journey to pain and silence.

Keywords: literature of testimony, homosexuality, Nazism

REFERÊNCIAS
GUSDORF, Georges. Les écritures du moi. Paris: Ed. Odile Jacob, 1991.
JOSEF, Bella. “(Auto)biografia: os territórios da memória e da história”. In LEENHARDT, J. e PESAVENTO, S. (orgs.). Discurso histórico e narrativa literária. Campinas: Editora da Unicamp, 1998.
LEJEUNE, Phillipe. “Definir Autobiografia”. In MORÃO, P. (org.). Autobiografia. Auto-representação. Lisboa: Fac. Letras de Lisboa, 2003.
RICOEUR, Paul. A memória, a História, o Esquecimento. Campinas: Editora da Unicamp, 2008.
SEEL, Pierre; LE BITOUX, Jean. Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel. Paris: Éditions Calmann-Lévy, 1994.
SELIGMANN-SILVA, Márcio (org.). O local da diferença: ensaios sobre memória, arte, literatura e tradução. São Paulo: Editora 34, 2005.

FONTE: http://www.pgletras.uerj.br/palimpsesto/num7/dossie/dossie_TiagoElidiodaSilva.htm

Source : Deportação nazista de homossexuais: uma viagem à dor e ao silêncio, Tiago Elídio (Mestrando, UNICAMP). Tiago Elídio peut être contacté à l'adresse suivante : tiagoelidio@gmail.com

Photo : Paris, le 29 avril 2001. Commémoration de la Journée nationale du souvenir de la déportation, sur l'Ile de la Cité, à Paris. Pierre Seel, à gauche, en compagnie de Jean Le Bitoux, président d'honneur du Mémorial de la Déportation Homosexuelle. Contrairement aux années précédentes, les délégations officielles (représentées sur cette photo par des militaires en tenue) n'ont pas quitté les lieux à l'arrivée de la délégation homosexuelle. A l'issue de la cérémonie, Bertrand Delanoë, maire de Paris, s'est entretenu avec les participants, parmi lesquels : Mme Simone Weil (ancienne déportée à Auschwitz, ancienne ministre), M. Pierre Seel, M. Masseret (Secrétaire d'Etat à la Défense chargé des anciens combattants), M. Jean Le Bitoux et M. René Lalement, président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle (Photo : Franck Dennis - no copyright).

A importância de não esquecer


Um livre e um filme relatam a perseguição nazista aos homossexuais.

Como falar do passado homossexual sendo católico, casado e pai de três filhos? Como contar aos amigos que viveu os horrores de um campo de concentração nazista, sem dizer o motivo? Como pedir ao Estado francês reparação por tortura num campo alemão em território francês, a Alsácia ocupada, sem falar de seu homossexualismo? Prisão, tortura, humilhação e vergonha foram o saldo dos melhores anos da vida de Pierre Seel, de 78 anos.

Um dia, ele resolveu ter o direito de existir plenamente, inteiro. Primeiramente, através de um livro Moi, Pierre Seel, Déporté Homosexuel. Depois, no documentário lançado no fim do ano passado em Paris, Paragraphe 175, que dá voz a alguns sobreviventes dos campos nazistas, deportados pela lei alemã de1871 - que passou a vigorar na Alsácia ocupada, cujo parágrafo 175 incriminava pessoas que cometiam "atos contra a natureza".

A história de Pierre Seel, feito prisoneiro em um campo de concentração aos 17 anos, depois engajado como soldado do exército nazista, como muitos alsacianos obrigados a combater pelos alemães, foi finalmente conhecida em detalhes quando ele resolveu escrever o livro. Bem documentado e extremamente bem escrito, Moi, Pierre Seel, Déporté Homosexuel, é a história emocionante do calvário de Seel no campo nazista e no front da Segunda Guerra Mundial. Feito com o incentivo e colaboração do escritor Jean Le Bitoux, o livro foi lançado na França em 1994, pela Editora Calmann-Lévy.

Um dos momentos mais dramáticos do período passado no campo foi a trágica morte de Jo, o primeiro amor de Pierre Seel e, como ele, habitante da pequena cidade de Mulhouse. Ao som de cantatas de Bach, os alemães levaram Jo ao centro do campo, despiram-no e lançaram sobre ele os cães para devorá-lo vivo. Até hoje Pierre não sabe por que motivo Jo foi morto, já que o campo não era de extermínio, mas de trabalhos forçados. Em seus pesadelos, a visão da cena bárbara continua a acordá-lo de noite.

"Resolvi romper o silêncio para não ser cùmplice dos alemães. Descobri que se eu não contasse minha história me colocaria na posição de cùmplice dos carrascos nazistas", conta Pierre Seel, que vive hoje em Toulouse com sua pequena aposentadoria de 714 euros.

Das torturas, sevicias, fome e frio durante a guerra, Pierre Seel não tinha coragem de falar. Ao voltar do campo, trancou-se em seu quarto e resolveu esquecer o pesadelo. Não conversava com seus pais sobre o motivo de sua prisão. A narrativa de sua confissão à mãe doente, que insistia em conhecer as razões de seu sofrimento e de sua tristeza, é um dos momentos mais fortes e emocionantes do livro.

Pierre Seel condenou-se a mais de 40 anos de silêncio e sofrimento até o dia 27 de maio de 1981. Naquela noite, durante um debate, em Toulouse, com dois jornalistas que lançavam um livro sobre a história de um deportado homossexual austríaco, ele resolveu falar. Mesmo assim, seu depoimento, o primeiro de uma vítima francesa da perseguição nazista aos homossexuais, foi dado com a condição de total anonimato. Saiu numa revista, por ocasião do lançamento da peça Bent na França, em 1981.

A decisão de assumir seu passado foi tomada em 1982, depois de ouvir o arcebispo de Estrasburgo pregar contra a salvação dos homossexuais, esses "enfermos". "Contei em uma carta ao arcebispo toda a minha história e mandei uma cópia para minha mulher e para meus três filhos adultos", conta Seel. Depois de mais de 40 anos de sofrimento e homossexualidade recalcada, a confissão soou como um escândalo. Veio o divórcio e o afastamento do filhos e netos.

O livro de Seel é uma leitura obrigatória para quem quer conhecer mais um aspecto da barbária nazista. A lei que permitia perseguir homossexuais vigorou na Alemanha até 1979, quando foi oficialmente revogada. Mas a homofobia não era exclusividade nazista, já que entre 1950 e 1965, 45 mil homossexuais foram condenados com base no Parágrafo 175.

No documentário, o velho Seel declara: "Tenho vergonha pela humanidade''. 0 jovem de 17 anos conheceu o suplício dos campos de concentração de Schirmeck e de Struthof, antes de ser engajado à força no exército alemão, depois da anexação da Alsácia e da Lorena. Esses franceses, obrigados a lutar na Wehrmacht, são conhecidos como os "malgré nous", pois eram forçados a vestir o uniforme alemão e a combater o próprio exército francês.

0 escritor Jean Le Bitoux, presidente da associação Memorial da Deportação Homossexual, foi quem incentivou Seel a contar sua história. Foi também Le Bitoux quem fez as notas históricas que contextualizam os acontecimentos narrados no livro de Seel. Em maio deste ano, Le Bitoux lançará Les Oubliés de la Mémoire (Os Esquecidos da Memória), livro que trata da perseguição dos homossexuais pelas nazistas. Segundo Le Bitoux, no ano passado, a Parlamento alemão votou um pedido de desculpas à comunidade homossexual pelos danos cometidos pelo Parágrafo 175, principalmente entre 1933 e 1969.

Morando hoje num pequeno apartamento popular, ajudado par um amigo, a quem ele dedica seu amor de homossexual finalmente assumido, o primeiro francês a falar publicamente sobre o assunto espera uma reparação do Estado. Mas a coragem de Pierre Seel ainda não foi plenamente recompensada, exceto por uma carteira de deportado civil, recebida um ano depois do lançamento do livro. Ele ainda não teve a reparação que pede na Justiça ao governo francês, pois seu caso enfrenta a rígida burocracia da Secretaria de Estado para Antigos Combatentes e da federação de deportados.

"O primeiro-ministro Lionel Jospin criou em abril de 2000 uma comissão histórica para tratar dos assuntos de deportados civis, entre eles homossexuais, ciganos e republicanos que haviam lutado na Guerra Civil Espanhola. Uma pesquisa histórica já encontrou outras 200 pessoas deportadas na Alsácia por homossexualismo, entre 1941 e 1944", conta Le Bitoux.

A partir daí, renovaram-se as esperanças de Pierre Seel, que continua a frequentar a igreja católica para "falar com Deus". "Tenho necessidade de ir à igreja e rezar", diz.

Hoje, Seel vive como um francês de baixa renda. Depois de pagar o aluguer de cerca de 500 euros, sobra muito pouco da sua aposentadoria. "O governo francês me deve uma reparação por ter permitido que os alemães fizessem o que fizeram comigo", declara. "Mas nem os partidos de esquerda tiveram a coragem de defender a causa dos deportados homossexuais", lamenta Seel, para quem um dos mais emocionantes momentos de sua vida foi o dia em que apertou a mão do prefeito gay de Paris, Bertrand Delanoë, no ano passado, numa cerimônia pùblica em homenagem aos deportados civis.

Apesar da liberalização dos costumes, o ódio aos homossexuais não é coisa do passado. Por ter-se exposto e contado sua vida, Pierre Seel já foi agredido verbalmente dentro de seu próprio prédio. Um dia viu uma suástica desenhada em sua porta. "'O homossexualismo existe no mundo inteiro, mas para as familias ainda é considerado uma tara", diz o corajoso senhor que sabia que ao contar sua vida estaria se afastando, talvez irremediavelmente, de seus três filhos - Denis, professor, Antoine, tradutor, e Agnès, diretora de escola-, que mantiveram um longo silêncio depois que o pai contou publicamente sua história. Hoje, eles se falam ao telefone, mas não convivem mais.

Texte : Leneide Duarte, Carta Capital, 16 de janeiro de 2002.

Photo : Pierre Seel, photographié en 1997 par Orion Delain.

Il barbaro assassinio del mio amore...


Intanto passavano giorni, settimane, mesi. Ho trascorso sei mesi, dal maggio al novembre del 1941, in un luogo dove l'orrore e la barbarie erano legge. Ma non ho ancora descritto la prova peggiore che ho subito. E' accaduta durante le prime settimane al campo e ha contribuito piu' di qualsiasi altra cosa a fare di me un'ombra silenziosa, obbediente fra le altre ombre." Un giorno gli altoparlanti ci ordinarono di presentarci immediatamente all'appello. Urla e grida ci spingevano la' senza indugi. Circondati dalle SS, abbiamo dovuto formare un quadrato e restare sull'attenti, come facevamo la mattina per l'appello. Il comandante e' arrivato con il suo intero staff. Ho pensato che stesse per picchiarci ancora una volta con la sua fede cieca nel Reich, accompagnando il tutto con la solita serie di comandi, insulti e minacce - emulando l'infame atteggiamento del suo capo, Adolf Hitler. Ma la prova in effetti era peggiore: un'esecuzione.

Due uomini delle SS hanno portato un giovane al centro del quadrato. Inorridito, ho riconosciuto Jo, il ragazzo che amavo, appena diciottenne. Non l'avevo ancora incontrato al campo. Era arrivato prima o dopo di me? Non ci eravamo visti nei giorni che avevano preceduto la mia consegna alla Gestapo. Ero gelato dal terrore. Avevo pregato perche' non fosse nelle loro liste, sfuggito alle retate, risparmiato dalle loro umiliazioni. E invece era li' di fronte ai miei occhi impotenti, colmi di lacrime. Diversamente da me, non aveva consegnato lettere pericolose, affisso manifesti o firmato dichiarazioni. E tuttavia era stato catturato e adesso stava per morire. Cosa era accaduto? Di cosa lo stavano accusando quei mostri? Nella mia angoscia ho dimenticato completamente la motivazione della sentenza di morte.

Gli altoparlanti trasmettevano musica classica a volume molto alto mentre le SS gli strappavano i vestiti di dosso lasciandolo nudo e gli ficcavano un secchio in testa. Poi gli hanno aizzato contro i loro feroci Pastori Tedeschi: i cani lo hanno azzannato all'inguine e tra le cosce, e lo hanno sbranato proprio li' di fronte a noi. Le sue grida di dolore erano distore e amplificate dal secchio sulla testa. Ho sentito il mio corpo irrigidito vacillare, gli occhi sbarrati dall'orrore, le lacrime mi correvano giu' irrefrenabili, ho pregato perche' la sua potesse essere una morte rapida.

Da allora e' accaduto spesso che mi sia svegliato urlando nel cuore della notte. Per cinquanta anni quella scena e' passata e ripassata continuamente nella mia mente. Non dimentichero' mai il barbaro assassinio del mio amore - davanti ai miei occhi, davanti ai nostri occhi, perche' li' c'erano centinaia di testimoni. Perche' stanno ancora zitti oggi? Sono tutti morti? E' vero che eravamo fra i piu' giovani del campo e che e' passato molto tempo da quei giorni. Ma sospetto che alcuni preferiscano tacere per sempre, impauriti dal rivangare i ricordi, quell'episodio tra i tanti altri.

Quanto a me, dopo decenni di silenzio mi sono deciso a parlare, accusare, testimoniare.

Source : Pierre Seel: Io, Pierre Seel, deportato omosessuale: Memorie del terrore Nazista, (New York: Basic Books, 1995). Traduzione di Marina La Farina.

Pour un panorama exhaustif des ressources Internet sur la question de la persécution des homosexuels sous le régime nazi et le régime fasciste (notamment), voir l'excellent site de Giovanni Dall'Orto, OMOCAUSTO. Link su omosessualità, nazismo e fascismo.

Voir également note biographique en italien sur Pierre Seel : http://www.culturagay.it/cg/biografia.php?id=287

Photo : Pierre Seel, photographié en 1997 par Orion Delain.

That barbaric murder of my love...


Days, weeks, months wore by. I spent six months, from May to November 1941, in that place, where horror and savagery were the law. But I've put off describing the worst ordeal I suffered. It happened during my earliest weeks in the camp and contributed more than anything else to making me a silent, obedient shadow among the others. One day the loudspeakers ordered us to report immediately to the roll-call site. Shouts and yells urged us to get there without delay. Surrounded by SS men, we had to form a square and stand at attention, as we did for morning roll call. The commandant appeared with his entire general staff. I assumed he was going to bludgeon us once again with his blind faith in the Reich, together with a list of orders, insults, and threats -- emulating the infamous outpourings of his master, Adolf Hitler. But the actual ordeal was far worse: an execution.

Two SS men brought a young man to the center of our square. Horrified, I recognized Jo, my loving friend, who was only eighteen years old. I hadn't previously spotted him in the camp. Had he arrived before or after me? We hadn't seen each other during the days before I was summoned by the Gestapo. Now I froze in terror. I had prayed that he would escape their lists, their roundups, their humiliations. And here he was, before my powerless eyes, which filled with tears. Unlike me, he had not carried dangerous letters, torn down posters, or signed any statements. And yet he had been caught and he was about to die. What had happened? What had the monsters accused him of? Because of my anguish I have completeley forgotten the wording of the death sentence.

Then the loudspeakers broadcast some noisy classical music while the SS stripped him naked and shoved a tin pail over his head. Next they sicced their ferocious German shepherds on him: the guard dogs first bit into his groin and thighs, then devoured him right in front of us. His shrieks of pain were distorted and amplified by the pail in which his head was trapped. My rigid body reeled, my eyes gaped at so much horror, tears poured down my cheeks, I fervently prayed that he would black out quickly.

Since then I sometimes wake up howling in the middle of the night. For fifty years now that scene has kept ceaselessly passing and repassing through my mind. I will never forget that barbaric murder of my love -- before my eyes, before our eyes, for there were hundreds of witnesses. Why are they still silent today? Have they all died? It's true that we were among the youngest in the camp and that a lot of time has gone by. But I suspect that some people prefer to remain silent forever, afraid to stir up the hideous memories, like that one among so many others.

As for myself, after decades of silence I have made up my mind to speak, to accuse, to bear witness.

Source: I, Pierre Seel, deported homosexual, A Memoir of Nazi Terror, by Pierre Seel and Jean Le Bitoux. Translated from French by Joachim Neugroschel. Basic Books, Harper Collins Publishers, 1995.

Photo : Pierre Seel, photographié en 1997 par Orion Delain.

Un assassinat barbare


Des jours, des semaines, des mois passèrent. De mai à novembre 1941, je vécus six mois de la sorte dans cet espace où l'horreur et la sauvagerie étaient la loi. Mais je tarde à évoquer l'épreuve qui fut la pire pour moi, alors qu'elle se passa dans les premières semaines de mon incarcération dans le camp. Elle contribua plus que tout à faire de moi cette ombre obéissante et silencieuse parmi d'autres.

Un jour, les haut-parleurs nous convoquèrent séance tenante sur la place de l'appel. Hurlements et aboiements firent que, sans tarder, nous nous y rendîmes tous. On nous disposa au carré et au garde-à-vous, encadrés par les SS comme à l'appel du matin. Le commandant du camp était présent avec tout son état-major. J'imaginais qu'il allait encore nous assener sa foi aveugle dans le Reich assortie d'une liste de consignes, d'insultes et de menaces à l'instar des vociférations célèbres de son grand maître, Adolf Hitler. Il s'agissait en fait d'une épreuve autrement plus pénible, d'une condamnation à mort.

Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. Je ne l'avais pas aperçu auparavant dans le camp. Etait-il arrivé avant ou après moi ? Nous ne nous étions pas vus dans les quelques jours qui avaient précédé ma convocation à la Gestapo. Je me figeai de terreur. J'avais prié pour qu'il ait échappé à leurs rafles, à leurs listes, à leurs humiliations. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s'embuèrent de larmes. Il n'avait pas, comme moi, porté des plis dangereux, arraché des affiches ou signé des procès-verbaux. Et pourtant il avait été pris, et il allait mourir. Ainsi donc les listes étaient bien complètes. Que s'était-il passé ? Que lui reprochaient ces monstres ? Dans ma douleur, j'ai totalement oublié le contenu de l'acte de mise à mort.

Puis les haut-parleurs diffusèrent une bruyante musique classique tandis que les SS le mettaient à nu. Puis ils lui enfoncèrent violemment sur la tête un seau en fer blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp, des bergers allemands qui le mordirent d'abord au bas-ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. Ses hurlements de douleur étaient amplifiés et distordus par le seau sous lequel sa tête demeurait prise. Raide et chancelant, les yeux écarquillés par tant d'horreur, des larmes coulant sur mes joues, je priai ardemment pour qu'il perde très vite connaissance.

Depuis, il m'arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n'oublierai jamais cet assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être témoins. Pourquoi donc se taisent-ils encore aujourd'hui ? Sont-ils donc tous morts ? Il est vrai que nous étions parmi les pus jeunes du camp, et que beaucoup de temps a passé. Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d'atroces souvenirs, comme celui-ci parmi d'autres.

Quant à moi, après des dizaines d'années de silence, j'ai décidé de parler, de témoigner, d'accuser.

Source : Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, écrit en collaboration avec Jean Le Bitoux, éditions Calmann-Lévy, Paris, 1994.

Photo : Pierre Seel, photographié en 1997 par Orion Delain.

El “olvido” de los estudios históricos


Cuando se estudia la historia del sorprendente, y duro para el análisis, siglo XX la mirada se fija sin duda en el humo que sale de las chimeneas de los campos de exterminio o en los cadáveres semienterrados que aparecen en numerosas fosas comunes excavadas por orden nazi. Pero cuando se analiza la composición de las cenizas de esas chimeneas, o los restos de las fosas, encontramos judíos, sí, pero también enemigos políticos del régimen, presos comunes, Testigos de Jehová, etc. Pero la Historia, o por mejor decir los estudios históricos hechos por personas, claro está, con una determinada concepción sobre la vida, hasta hace poco no encontraban restos de homosexuales (gays y lesbianas).

Sin embargo sabemos, cada día mejor, por el estudio de los archivos accesibles y, por si eso fuera insuficiente, por el testimonio de los ya escasos supervivientes de las persecuciones, que muchos homosexuales, sobre todo varones, fueron detenidos, torturados y exterminados por ser sólo eso, homosexuales. No por su pertenencia étnica, ni por sus ideas políticas, a veces vergonzosamente simpatizantes con las oficiales. Su única culpa fue llevar a la práctica su orientación afectiva y sexual. En su persecución coincidieron, y parecen seguir coincidiendo, todos los regímenes totalitarios. Les separan ideologías, medios y fines, pero son similares en este objetivo como una forma más de lucha contra la disidencia. Por eso parece necesario preguntar cómo se puede explicar este silencio sobre su exterminio. ¿Son responsables los estudios realizados por historiadores de ese silencio? Alguna culpa debe de tener su olvido puesto que de tan largo y unánime no puede ser inocente. La inocencia nunca muestra tanta constancia y sabiduría en las preguntas que no debe hacer o los testimonios que no debe buscar; la inocencia camina de la mano del azar y siempre se sorprende de lo que encuentra.

En la que pasa por ser la última entrevista concedida por Jean Paul Sartre dos meses escasos antes de morir se le preguntó por qué él, el intelectual francés comprometido por antonomasia, quien no se cansó de denunciar todo tipo de injusticias (reales o no), nunca dijo nada sobre el exterminio que sufrieron los homosexuales bajo el régimen nazi. Su respuesta fue,

orque ignoraba este tipo de matanzas, si habían sido sistemáticas y a cuánta gente habían afectado. No estaba seguro. Los historiadores hablan poco de ello. Podía reprochar un montón de cosas a los dictadores, pero ésa no podía reprochársela porque la ignoraba. [2]

Sartre fue el filósofo que puso de moda los temas de la “mala fe” y la “vida inauténtica” durante la segunda mitad del siglo XX. Nada más lógico que preguntarnos si él cayó en la misma falsedad que denunció en otros en relación con este tema, la matanza de homosexuales. ¿Mintió Sartre en esta entrevista o carecía de información una persona que solía estar bien informada de todo lo que sucedía a su alrededor? A esta pregunta intentaré responder a lo largo de este estudio. Pero no solo a ella, claro está. En realidad la usaré como pretexto para analizar una serie de cuestiones que tienen que ver con el tratamiento académico que ha recibido la homosexualidad a partir de la Segunda Guerra Mundial.

Pierre Seel. Historia de un deportado homosexual

En 1994 apareció en Francia un libro que tardó siete años en traducirse al castellano. Su título, Pierre Seel. Deportado homosexual. En él encontramos lo que el título promete, el testimonio directo de un francés, Pierre Seel, originario de Alsacia, fichado por supuesta homosexualidad cuando aún era adolescente e internado con dieciocho años en el campo alsaciano de Schirmeck. Relataré brevemente la historia: a Pierre Seel le roba el hombre con el que mantenía relaciones en un parque. Como el objeto robado, un reloj de pulsera, tenía valor económico y sentimental presentó una denuncia. Sin embargo, el lugar del incidente, la hora, etc, pusieron en alerta a la policía sobre el suceso que allí había tenido lugar y sometieron al joven Seel a preguntas y situaciones humillantes. En sus propias palabras,

Había entrado en la comisaría como un ciudadano robado y salía como un homosexual vergonzante (....) Ignoraba que mi nombre acababa de inscribirse en el fichero policial de los homosexuales de la ciudad y que, tres años más tarde, mis padres se enterarían así de mi homosexualidad.[3]

Poco tiempo después de este incidente estalla la Segunda Guerra Mundial y Alemania se anexiona Alsacia y Lorena, provincias disputadas con Francia desde tiempo inmemorial. Las autoridades de ocupación se hacen cargo entonces de todas las tareas administrativas, entre el júbilo de unos alsacianos y la desesperación de otros. Así llegan a sus manos ficheros policiales donde aparece una homosexualidad que no estaba condenada por las leyes, puesto que había dejado de ser perseguida en Francia desde 1810 con la aplicación del Código Penal napoleónico. Por lo tanto estos archivos eran fruto de la arbitrariedad y la persecución policial de los homosexuales; algo ilegal pues. A Pierre Seel se le ordena pasar por las dependencias de la Gestapo el 3 mayo de 1941.

En ese edificio, durante diez horas, sufrió todo tipo de crueldades que aquí no voy a repetir porque están detalladas en su biografía y quien esté interesado en conocerlas allí puede encontrarlas. Solo diré que, cuando las autoridades alemanas consiguieron que firmara su declaración, el papel tuvo poco valor porque las manchas de sangre hicieron la letra ilegible. A este día le siguieron otros dieciocho en una cárcel atestada de prisioneros y sin comida, y después un furgón al campo de Schirmeck, muy cerca de la frontera alemana, pero todavía en territorio francés[4]. Eran muchos los padecimientos que sufría quien era internado en un campo de concentración que, a menudo, lo era también de exterminio. Todas y todos supongo que tenemos algún tipo de familiaridad con su funcionamiento, sea por haber leído sobre el tema, sea por haberlos visto en el cine. Así que me limitaré a señalar sólo una de las reglas que obligatoriamente habían de cumplir los internos, la destacaré por la arbitrariedad a que daba lugar; una norma, además, que no siempre aparece recogida en los estudios. Consiste en lo siguiente: era obligatorio que los prisioneros recogieran cualquier cosa que se les cayera o encontraran en el suelo, fuese un pañuelo, su escudilla, etc. Bien, pues a veces los guardianes, sin motivos aparentes para los internos, cogían un papel o la gorra de uno de ellos y la lanzaban contra las alambradas que delimitaban el campo. Si el detenido iba a recogerla era abatido a tiros por intento de fuga, pero si no lo hacía era igualmente abatido por desobedecer una orden. A cambio de terminar con un prisionero que se había “intentado fugar”, los miembros de las SS recibían como premio un permiso especial de tres días y una cierta cantidad de dinero[5]; así perdieron la vida muchos prisioneros que no gozaban de las simpatías de las SS[6].

Pierre Seel estuvo pues en Schirmeck durante seis meses, de mayo a noviembre de 1941. Le dejaron salir por buena conducta, por su juventud y, sobre todo, porque firmó una declaración en la que aceptaba la nacionalidad alemana, como podían hacer muchos alsacianos bajo la ocupación. Formaba parte de la política nazi el intentar aprovechar a los “arios” que enmedaran una conducta perjudicial para el régimen; ello incluía a los ciudadanos de zonas consideradas alemanas, como Alsacia y Lorena. Esto, por supuesto, fue una trampa porque a cambio de libertad momentánea le obligó a combatir los años siguientes como soldado raso del ejército alemán en los peores escenarios posibles, incluyendo el frente ruso. Pero no adelantemos acontecimientos. Podemos preguntarnos qué sucedía en el campo cuando los prisioneros se quedaban solos, por la noche, bajo la vigilancia del capo y sus secuaces. Seel nos cuenta que

En el barracón se habían constituido grupos según las diversas afinidades, políticas a veces, lo que aminoraba algo el aislamiento y la dureza de la cotidianeidad. Yo no formaba parte de ninguno de los grupos de solidaridad. Con mi cinta azul, rápidamente descifrada por mis compañeros de infortunio, no tenía nada que esperar de ellos: el delito sexual es una carga adicional en la identidad carcelaria (....) En el universo de los detenidos yo era un elemento completamente despreciable, una minucia sin alma.[7]

Debo aclarar que, aunque el triángulo rosa era la forma corriente de marcar a los homosexuales en los campos que estaban en Alemania o en la Europa del Este, previamente se usaron otros distintivos como brazaletes amarillos con la letra “A” impresa, largos lunares negros o el número 175, en alusión al artículo 175 del Código penal que castigaba las relaciones entre personas del mismo sexo desde el siglo XIX. Al final se impuso el triángulo rosa como la forma corriente de señalar a los varones homosexuales. Sin embargo, en el campo alsaciano de Schirmeck, parece ser que se usaba una cinta azul con el mismo objetivo, de ahí el comentario que acabamos de ver[8]. De la cita se deduce que los oprimidos seguían y reforzaban la discriminación de los opresores; el barracón era un microcosmos que reproducía el macrocosmos político.

Pero, ¿dice la verdad Pierre Seel? ¿Diciendo la verdad exagera, quizás? ¿Existió el exterminio homosexual? Si existió, ¿con qué alcance? Recordemos la ignorancia que había puesto Sartre como justificación para no hablar de tema. Pierre Seel se decide a contar su historia tras haber callado durante casi cuarenta años. Tuvo que guardar silencio todo ese tiempo por vergüenza, por miedo a las represalias contra su familia, y porque la homosexualidad había vuelto a ser castigada en Francia, en 1942 bajo el gobierno de Pétain, tras siglo y medio de despenalización. Lo mismo sucedió en Alemania, donde siguió en vigor el artículo 175 tras la derrota del nazismo[9].

Sin embargo Pierre Seel se decide, finalmente, a hablar. ¿Y por qué lo hace? Habla porque su vida, a los cincuenta y nueve años, era un fracaso completo por intentar borrar su homosexualidad: divorciado, al borde del alcoholismo y con muy poco respeto por sí mismo. Lo hace también porque en 1982, el entonces obispo de Estrasburgo, declara a la prensa sin ambages que considera a la homosexualidad como una enfermedad. Por lo tanto respeta a los homosexuales pero como respeta a los enfermos[10]. Pierre Seel se indignó enormemente al oír esas palabras; era imposible seguir callado y dejar que los demás se aprovecharan de su posición y poder para insultar, despreciar, negar su vida y, con ella, la de todos los homosexuales. Porque ese tipo de discursos fue el que llevó a la persecución y al asesinato de inocentes por parte de los nazis. De ahí que, con los años, acabara escribiendo su autobiografía.

El exterminio de homosexuales y los estudios históricos

En la preparación de este artículo he podido consultar todo tipo de libros y artículos sobre la Alemania nacionalsocialista, desde textos que detallan la vida en estos campos como los escritos por Primo Levi, hasta otros que, dentro de cierta corriente de revisionismo histórico, pasan de largo sobre el tema porque, aparentemente, tal cosa no ha existido. El resultado de mis investigaciones es pobre sobre el tema que me ocupa porque los historiadores no suelen detenerse en el exterminio de estas personas ni escribir sobre él.

Sin embargo uno de los pocos estudios que he podido encontrar es la obra de Olga Wormser y Henri Michel, Tragédie de la déportation 1940-1945, publicada en 1955, y premiada por la Academia Francesa. Estos autores aportan un documento del 28 de agosto de 1940 del Servicio alemán de seguridad (Documentación Arolsen). Se trata de un documento redactado para uso interno por las autoridades nazis siete años después de crearse el primer campo de exterminio, y donde, finalmente, hacen una clasificación según su funcionamiento y objetivos. Según éste los campos serían de tres tipos:

Tipo 1: Creados para las ofensas menores. Entre ellos estarían Dachau y Sachsenhausen;

Tipo 2: Creados para ofensas más graves. Este segundo tipo agravaba las condiciones de vida y trabajo. Entre ellos estarían Buchenwald y Auschwitz;

Tipo 3: Auténticos “molinos de huesos” de donde era extremadamente raro salir vivo. Entre ellos se encontraban Mauthausen y Gros-Rosen.

Cierto que esta clasificación es un tanto arbitraria, puesto que Auschwitz, pese a pertenecer al segundo tipo, era el campo modélico de exterminio, si es que tal hecho puede calificar así. También influía en el nivel de supervivencia dentro de cada campo que la preocupación dominante en un momento determinado fuese la productividad o el exterminio, lo que a su vez dependía de la marcha de la guerra. Ahora bien, como los autores dicen, y por eso se aporta aquí, el objetivo de la Gestapo y las SS era situar en el tercer tipo a todos los criminales, homosexuales, judíos y cierto tipo de presos políticos que les parecían especialmente peligrosos, todos ellos con independencia de su nacionalidad[11]. Y si bien la clasificación es arbitraria porque los del tipo uno podían serlo del dos, y los del dos ser del tres, lo que no sucedió es que los del tercero fuesen del segundo. Por tanto el que los homosexuales fuesen internados con preferencia en los del tipo tres (o del dos que funcionaba como tres) conducía a una muy probable aniquilación. Este era el objetivo, y así debemos suponer que sucedió por encima de los avatares políticos que vivió el régimen nazi. Era además objetivo personal de Himmler que así fuese, como se verá más adelante.

De hecho, siguiendo las investigaciones de R. Lautmann en varios campos de concentración, se puede afirmar que el 60% de los homosexuales internados en los campos murieron durante su encierro, comparado con el 41% de los prisioneros políticos y el 35% de los Testigos de Jehová. Lo que es más, después de cuatro meses uno de cada cuatro internos había muerto; después de un año, uno de cada dos. La suerte fue distinta para prisioneros políticos y Testigos de Jehová, quienes sobrevivían en mayor numero tras el primer año de encierro (cuatro de cada cinco Testigos y dos de cada tres prisioneros políticos)[12]. El nivel de supervivencia de los homosexuales era tan bajo como el de los judíos, pese a no ser objetivo específico del nazismo terminar con todos los homosexuales “arios”, como sí lo fue terminar con todos los judíos. Entonces podemos preguntarnos por los motivos de unos porcentajes de supervivencia tan bajos.

El mismo Lautmann apunta unas hipótesis que coinciden con las declaraciones de los homosexuales que sobrevivieron al exterminio. Hipótesis que aquí se consideran también válidas. En primer lugar no existía una solidaridad social con esos prisioneros, como sí existía con otros, ni una red externa de apoyo. Cada homosexual detenido no podía confiar en que otro homosexual del exterior se preocupara por él e intentara hacer algo para sacarle de allí so pena de ser acusado y detenido por el mismo delito; a menudo no recibía ayuda ni siquiera de su familia. Por otro lado, al ser considerados, tanto por el régimen nazi como por la sociedad, cobardes y afeminados, no se ponían en sus manos tareas de responsabilidad, administración de los barracones, etc, que ayudaban enormemente a seguir vivo porque se asesinaba preferentemente a quienes no tenían ninguna función asignada ni trato con las autoridades; quienes realizaban estas funciones no era probable que tuviesen que ir a recoger su gorra a las alambradas. En tercer lugar no podían ayudarse entre ellos porque cualquier acercamiento sería visto como una negación de su “cura” o rehabilitación, cosa que sí podían hacer otros prisioneros. Nadie se extrañaba de que un judío se acercara a otros judíos, por ejemplo, ni lo iba a denunciar por ello. Los homosexuales estaban solos como nadie más lo estaba. Finalmente, como su vida no parecía tener mucho valor fuera del campo, entonces tampoco tenía valor dentro de él[13]. Ni para los nazis, que les encargaban los trabajos más duros y los sometían a los experimentos médicos más crueles, ni para el resto de los internos, que podían negarse a ayudarles en el caso de necesitarlo.

Por lo tanto los homosexuales pasarían fácilmente a convertirse en “musulmanes”[14], calificativo que designa el estado límite de supervivencia a la que llegaba un interno y cuyas características eran la desnutrición aguda, los actos mecánicos e inconscientes, el encorvamiento de la espalda y la consiguiente dificultad para caminar. Se trataba ser seres humanos incapaces ya para el trabajo y que entraban mansamente en los convoyes dirigidos a las zonas de exterminio dentro del campo o de otros lagers. Heger cuenta lo siguiente sobre los criterios de selección de un número determinado de prisioneros para enviar de los campos de concentración a los de exterminio, donde encontrarían la muerte segura,

Se dejaba a la oficina de prisioneros, encabezada por el decano del campo, la labor de seleccionar a los presos que debían ser enviados al exterminio. Si el decano era un preso político, era un hecho seguro que la mayor parte de los prisioneros elegidos para el exterminio serían hombres con el triángulo rosa.[15]

Para entender el comentario debe señalarse que cada grupo dominante de un campo elegía a miembros de los otros grupos para llenar el cupo de sujetos condenados a morir. Reafirmaba así su poder frente a los demás y la fidelidad de sus adhesiones, es decir se volvía más fuerte. Como los triángulos rosas no eran dominantes en ninguno, entonces eran elegidos como víctimas preferidas por todos los demás, junto con los gitanos, que se encontraban en la misma situación.

Asesinar homosexuales fue entonces un objetivo reconocido por la Gestapo y las SS, aunque en numerosos discursos de los años treinta, tanto Heinrich Himmler, jefe primero de las SS, luego de la Gestapo, y finalmente responsable máximo de los campos, como Hitler, habían asumido públicamente la función de terminar con los homosexuales (además de con los judíos). No tenemos más que ver lo que sucedió en la conocida como “Noche de los cuchillos largos”, el último fin de semana de junio de 1934. Entonces Goering y Himmler ordenaron asesinar a Ernst Röhm y a muchos otros dirigentes y miembros de las SA, por supuesto con el conocimiento de Hitler, bajo la acusación de que este cuerpo nazi estaba formado por homosexuales que, en virtud de sus afinidades, preparaban una conspiración contra el Führer[16]. Es decir, la homosexualidad era la base para una conspiración. Debo decir que aunque Ernst Röhm y su ayudante Edmund Heines eran conocidos homosexuales, la mayoría de los trescientos miembros de las SA asesinados aquellos días no lo eran, así que fueron asesinados bajo esa acusación pero por otros motivos como ajustes de cuentas personales, luchas por el poder dentro del régimen entre las SA de Röhm y las SS de Himmler, intento de tranquilizar a los altos mandos del ejército por el poder creciente que tenían las SA dentro del Estado descabezándolas, etc[17].

De hecho, en 1934, se creó dentro de la Policía Secreta del Estado, es decir dentro de la Gestapo, una división especial para perseguir a los homosexuales. Dos años más tarde, en 1936, Himmler creó una Oficina Central para combatir la Homosexualidad y el Aborto: la Oficina Especial (IIs), un Subdepartamento del Departamento Ejecutivo II de la Gestapo. La unión de la homosexualidad y el aborto reflejaba la política nazi de promover la natalidad, ya que una de las dificultades que podían encontrar para implantar su programa totalitario primero en Europa, y luego en el resto del planeta, era la insuficiencia numérica de la raza aria.

A la cuestión de porqué el régimen hitleriano perseguía a los homosexuales se puede contestar que, básicamente, porque los consideraba perjudiciales para la pureza de la raza germánica. Perjudiciales en un doble sentido. Por un lado el homosexual no se reproducía, según los ideólogos nazis, lo que reducía el número de nacimientos futuros. Cuando digo que no se reproducían quiero decir, en primer lugar, que los nazis creían que la homosexualidad masculina abarcaba casi todo el campo. O, dicho con otras palabras, que las lesbianas no suponían la misma amenaza que los varones; de hecho el artículo 175 no mencionaba la homosexualidad femenina. Aunque una mujer tuviese relaciones con otras, pensaban que esto era una etapa de inmadurez que se resolvería fácilmente con el paso del tiempo. Se consideraban recuperables para la raza y la maternidad, a diferencia de los varones. Por lo tanto aunque también fueron perseguidas, y se encuentran documentados unos cuantos casos[18], no lo fueron con la saña con que lo fueron los homosexuales masculinos.

Pero si, excepcionalmente, los homosexuales se llegaban a reproducir entonces las consecuencias serían temibles porque, según la doctrina eugenésica en boga, y no sólo en Alemania, también en las democracias occidentales, transmitirían a sus descendientes una serie de rasgos psicológicos y emocionales negativos, como la mentira y la cobardía, además de la homosexualidad, es de suponer. Es sabido que el nazismo asociaba los valores morales y sociales con la sangre, la cultura superior con la sangre alemana, la inferior con los pueblos salvajes y semitas, de donde permitir la reproducción de una sangre que no se adecuaba a los valores supremos, como era el caso de la sangre judía, gitana, homosexual, eslava, etc, era una traición al pueblo alemán. Era su debilitamiento y su fin[19].

En opinión de Gerard Koskovich, la persecución de homosexuales que comenzó con la “Noche de los cuchillos largos” es un hecho significativo por un buen número de razones. En primer lugar porque ayudó al ministro Joseph Goebbels a elaborar tácticas de manipulación de la opinión pública tan eficaces que luego fueron usadas para el más amplio programa racista y antisemita. En segundo lugar porque demostró cómo la acusación de homosexualidad podía ser usada para coaccionar a cualquiera, tuviese o no esa orientación sexual y afectiva. De hecho, quien se ganara las enemistades del partido nazi podía ser acusado y castigado con las penas más duras que permitieron las varias ampliaciones que se hicieron del artículo 175. Era juzgado formalmente, aunque sin neutralidad judicial, si se trataba de una persona importante; extrajudicialmente y sin formalidades si no lo era. Esto, evidentemente, permitía una flexibilidad en el uso que no tenían otros términos, como el de “judío”, por ejemplo. En tercer lugar supuso el despliegue de la nueva política genocida; la aceptación que tuvo entre la población alemana el asesinato de personas bajo la acusación de que eran homosexuales animó a los nazis a pensar que la puerta estaba abierta al uso futuro del exterminio sobre otras poblaciones[20]. Al fin y al cabo, se puede pensar, si el asesinato de unos ciudadanos se realiza ante la indiferencia de la mayor parte de la población, ¿por qué no asesinar a muchos otros si suponen también una dificultad para llegar al Estado totalitario aunque presentándolo como una política destinada al bien del pueblo alemán?

Como muestra del conocimiento que tenían que tener los historiadores de la política nazi hacia los homosexuales, su persecución y exterminio, me detendré en el discurso público que el mismo Himmler pronunció el 10 de octubre de 1936, donde expuso algunos de sus principios ideológicos. Tras afirmar que Alemania estaba rodeada de enemigos dispuestos a destruirla a la menor ocasión arremete, sin mediación aparente, contra las homosexuales y expone la política que el régimen nazi estaba siguiendo para terminar con ellos. Afirma que

Como Nacional Socialistas no tenemos miedo a luchar contra esta plaga dentro de nuestras propias filas. Como si hubiéramos vuelto a adoptar el antiguo punto de vista germánico sobre la cuestión del matrimonio entre razas extrañas, así, también, en nuestro juicio de la homosexualidad –un síntoma de degeneración racial destructiva para nuestra raza- hemos vuelto al principio nórdico que [dice que] los degenerados deben de ser exterminados. Alemania se levantará o caerá según la pureza de su raza[21]

Es decir, Himmler parece creer en una mítica edad dorada donde los principios de segregación racial y moral eran el secreto de la supremacía de unas razas sobre otras. Quizás del triunfo de los viriles germanos sobre los afeminados latinos siglos atrás. Por haber olvidado esos principios Alemania se encontraba postrada; para levantarla era necesario volver a cumplirlos a cualquier precio. Entre las medidas a tomar, y Himmler no puede hablar más claro ni más alto, se encuentra el exterminio de los homosexuales. No fueron simples palabras porque el 4 de abril de 1938 dicta una orden por la cual todos los hombres condenados por crímenes homosexuales debían ser trasladados directamente a campos de concentración. Revisa la orden en 1940 para afirmar, simplemente, que “debían ser trasladados”[22]. Adónde debían serlo no se dice con claridad, puesto que al comenzar la guerra las autoridades nazis dejaron de ser claras en muchos aspectos que tenían que ver con el genocidio, pero es fácil deducirlo.

No abundaré en más citas similares porque en estas y otras declaraciones se comprueba lo claro que hablaban las autoridades nazis y lo mucho que se han ignorado sus palabras. Es como si los nazis fuesen unos asesinos con tan poca conciencia de culpa que dijesen siempre la verdad sobre lo que iban a hacer, y además fuesen coherentes con sus proyectos. Y, en cambio, muchos historiadores que estudiaron esos años, a quienes podemos y debemos suponer perfectamente conocedores de estas palabras y de todo lo que rodeó la masacre de las SA, fuesen pacíficos sabios incapaces, quizás, de enfadarse con nadie o de sufrir un acceso de cólera, pero incapaces también de decir toda la verdad para no herir el pudor del público.

Así se puede decir que en muchos estudios sobre la Segunda Guerra Mundial o el régimen hitleriano se dan listas de detenidos en los campos y encontramos la conocida, por repetida, clasificación: judíos y comunistas de las más diversas nacionalidades, republicanos españoles, miembros de la resistencia de todos los países invadidos, ciudadanos rusos, polacos, etc. Pero pocas veces homosexuales[23]o gitanos. Se sabe a ciencia cierta que los nazis perseguían a los homosexuales, pero cuando se habla de las víctimas de los campos de exterminio, no se los nombra por ningún lado ¿Pero qué temían los estudiosos de esos años, desarrollar una carrera profesional menos brillante? ¿Por qué no hablaban de la persecución y exterminio de los homosexuales cuando Himmler se expresaba con tanta claridad? ¿Fueron homófobos, es decir, detestaban a los homosexuales y su negación fue solo la expresión de su homofobia?

Homofobia, Historia, Filosofía

El historiador del Derecho Daniel Borrillo relaciona la homofobia, en sentido general, con la xenofobia, el racismo, el sexismo y el antisemitismo. Todas éstas serían manifestaciones arbitrarias que señalan al otro como contrario, inferior o anormal[24]. Ese otro puede quedar fuera del universo común de los humanos, y se convierte entonces en el objeto de miradas curiosas y discursos negadores de su humanidad. Borrillo señala que

La homofobia es un fenómeno complejo y variado que se adivina en las bromas vulgares que ridiculizan al afeminado, pero que también pueden revestir formas más brutales, que lleguen a la voluntad de exterminación del otro, del homosexual, como fue el caso de la Alemania nazi. La homofobia, como toda forma de exclusión, no se limita a constatar una diferencia: la interpreta y extrae conclusiones materiales[25]

¿Qué conclusiones materiales extrae la homofobia, podemos preguntar a partir de la última frase de la cita? Quizás que no sea oportuno hablar del sufrimiento de personas que no están bien vistas por la sociedad, es decir que es mejor callar aquello que, si se dice, nadie va a felicitar a su portavoz o testigo por decirlo. Si el mundo de los barracones repetía la jerarquía social del universo nazi denunciada por Seel, es muy probable que los historiadores se hayan contagiado del mismo sistema de valores y si, por ejemplo, no quieren hablar de los gitanos ni de los homosexuales ¿quién se lo iba a reprochar, quizás alguna autoridad académica reconocidamente homosexual? Era poco probable.

Ahora bien, no ajustaré cuentas sólo con los estudios históricos, lo haré también con la Filosofía. Si se formulara la pregunta acerca de la postura que han adoptado los filósofos contemporáneos sobre el tema que se ha desarrollado en este artículo, la respuesta es que no ha tomado ninguna, que se sepa. Parte de la Escuela de Frankfurt reflexionó sobre lo acontecido en los campos del infierno; un autor como Adorno se ocupó en profundidad del tema, de denunciar la falta de sentido de la cultura contemporánea desde entonces, de la imposibilidad de su continuación. Adorno no recoge más que la matanza de judíos, es cierto, pero lo que hace es reflexionar en general sobre el sentido del fenómeno, más que especificar sobre sus víctimas. Por lo tanto no debemos esperar en él un acercamiento a cada una de las categorías de asesinados para realizar una reflexión independiente.

Más graves son otros silencios, en primer lugar el de Heidegger. Porque, como señala Ricardo Foster[26], si pudo haber sido fruto de su ambición y precipitada falta de reflexión el aceptar responsabilidades académicas bajo el nazismo, no fue ni una cosa ni la otra su persistente silencio posterior sobre lo que aconteció en los campos, acerca de su misma existencia. Y eso en un filósofo que había hecho del conocimiento de los aspectos de la temporalidad los rasgos constitutivos para la comprensión del ente. Cuarenta años de silencio son demasiado tiempo para haber sido contemporáneo a lo sucedido, vivir en el lugar y momento oportunos, y no hablar de ello. Pocos alemanes, seguramente ninguno, en mejor posición intelectual que Heidegger para pensar sobre esos hechos. Sin embargo en él no encontramos ni alusión al tipo de inocentes que fueron a parar a los campos, ni referencias al hecho de su existencia; es como si nada de eso hubiese sucedido. El suyo es un silencio enorme que pesa atrozmente sobre la filosofía que con tanto trabajó ayudó a levantar, sobre una metafísica que descubre en la fundamentación en el tiempo histórico su base más segura.

Si los estudios históricos no entraron, no quisieron entrar, en el reconocimiento de determinadas víctimas de la matanza y los filósofos, en demasiadas ocasiones, ni siquiera trataron el asunto, ¿cómo sabemos que estos hechos se produjeron? ¿quiénes son los testigos que pueden hablar del exterminio de homosexuales? Sin duda Pierre Seel y H. Heger/Joseph K., pero no sólo ellos. A Pierre Seel lo podemos ver en un film documental que ha recibido varios premios internacionales, Paragraph 175[27]. Aquí, además, aparecen recogidos testimonios de franceses y alemanes que fueron detenidos, internados, torturados en los campos nazis de exterminio diseminados por varios países y que, pese a todo, milagrosamente consiguieron sobrevivir a tanta crueldad y dolor. Decidieron dar ese paso adelante y declarar públicamente lo que habían callado durante tantos años para impedir que el olvido o la mentira negasen lo que fue, borrasen lo que hubo. Frente a la cobardía y egoísmo que aducía Himmler como sus rasgos innatos, han demostrado ser valientes y generosos. Gracias a ellos podemos conocer lo que ni otros supervivientes, ni la inmensa mayoría de los historiadores, han querido contar sobre lo que pasó en Alemania y las zonas de Europa control nazi.

Conclusiones

Como conclusiones de las páginas anteriores creo que se puede afirmar lo siguiente:

1º) No se puede acusar a Sartre de “mala fe” cuando afirmó que no habló de la persecución de homosexuales por el régimen nazi porque no la conocía. Quizás podría haber hecho un poco más por informarse, quizás podría haber sabido más. Pero si la “mala fe” es el desconocimiento consciente de determinados hechos, Sartre no puede ser acusado de esa falta.

2º) Si la homofobia es la consideración de los homosexuales como personas inferiores a las heterosexuales, y extrae conclusiones de la diferencia, entonces la inmensa mayoría de los historiadores que estudiaron el genocidio han sido homófobos. Si el barracón de los campos reprodujo un sistema de valores que los nazis defendieron, pero que estaba vigente mucho antes de que llegasen al poder, los estudios históricos, durante décadas, reprodujeron los prejuicios del barracón. También los filósofos, en la medida en que tiene la responsabilidad de reflexionar sobre lo sucedido, han caído en el mismo culpable silencio.

3º) Hace falta todavía un estudio profundo de este fenómeno. Es cierto que desde finales de la década de los ochenta, aproximadamente, el tema merece más atención. Pero también lo es que la persecución de homosexuales y gitanos son los grandes olvidados de los estudios sobre los totalitarismos en Europa, de derecha o de izquierda.

4º) El encubrimiento de este hecho por los historiadores no se ha producido en otros campos culturales como el teatro (Bent), el género (auto)biográfico (Hans Heger, Pierre Seel) o el cine (Paragraph 175). Escritores, directores de cine o los mismos museos (como el Holocaust Memorial Museum de los Estados Unidos) han ocupado ese espacio de reivindicación y han conseguido que el olvido no fuese completo.

Es decir, donde los expertos de la ciencia histórica no han querido hablar, otras creaciones culturales lo han hecho. Es lógico que así sea porque algo que formó parte de la enormidad que supuso el genocidio nazi no es fácil que permanezca indefinidamente ocultado o silenciado.

Bibliografía

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Discurso pronunciado el 18 de febrero de 1937.

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Wormser, Olga y Michel, Henri (1955): Tragédie de la déportation 1940-1945. Hachette, Paris.



Filmografía:

Epstein, Robert (1999): Paragraph 175. USA , 81 minutos.

Direcciones virtuales:

www.holocaust-trc.org/homosx.htm Página web del Holocaust Teacher Resource Center puesta a su disposición por el Holocaust Memorial Museum de Estados Unidos. Incluye enlaces a figuras de la Alemania de los años treinta, como el Dr. Magnus Hirschfeld, y al famoso Artículo 175 del Código penal alemán.

The author can be contacted at : elpersazaratustra@wanadoo.es

NOTES

[1] Una primera versión de este texto se presentó con el título de “El olvido de una memoria llena de culpa” como comunicación en el I Congreso iberoamericano de ética y filosofía política que se celebró en Alcalá de Henares entre el 16 y el 20 de septiembre de 2002. Fue la primera vez que, en el conjunto del Estado español, se expuso el tema en un ambiente académico.

[2] Extracto de la entrevista realizada el 23 de febrero de 1980 por Barbedette, Lochu y Le Bitoux, publicada en Gai Pied (marzo, 1980) y recogida en Seel y Le Bitoux (2001, 131).

[3] Le Bitoux y Seel (2001, 21).

[4] Hoy de este campo ya no queda nada porque las autoridades francesas han convertido el suelo que ocupaba en zona residencial.

[5] Heger (2002, 62). El libro es una biografía del superviviente Joseph Kohut, escrita por Heinz Heger, pseudónimo a su vez del escritor vienés Hans Newmann, ya que el protagonista de los hechos deseaba contar su historia pero no se sentía con talento suficiente para hacerlo por sí mismo, ni quería salir a la luz pública. Para entender el anonimato, tanto del escritor como del biografiado, debe recordarse que cuando se publica esta obra la homosexualidad seguía estando perseguida en la mayor parte de Europa; por otro lado las editoriales se resistían a publicar un libro con ese contenido.

[6] Este hecho lo encontramos recogido tanto en la obra de Seel como en Bent, obra de teatro escrita por Martín Shermann. Bent está inspirada en el texto de Heger.

[7] Le Bitoux y Seel (2001, 40).

[8] Los símbolos más frecuentes eran los siguientes: triángulo amarillo para los judíos, rojo para los disidentes políticos, verde para los criminales de derecho común, morado para los Testigos de Jehová, marrón para los gitanos, rosa para los homosexuales. Un hecho revelador de la jerarquía dentro de los barracones es que los presos políticos temían que, con el lavado, el triángulo rojo de su ropa perdiese color y acabase pareciendo rosa.

El mencionado triángulo rosa, con el tiempo y a consecuencia de la persecución nazi, se ha convertido en el símbolo internacional de muchos grupos que luchan por los derechos de gays y lesbianas.

[9] La homosexualidad fue despenalizada en Francia en 1982, durante el primer mandato de François Mitterrand. El artículo 175 entró en vigor en toda Alemania en 1871, a raíz de la unificación, imponiéndose el código de Prusia sobre las legislaciones de otros estados como Baviera y Hannover, que habían despenalizado la homosexualidad a comienzos del S. XIX como consecuencia de la influencia que tuvieron las ideas ilustradas en esos territorios. El artículo 175 siguió en vigor en las dos Alemanias mucho tiempo después de terminar la Segunda Guerra Mundial.

[10] Es curioso que un obispo católico hable de enfermedad, concepto médico, en lugar de pecado o culpa, conceptos teológicos propios de su formación. Muestra evidente del peso que han perdido las categorías religiosas, sustituidas por las científicas, para juzgar la realidad.

[11] Wormser y Michel (1955, 67-68).

[12] Lautmann (1981, 3 y sgs.).

[13] Lautmann (1981, 3). Ver también Plant (1986, 166-169).

[14] Para el uso del concepto de “musulmán” y su descripción se puede consultar Primo Levi (2002) y para su análisis Agamben (2000).

[15] Heger (2002, 136).

[16] “(...) Hitler, tomando la palabra ante los jefes de las secciones de asalto supervivientes en Munich, el 30 de junio, a mediodía, justo después de las primeras ejecuciones, declara que, por su sola moral corrompida, esos hombres merecían morir” Shirer (1963, 247) [Traducción propia]. Uno se pregunta, como hace Klaus Mann, si antes de esta fecha Hitler no conocía perfectamente la “moral corrompida” de sus secuaces.

[17] Koskovich (1997, ……)

[18] Schoppman (1996, 20 y sgs.).

[19] A ello deben sumarse las obsesiones personales de Himmler, que sin duda crecieron en odio hacia los homosexuales cuando la figura de Ernst Röhm, que era en la práctica su superior dentro de la jerarquía nazi aunque dirigiese otro cuerpo, bloqueaba el ascenso de las SS. Su carrera política y ambición personal no quedaron despejadas hasta la “Noche de los cuchillos largos” y el posterior debilitamiento de las SA. Ver para ello, Plant (1986, 54-104). Es decir, los capítulos segundo (“The Röehm Affair”) y tercero (“The Great Inquisitor”).

[20] Koskovich (1997, ......) en este mismo volumen. Ver también Plant (1986, 67-69).

[21] Plant, 111[Traducción propia].

[22] Plant, 215.

[23] Por ejemplo en el texto de Zentner (1978). Por citar un texto escrito originalmente en castellano dentro de la misma línea, véase Saña (1980). Como excepción a este silencio se podría mencionar la obra de Eugen Kogon (1965, 82). Pero, como apunta su título, Sociología de los campos de concentración, esta obra desarrolla un enfoque sociológico.

[24] Borrillo (2001, 13 y sgs.).

[25] Borrillo (2001, 16).

[26] Foster (2002).

[27] Epstein (1999). Evidentemente el título del film documental se refiere al artículo del código penal alemán que sancionaba la homosexualidad.

Copyright: Javier Ugarte Pérez, 2004.

La guenille

La guenille

André Sarcq



A Jo et à Pierre Seel

Aux homosexuels massacrés par les nazis

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Prie, Seigneur,
prie-nous,
nous sommes proches.

Paul Celan,
Tenebrae (Grille de parole).


Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de
personne

Paul Celan,
Psaume (La rose de personne).


Quand un homme couche avec un
homme comme on couche avec une
femme, ce qu'ils ont fait tous deux
est une abomination : ils seront mis
à mort, leur sang retombe sur eux.

Lévitique, XX, 13.


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Et ne nous prie plus
Dieu
ne nous prie plus

Ne tourne plus vers nous ta prière
autistique
car nous sommes coulés dans le
non
encastrés dans l'a
privatif
de nom
de linceul
et de mémoire

Notre mode n'est pas
d'être
n'a pas d'être

Notre mode
est l'apnée perpétuelle
d'une falaise de larmes
pétrifiées
l'apnée perpétuelle
d'un bloc brûlant de basalte sans bouche
l'apnée tombeau du cri
jamais jailli

jamais

Ne nous prie plus

Car nous n'avons que faire
de ta prière
car ton Amour
nous indiffère

Oui nous sommes là
bloc de bannis de la mémoire des justes
neige étrangère sous la neige des Juifs
neige noire
noire neige noircie des cendres
de la honte
neige salie
de la grenaille de l'offense

Nous sommes là
qui n'occupons nul espace
ne pesons rien dans nul espace
sous la neige vénérable des Juifs
des Tziganes et des Débiles
la neige retombée priante
ou non
la neige mêlée de fins cristaux de chair-
charbon
la neige lente et lourde infiniment
la neige lente et lourde éternellement
la neige fusillée
aux champs de tourbe noire-allemande

Ne nous prie plus
Ne nous prie plus c'en est assez

Amants des hommes effacés
des longs registres du martyre
nous piétinons dans un non-être
couvert des flots de notre sang

Notre sang monte à nos chevilles

Interminable troupe muette
pressée jusqu'à la résorption
nous migrons vers le point sans nom
qui abolira tous les noms

Et le chiffon
non la fleur
le lambeau non la rose
la guenille
la guenille souillée
la guenille de tombereaux d'âmes
la guenille agonie de personne et de
rien
la guenille couronne notre piétinement

Notre avenir parmi les hommes
est de n'être pas advenus

Notre avenir parmi les hommes est le
mutisme
de la couche supérieure des Juifs et des Tziganes
(fleuris au chaud entre nos ombres
O mémoire abolie
du tendre peuple des Débiles)
notre avenir a
privatif
est dans notre absence de fils
et la honte des survivants
est dans le silence qu'on garde
comme un fourreau froid au vacarme
sur notre triangle de sang

Nous fûmes les vivants du Livre
nous fûmes les honnis du Livre où racine
la flétrissure
rameau honni fûmes
broyés
avec notre racine dure
même chair et même hachis
mais dans la cendre et dans la
neige
les cristaux furent bien triés
la séparation
restaurée
l'honneur
bibliquement compté

Quels fils prendront quelle parole
prendront la sente d'une langue
greffée
dans notre bouche vide

Quels fils et sinon
quelle trace de notre ossuaire
quelle empreinte innombrable à nos corps
dévastés

Notre charnier rayonne d'un silence
insatiable

Amants des hommes
amants des hommes levez-vous

Et Dieu peut-être
nous prie

Dieu heureux de l'ordre
qui règne dans les familles
peut-être vers nous penche sa Trinité

Trois fois niés nous le nions
Nous nions sa prière
Nous la nions et renions enrochés dans
Schirmeck

Ici

Schirmeck

Alsace

Ici

abattoir éponyme

Ici

éternellement

un enfant

de dix-huit ans

hurle

la tête

dans un seau de fer-blanc

hurle

nu

au centre d'un carré d'esclaves

Un chien

fou

lui a arraché

le sexe

D'autres

le déchirent

de tous côtés

L'enfant

hurle

et son amant

parmi les esclaves

supplie

détruit supplie

qu'il meure

et l'emporte

en sa mort

loin du rire

des bourreaux

Ici

Schirmeck

éternellement

Ici

éternellement

Jo.



La Guenille, André Sarcq, Actes Sud, 1995 (reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur).